« Ah, on dirait la cabane au fond du jardin ! ». Eh non, ce sont des Toilettes Sèches (TS). Ce terme générique recouvre différentes modalités de mise en œuvre adaptées aux besoins… Leur principe : le compostage des matières. Leur caractéristique : ne pas utiliser d’eau.
Quel est le premier moyen de transport utilisé quotidiennement par « l’Homme moderne » ? La voiture ?… Non ! La marche à pied…? Non plus ! vous faites fausse route. Le premier moyen de transport qu’il utilise est… L’eau. Oui, l’eau ! Notamment parce qu’il l’utilise plusieurs fois par jour pour pousser son caca hors de sa vue.
En effet l’eau dans les toilettes, sert principalement à transporter nos excréments vers de laborieux systèmes d’élimination qui sont appelés « stations d’épuration » ou autres fosses toutes eaux…
A l’inverse, les toilettes sèches ne disposent d’eau ni pour la dilution ni pour le transport des excréments. Ces derniers sont soit compostés soit déshydratés et bénéficient généralement d’une valorisation agronomique.
Les types de toilettes sèches sont divers. Si les pays occidentaux en produisent de multiples systèmes, les pays en voie de développement font avec les moyens du bord. Mais il existe une multitude de procédés en fonction du contexte et des contraintes locales.
D’un point de vue pratique on distingue deux principaux types de toilettes sèches : les toilettes sèches sans séparation dites « unitaires » et celles avec séparation à la source des urines et des matières fécales.
Toilettes unitaires
Pour les toilettes unitaires, le principe repose sur la récupération et le traitement conjoint des urines et des fèces.
Dans les toilettes unitaires à copeaux ou Toilettes à Litière Biomaîtrisée (TLB), les excréments (urines et matières fécales) tombent par gravité dans une chambre de compostage ou un réceptacle. L’ajout de litière avant la mise en service ainsi qu’après chaque utilisation a notamment pour effet d’absorber les liquides et de bloquer les odeurs.
Dans le cas des toilettes unitaires à séparation gravitaire, les excréments tombent aussi par gravité dans une chambre de compostage ou un réceptacle. Les urines percolent vers le bas du composteur où elles sont évacuées vers un dispositif de traitement (tout à l’égout ou filière de gestion des eaux ménagères). Les matières fécales sont hygiénisées par compostage ou lombricompostage à l’intérieur du réceptacle ou de la chambre de compostage ou sur une aire extérieure.
Toilettes à séparation
Pour les toilettes à séparation à la source, les urines sont récupérées séparément des matières fécale par des cuvettes spécifiques. Les toilettes à séparation à la source permettent d’espacer les fréquences de vidange, ne nécessitent pas d’ajout de matière carbonée (litières) et évacuent, par gravité , les urines qui représentent environ 90% du volume de nos excréments. Les urines sont évacuées vers une zone de traitement (aire de compostage ou dispositif d’assainissement des eaux ménagères, tout à l’égout) ou éventuellement vers un réservoir de stockage (bidon, cuve). Les fèces sont collectées dans un réservoir de stockage. Il est à vidanger sur une aire de compostage.
Enfin quelques autres systèmes, peu commercialisés en Europe, appliquent complètement le terme « sèche » à ces toilettes. Il s’agit des toilettes sèches à déshydratation. Leur principe est simple : par la chaleur faire évaporer toute la fraction liquide des excrétas. Il ne reste plus alors qu’une toute petite fraction de poudre qui sera épandue sur le jardin.
Si le mot toilettes sèches fait encore sourire il n’en reste pas moins un nouvel équipement moderne pour l’habitation. Ils ne sont plus réservés aux écolos convaincus. Tout un chacun peu les adopter. Elles pourraient rapidement devenir incontournables. Les grandes enseignes de bricolage et de construction (Leroy Merlin, Lapeyre…) l’ont bien compris, elles proposent des toilettes sèches à la vente dans leurs magasins.
Yannig Jaouen






