
Par Olivier Guevarec
Entre six et huit mille personnes se sont retrouvées à Gueret samedi 13 juin pour défendre les services publics. Et quand les intérêts convergent, curieusement la police et les organisateurs sont d’accords sur le chiffre. Cette rencontre nationale est organisée par le collectif Convergence de défense et de développement des services publics à l’instar de celle faite il y 10 ans.
C’était en hiver 2005. Six mille personnes s’étaient rassemblées malgré la neige. François Hollande y avait goûté quelques boules syndicalement bien envoyées. Cette année, pas de neige, mais comme un froid : pas de François et pas de stand du Parti socialiste. Cette année, de la pluie et pas plus de monde malgré la casse des services publics qui continue. Autour de la préfecture, sous les barnums, on se salue, on se connaît, c’est le bal des habitués : les syndicats, le Parti de gauche (PG), les Communistes (PC…), le NPA, Ensemble, Europe Ecologie les Verts (EELV), … Au programme : des tables rondes, une marche dans Gueret et des concerts le samedi soir sur la place où l’orage a cru bon s’inviter.
Côté fâcherie et petites histoires, Christian Audoin -conseiller Régional, membre du PC, président du PNR Millevaches, directeur de l’Echo de son métier- a choisi son camp : il est derrière la banderole Limousin terre de gauche. Elle regroupe le NPA, Ensemble, le Parti de Gauche et le Parti Communiste, qui n’y était pas dernière la banderole… sauf Christian, qui en a profité pour tailler une bavette avec Jean-Luc Mélenchon et Eric Coquerel. Cette inscription dans un rassemblement à gauche fait écho au soutien qu’il avait formulé à la liste EELV/PG qui se présentait comme alternative de gauche aux dernières municipales à Brive alors que le PC partait vénalement avec le PS. Dans la famille coco on n’aime pas trop que ça sorte du rang, alors ça grince !
Côté bouffe, les uns et les autres vendent frites et viandes. Remarquable : le stand central de la confédération paysanne propose porc et bœuf, pas bio, mais local. Le tri sélectif est en place, même si les assiettes plastiques vont aller à l’incinérateur. Côté boisson c’est l’angoisse : Coca, Orangina, petite bouteille d’eau, bière Kingsbrau, … Comme s’il n’y avait pas de producteurs de bières, jus de pomme, cidre, sirops dans le coin ! Bon d’accord, les gens sont là pour les services publics et pas « pour la défense et le développement de la production locale ». Mais des services publics tous seuls dans des campagnes désertes semblent bien difficiles à défendre. Les deux seraient donc liés !? Bon sang, il fallait… il faudrait y penser… et pas dans dix ans !
Olivier Guevarec






