« J’irai dessiner chez vous »
C’est l’histoire d’un prof’ de dessin, Anthony Sailly, artiste peintre qui dirige une école de peinture à Conchil-le-Temple (62). L’été dernier, il se lance un défi : « J’ai parié avec mes élèves que je ferai le tour de France en 60 jours et peindrai 50 tableaux ».
Son voyage a débuté le 1er juillet à Berck-sur-Mer (62). « Mon but est de démontrer aux jeunes que l’on peut encore créer des liens en allant vers les gens, en vrai, sans se cacher derrière un ordinateur ».
Anthony effectue son voyage en camping-car, arrive dans une ville, montre son book dans les lieux où, pour lui, on trouve une photographie de la population française, les bars. « Ce sont des lieux populaires propices aux rencontres ».
Il propose de peindre un tableau ou une vitrine. « Je ne demande aucune rétribution, la participation est libre sauf l’amabilité et le sourire qui, eux, sont obligatoires ».
C’est l’accueil qui entraîne le pinceau de l’artiste. « Je m’enrichis des rencontres, je souhaite partager avec la vraie France et pas l’artificielle. Je souhaite prouver que la peinture peut sortir des galeries, aller à la rencontre de tous pour donner le sourire à tous ».
Au Richelieu à Tulle, la rencontre avec le patron, Jean-Paul Borie, fut féconde. Le courant est immédiatement passé, Anthony a aimé l’ambiance, le décor du plus vieux café tulliste, la clientèle…
Bref, après quelques « verres de contact » comme disait Antoine Blondin, quoi de plus naturel en somme que de laisser l’artiste peindre — pendant huit heures ! —, sur le grand miroir du Rich’ (il est classé) les deux acteurs mythiques réunis pour la première et dernière fois au cinéma, pour incarner les deux premiers rôles du film « Un singe en hiver » (1962) d’après le roman éponyme d’Antoine Blondin, adapté par Michel Audiard, LE dialoguiste du cinéma français de 1950 à 1985.
Comme il n’y a pas de hasard, c’est le 28 juillet 2015 que l’on célébra les trente ans de la disparition du petit cycliste. L’occasion de voir (?) ou de revoir ce film d’anthologie accoudé au zinc du Richelieu, un Picon-Bière ou un verre de Saké en main, à reprendre des répliques cultes, sous le regard bienveillant du Dabe et de Bébel qui depuis le miroir donnent l’impression d’être présents.
Encore merci à Anthony Sailly, et chapeau l’artiste pour cette belle initiative, et bravo à l’enseignant : ça c’est de la pédagogie !
Polo


