J’ai eu la chance de participer, il y a quelques années maintenant, à des ateliers Faber et Mazlish, à Tulle, avec Isabelle Lequitte, qui propose des accompagnements à la parentalité. Ces ateliers d’ « entraînement aux habiletés parentales » sont issus du livre « Parler pour que les enfants écoutent », d’Adele Faber et Elaine Mazlish.
Avez-vous remarqué comme nos enfants sont les personnes à qui nous sommes capables de parler le plus mal, voir le plus violemment ? Peut-être n’est-ce pas votre cas, mais en ce qui me concerne, certaines situations me faisaient me transformer en une bien vilaine maman. Et dans certains cas, cela dépassait largement le cadre de « l’éducation », car cela venait me chercher dans l’obscurité de certaines mémoires douloureuses… Un exemple (et j’en ai plein d’autres) : lorsque ma fille a appris à manger seule. Sa maladresse me mettait dans un état de nerf tel qu’il était impossible de passer un repas sereinement. Je ne supportais pas qu’elle se tache. Autant dire que dans ce contexte, il lui était difficile d’apprendre, tout simplement…
Lorsque ces ateliers ont été mis en place, j’y ai donc participé, consciente que ce que je transmettais à mes enfants par ces attitudes n’était pas ce que je souhaitais. En six ateliers pratiques, en compagnie d’autres parents, cela m’a permis de changer vraiment de regard sur la façon de communiquer avec mes enfants, et de faire le tri dans mes exigences.
Les ateliers permettent d’aborder différents thèmes :
– aider les enfants aux prises avec leurs sentiments difficiles, où l’on apprend à accueillir et respecter leurs sentiments ;
– susciter la coopération, en permettant à l’enfant de décider d’agir, sans l’ordonner ;
– éviter la punition, en offrant un choix à l’enfant, et résoudre les problèmes ensemble ;
– encourager l’autonomie ;
– apprendre à complimenter l’enfant en favorisant l’estime de soi ;
– aider l’enfant à se dégager d’un rôle qui l’empêche de s’épanouir, où l’on prend le temps de repérer les étiquettes que portent nos enfants puis à les en défaire.
Dit comme cela, tout paraît assez basique. Et d’une certaine façon, ça l’est. C’est du bon sens, applicable bien au-delà des relations avec nos enfants ! Sauf qu’au travers de ces ateliers, on a l’occasion d’échanger avec d’autres parents, on peut exprimer nos faiblesses et prendre conscience de celles des autres, et surtout on met en pratique chaque thème via des jeux de rôle, et les choses changent vraiment, et en profondeur.
Il faut du temps, ensuite, pour assimiler dans le quotidien ces nouvelles pratiques. Je ne peux pas dire que je suis aujourd’hui une mère toujours douce, attentive et compréhensive. Toutefois, malgré le temps qui passe, je me rends compte que dès que nous traversons des phases un peu plus compliquées avec les enfants, nous pensons à ces ateliers et nous repérons beaucoup plus facilement ce qui ne fonctionne pas, ce qui nous permet de réajuster facilement les choses. Et j’ai la chance que le papa de mes enfants ait suivi le même atelier, c’est un atout précieux.
J’ai entendu dire que pour certains, cette méthode c’est de la manipulation. En même temps, dans la mesure où l’on demande à nos enfants de vivre selon nos règles de vie à la maison, l’éducation n’est-elle pas toujours une forme de manipulation ? Alors autant qu’elle soit bienveillante, non ?
L’intérimaire de Delphine Laval




