S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

LTC 2, Société · 26 juin 2015

La liberté n’est pas au prix de la misère !

Les rencontres des médias libres et du journalisme de résistance, à Meymac

À l’issue des Rencontres des médias libres et du journalisme de résistance de Meymac l’année dernière, la Coordination permanente des médias libres (CPML) était née. Après une année d’existence, le bébé se porte plutôt bien, s’organise et se fait déjà entendre auprès de notre ministère de tutelle. L’édition 2015 de ces rencontres, désormais inscrites comme prioritaires dans les agendas des médias libres de tous poils, aura permis de renforcer les liens entre nos médias, de jeter des passerelles entre tous les acteurs de la profession, de débattre sur les orientations de la CPML et de mettre sur le travail de nombreux projets, tous plus passionnants les uns que les autres. Cette année, Antenne d’Oc (Anne-Gaëlle) et Décibel FM (Carole), du Lot, étaient représentées. Carole nous rapporte ici son témoignage, et nous publions le communiqué de presse commun rédigé lors de ces rencontres 2015. Parce que nous avons besoin des médias libres, indépendants des acteurs économiques, des marchés financiers et des pouvoirs publics, nous continuerons à nous battre pour qu’ils puissent vivre.

Du 28 au 31 mai, se tenaient à Meymac les 4ème Rencontres des médias libres et du journalisme de résistance, organisées par l’association les Rencontres de Meymac. Vos médias alternatifs locaux y étaient ! On y croisait aussi, en vrac : Bastamag, l’Age de faire, Reporterre, Silence et beaucoup d’autres journaux, sites web, TV, radios dits « libres », ainsi que des associations qui militent pour une information indépendante telles que Acrimed ou Les Pieds dans le Paf… Depuis l’an dernier, une soixantaine de ces médias sont organisés au sein de la Coordination permanente des médias libres (CPML), portées un peu à bout de bras par deux coordinateurs, Eloise Lebourg (co-fondatrice de Mediacoop), et Grégoire Souchay (de Radio Saint-Affrique). Ils ont créé un site internet et participé aux premières négociations avec l’État pour la création d’un fonds de soutien aux médias libres. Et ce fonds de soutien a fait l’objet d’une bonne partie des discussions du week-end. « L’idée est d’exister aux yeux des pouvoirs publics et des citoyens, estime Grégoire. Beaucoup de médias sont en grosse difficulté financière alors qu’ils portent la liberté d’expression et développent une information libre… libre des pouvoirs politiques et économiques (pas de pub, ou seulement pour l’ESS). Donc nous voulons être reconnus comme un tiers-secteur à côté des médias publics et commerciaux, et avoir les moyens de vivre et de travailler ». Beaucoup de journalistes des médias libres sont au smic ou au RSA, ou pigistes, ils travaillent dans des conditions très précaires…

Pour Sébastien, du journal La Canarde Sauvage, la pauvreté est une condition inhérente à la résistance : « On est libre, donc précaire ». Pour lui, le système des aides à la presse est scandaleux (1 milliard €/an est distribué aux médias commerciaux), et donner des miettes aux médias libres « ne serait qu’une tentative de moraliser ce système immoral ». Un avis que ne partage pas Éloïse : « L’argent public, c’est le nôtre, nous contribuables, donc je n’éprouve aucune culpabilité à ce que les médias libres bénéficient de l’argent de l’État. Le pluralisme, c’est important pour le débat démocratique ! Il y a d’autres manières de faire du journalisme que dans les médias commerciaux : par exemple Reporterre peut se permettre de faire une enquête sur Sofiprotéol, de parler d’écologie en dénonçant des choses qui ne le sont pas par les autres médias… C’est ça le journalisme de résistance, c’est dire non quand on veut nous museler. On fait un vrai métier qui mérite salaire ! Autre exemple, j’anime un atelier d’écriture avec des SDF, qui est publié sur le blog de Politis, je ne crois pas que Le Monde le fasse. Mais je n’aimerai pas devenir SDF moi-même, sincèrement… » D’ailleurs il ne s’agit pas de vivre grâce à l’État : la plupart des médias libres (sur)vivent des ventes et abonnements, ils dépendent donc en priorité de leurs lecteurs…

Eloïse est une « enfant du pays » : elle avait envie de réunir les médias libres dans son village natal, Meymac, « la seule commune corrézienne à être passée à gauche aux dernières municipales ! ». Du coup, ce sont des rencontres participatives : les habitant(e)s ont prêté une chambre pour héberger les journalistes, préparé les repas, et bien sûr participé aux rencontres entre les médias et leur public le week-end.

Débattre en bougeant

Ambiance très conviviale aussi pendant le « débat mouvant » animé par Maelle Guéroult, membre du réseau École et Nature : comment prendre des décisions sans se prendre la tête ? Pour trancher la question « Est-il légitime de demander des aides pour les médias libres ? », l’animatrice a tracé une ligne imaginaire, oui d’un côté, non de l’autre. Chaque groupe avait deux minutes pour mettre au point ses arguments, avant de les dire au groupe d’en face. Chaque personne pouvait alors se déplacer dans le camp d’en face si elle était convaincue par un argument. Personnellement j’ai beaucoup aimé l’atmosphère gaie, tranquille et respectueuse de la parole des autres que permettait ce type de débat ! On était loin des réunions interminables, d’où on sort le dos et les fesses endoloris d’être restés assis trop longtemps ! Le groupe a répondu oui (à une large majorité) aux questions : est-il légitime de demander des aides à la presse ? Est-il légitime que l’État fixe des conditions à ces aides (pour ne pas financer n’importe quelle structure) ? La CPML doit-elle participer à l’élaboration des critères d’attribution ? Et Non à la question de constituer la CPML en association loi 1901. Cependant, de nombreux participants se sont portés volontaires pour assurer les missions qui avaient été définies la veille, lors d’ateliers en petits groupes. Et parmi les pistes évoquées : republier des articles, sons ou vidéospubliés par un média partenaire, créer un compagnonnage (accueillir des journalistes d’une autre rédaction et échanger des pratiques), créer une AMAP médiatique sur le modèle des AMAP de producteurs… Bref, beaucoup de trouvailles ingénieuses et généreuses pour que l’information libre vive et se diffuse !

Site de la CPML (Coordination permanente des médias libres) : www.medias-libres.org Reportage sonore sur ces rencontres : http://bit.ly/1IMLNPy

Carole Testa

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

Au menu : l’infection urinaire courante ; la cystite

Topo J’fais pipi, sur le gazon, pour arroser les coccinelles, j’fais pipi… aaaayeu ! Cystite maudite : chaque année, 10 à 20 % des femmes se tapent une infection urinaire. (y’a aussi des hommes, mais beaucoup moins, car leur urètre est plus long que le nôtre et les…

15 décembre 2017

Manger bio et local en Corrèze : producteurs et marchés

Manger bio et local en Corrèze

Vous êtes en vacances en Corrèze, ou bien vous êtes un corrézien en été : voici une liste, non exhaustive, de producteurs locaux où manger bon, bio et local.

26 juin 2015

Devenez des trousseurs corréziens !

Vous rêvez de participer — d’une manière ou d’une autre — à ce journal ? Nous rêvons de votre rêve… Ce schéma qui fait peur est fait pour vous !

26 juin 2015

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal