S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

Chroniques, LTC 7 · 1 juillet 2016

Travailler moins, est-ce vivre mieux ?

Dans le contexte social actuel, avec la remise en questions des 35h par le sénat, la grogne sociale contre la loi travail, le chantage du medef sur les négociations de l’assurance chômage et la surdité pathologique d’un gouvernement déconnecté de son mandat, poser une telle question aux prochains concernés, n’est pas sans intérêt.

Nouvelle génération Z, futurs actifs dans un monde disruptif 1 (note de bas de page 1 : disruption : Accélération de la société qui génère une perte de repères chez l’individu) dont la perte des repères des précédentes générations a comme commun d’être déjà « acquis » par ces néo-citoyens. Des partis politiques qui ne représentent plus le peuple, des élections « spectacle » sans possibilités de changement sociétal, des intérêts financiers qui prévalent sur l’humain, une crise comme seul héritage et un avenir sans espoir dans un univers économique apocalyptique où la reconnaissance sociale du travail a été détournée à la faveur de l’emploi. Tu ne seras utile qu’à la condition d’être employé, ton travail n’a plus d’autre valeur que d’être un argument à ton employabilité, au même titre que ta formation scolaire. Un mépris des métiers et du savoir, un refus de permettre à tout individu d’avoir la possibilité d’accéder à toutes les facettes de la société quelque soit le parcours. Il en est de même avec la présentation de la démocratie et du capitalisme comme les moins pires modèles avec l’Histoire comme seul argument. « There Is Not Alternative » ? Quid de l’avenir, du meilleur, penser autrement est souvent qualifié de subversif ou révolutionnaire, imaginez simplement d’inclure 1984 d’Orwell, Le Meilleur des Mondes d’Huxley et Fahrenheit 451 de Bradbury comme lectures obligatoires dans un cursus scolaire. J’en entends déjà certains hurler au formatage et au conditionnement des futures générations ayant à subir ces récits de « prédicateurs » (que j’aurais personnellement tendance à définir comme des romanciers lanceurs d’alertes). Mais qu’en est t-il dans une formation de sciences sociales lorsque les thèses de l’économiste J.M. Keynes sont présentées comme des vérités scientifiques absolues régulant la finance mondiale, argument que l’auteur lui-même rejette en tête de son travail en exposant les hypothèses sur lesquelles sont basés son développement. Admettre, ou plutôt faire admettre, que rien ne va s’arranger ou s’améliorer en changeant de logiciel et de façon de penser est une révolution, une chose de sûre : l’émancipation de l’individu n’est pas dans ce programme.

L’emploi ne recouvre pas le travail, le travail ne recouvre pas la vie !

Le travail est l’action, le métier est le savoir, l’emploi n’est qu’un usage des concepts précédents. L’histoire constate l’héritage des connaissances par la transmission du savoir. Du maître à l’apprenti, les compagnons ont acquis la reconnaissance de leur corporation par l’excellence, il en serait de même, dans un autre registre pour la section ingénierie de l’EATP d’Egletons. La reconnaissance sociale à travers le prisme du savoir, l’ouvrier spécialisé, au même titre que l’ingénieur en chef, sont les acteurs indispensables pour la réalisation de la production. Et avant eux, la recherche pour fonder cette connaissance aujourd’hui commune. La reconnaissance sociale à travers la recherche, dans un laboratoire du CERN ou dans un atelier d’artiste, quel rapport ? Celui ne pas connaître son objectif ni le temps nécessaire pour l’atteindre. La recherche libre pour analyser et tenter de comprendre et de toucher ce que nous sommes, ce qui nous entoure et ce que nous percevons. La recherche libre, par opposition à la recherche sur objectif, celle qui se quantifie par son gain de productivité, celle qui n’a le droit d’exister qu’à la seule condition d’être économiquement rentable à la faveur d’un marché financier. Libre à nous de définir la richesse, de choisir le travail et de chercher un avenir.

Simon Chapellas

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

No man, no woman nomad ?

No man, no woman nomad ?

Pas d’homme, pas de femme nomade par chez nous ? Bien sûr que si car le nomadisme n’est pas l’apanage seulement des communautés des gens du voyage, des cavaliers mongols ou des Touaregs. Être nomade c’est un mode de vie originel plus qu’original, c’est un…

1 juillet 2016

Internet, un espace totalement surveillé ?

Internet, un espace totalement surveillé ?

Dans le dernier numéro de La Trousse, il était question du fonctionnement d’HADOPI [ note de bas de page à prévoir : 1 Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet], l’usine à gaz qui traque les pirates s’échangeant…

1 juillet 2016

« Une histoire buissonnière de la France », de Graham Robb

Une histoire buissonnière de la France

« Une histoire buissonnière de la France », de Graham Robb : le pays à bicyclette, ses paysans, ses marchands, ses ouvriers et ses enfants.

1 juillet 2016

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal