S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

LTC 2, Société · 26 juin 2015

Quel triste siècle se dévoile…

Aux lendemains de la révolution française, il est apparu urgent, à la lumière des philosophes, d’armer le peuple d’autre chose que de mousquets et de piques : il fallait qu’il s’emplisse de savoir, qu’il éveille un libre arbitre, qu’il prenne le nom de peuple et s’en défende, quitte pour cela à finir dans la boue d’une tranchée. L’éducation Nationale se constitua dans cet élan, avec ce projet généreux d’instruire gratuitement chaque citoyen. En parallèle à cela, naquirent des mouvements d’éveil de consciences, d’obédiences diverses et variées, républicaines, ouvrières et même catholiques, l’Eglise ayant vite compris que le goupillon ne suffirait pas lui non plus à combattre. Ces mouvements d’éducation encadraient l’Ecole de la jeune République, en complément, s’attachaient à poursuivre le travail, par delà les grilles des écoles communales, pour tous, partout.

Au début du 20ème siècle, on vit se créer des organisations, œuvrant sous diverses formes, dans divers lieux et en directions de divers publics, pour prolonger l’œuvre républicaine. Le siècle dernier vit donc l’avènement de l’éducation populaire. Déjà multiple, aux contours déjà flous, mais constante autour son objet initial : l’exercice d’une citoyenneté éclairée. Ainsi n’est-il pas étonnant de constater aujourd’hui, dans une République qui va mal, que l’éducation populaire souffre aussi. Pas de sa définition, ni de son travail, mais de son utilité sociale. La fin du 20ème a vu une collusion entre les mouvements d’éducation populaire et l’Etat, une sorte de fusion, une perméabilité, les acteurs de l’un étant souvent issus de l’autre. Au point qu’adossés et nourris par un Etat qui vacille, sans plus aucune capacité d’invention, car animée par les mêmes, les grands mouvements d’éducation populaire se dessèchent comme le lierre sur les statues. Se dessèchent mais ont toujours soif.

Et l’éducation populaire dans tout ça ?

Si les deux siècles que nous venons de vivre ont vu cette volonté d’émancipation fleurir en s’adossant au tuteur que constituait le grand projet républicain, lui même né de trop de siècles de servitude, qu’en est-il aujourd’hui ? Dès lors qu’aucune logique manichéenne ne dirige les pensées, qu’aucun modèle ne surnage, sur quoi s’appuyer pour poursuivre la mission civilisatrice populaire, que nous aurons, quoi qu’il en soit, à poursuivre ?

La question de l’accès au savoir n’est plus à l’ordre du jour. Nous ne reprendrons pas nos paniers de livres pour irriguer les campagnes. La question de la médiation non plus d’ailleurs. Il faut en finir avec cette idée de passeur car elle sous entend l’existence de l’être éclairé, qui sait et qui éclaire. Il y a d’autres voies que la lumière, celle d’apprendre à voir dans le noir par exemple. Celle de creuser, de se creuser. Nul besoin de guide pour cela.

L’enjeu d’aujourd’hui est tout autre. Il consiste à savoir où nous nous situons, à appréhender ce monde tentaculaire et tentateur pour en déceler les failles. Nul projet de construction collective autre que celui de s’immiscer, de se nourrir de tous les espaces. C’est un travail harassant et exaltant en même temps puisqu’il permet que fleurissent nos identités.

Il n’y aura donc pas un nouveau modèle de ce que fut l’éducation populaire, mais des milliers d’initiatives, inassimilables, des chantiers vains, et des routes hasardeuses. Nous ne sommes pas des révolutionnaires, l’heure de la reconstruction n’a pas sonné. Nous devons continuer de creuser. Alors creusons. Creusons nos sillons.

Jean-Marc Vareille

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

En Corrèze, être touriste, ça se mérite : le dossier central du n°2

En Corrèze, être touriste, ça se mérite !

Touriste en Corrèze, cela peut être venir y passer quelques jours, mais cela peut être aussi y vivre. Petit tour d’horizon d’un département qui attire… et qui se mérite.

26 juin 2015

Le marais du Brezou, entre Lagraulière et Chanteix

Une balade dessus le Brezou

Depuis la commune de Seilhac jusqu’à Vigeois s’étale la vallée du Brezou. Cette rivière, tantôt calme, tantôt rapide, traverse des milieux naturels les plus divers. Tulle Agglo vient d’aménager trois sentiers d’interprétation permettant de découvrir toutes les richesses de cette vallée.

26 juin 2015

La couverture des « Ignorants », d’Étienne Davodeau

Les ignorants – Récit d’une initiation croisée

Deux copains : Étienne Davodeau, dessinateur de bande dessinée, et Richard Leroy, vigneron en biodynamie en Anjou. La proposition : pendant une année, chacun fait découvrir à l’autre son métier.

26 juin 2015

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal