Lundi 4 avril à 18h30, à l’appel des syndicats Sud, CGT et de citoyens sans étiquette, une grosse soixantaine de personnes a investi le conseil communautaire de Tulle Agglo.
Jeudi 31 mars on manifestait à Tulle. Le 31 mars émergeait le mouvement « nuit debout » suite aux manifestations contre « la loi travail » portée par le gouvernement. À Tulle, après la manifestation du matin, se tenait une Assemblée Générale syndicale ouverte aux sans étiquettes désireux de penser l’action de contestation. Il y est décidé d’interpeller les élus de la communauté d’agglomération de Tulle lors du conseil communautaire du lundi 4 avril.
Ce lundi-là, une grosse soixantaine [répétition, je propose : « plus de soixante personnes »] de personnes se retrouvent aux portes du conseil et y pénètrent pour questionner les représentants des communes de cette collectivité. La question posée par l’assemblée est simple : « pouvez-vous débattre puis prendre position quant à « la loi travail » et, en cas de désaccord, envoyer votre positionnement au gouvernement par le biais d’un texte signé du conseil communautaire ? ». Michel Breuilh, président de l’agglo renvoie la question aux élus du conseil pour que le débat puisse avoir lieu. Monsieur Breuilh [ je propose : « Il »] précise néanmoins que l’ordre du jour est long et le temps compté. Seul le maire de Favars, Bernard Jauvion, s’exprimera sur cette loi. Monsieur Jauvion [ je propose : « Il »] affirme son désaccord profond avec cette loi et son soutien à l’action en cours. Puis le silence.
Monsieur Breuilh invite donc l’assemblée citoyenne à laisser travailler le conseil dont, semble t-il, aucun autre représentant ne souhaite s’exprimer. En réponse, l’assemblée citoyenne demande à Messieurs Breuilh et Combes de s’exprimer. Leur réponse est attendue : « nous sommes les élus de ce territoire, notre mission est de traiter de problématiques liées aux compétences de celui-ci. Nous n’avons donc pas de prérogatives à exprimer de point de vue sur les lois proposées et/ou votées par de plus hautes instances et encore moins à les interpeller. Nous avons du travail, merci de nous laisser le faire ». Puis Bernard Combes, maladroitement chahuté par des membres de l’assemblée, affirme, belliqueux, son soutien à cette loi. L’assemblée quitte relativement en ordre la salle du conseil.
Le scénario est classique, toujours le même. Une question aux élus, un simulacre d’ouverture à l’échange de la part de ceux-ci, l’affirmation d’un mécontentement maladroit des interpellants, l’injonction des élus à les laisser travailler pour l’intérêt général, le départ colérique et bruyant de l’assemblée. Une rencontre sans d’autres effets que de creuser l’écart séparant les uns des autres.
Ce scénario était évidemment attendu tant il se répète. Alors l’assemblée avait prévu, à la sortie du conseil, d’organiser un « attentat sonore » afin de perturber la tenue du conseil communautaire.
Efficace, sobre et stimulant. En 3 minutes, le groupe espagnol « télétexto » » est installé et joue avec l’énergie nécessaire à réveiller de vieux militants rouillés et à rassembler la diversité des présents. Attentat sonore devant la porte du conseil, sous la pluie, sans intervention de la police.
Bruyant mais pas assourdissant, « télétexto » couvrait le son des palabres qui organisaient l’interpellation du lendemain devant le conseil municipal de Tulle et l’occupation prochaine de la place de la cathédrale de Tulle. La même place où François Hollande fit son discours le 12 mai 2012 après sa victoire aux élections présidentielles. Le 31 mars « nuit debout » » débutait, alors l’assemblée emboîte le pas en occupant la place symbolique les samedis 40 et 46 mars ; et les suivants aussi.
Pascal Brette





