
C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite, elle lui a fait un veau. Elle se sentait un peu redevable peut-être. Enfin tout allait bien jusqu’à ce que Paul décide de prendre sa retraite. Alors Paul a dû vendre ses vaches ; autant que possible pour l’élevage, les autres, bien à contrecœur pour la boucherie. Son taureau, il l’a vendu à son copain Jean-Luc et le marché était assorti d’une clause spéciale : que Jean-Luc accepte de prendre Mounette et de la soigner désormais. Mounette était donnée, cela va sans dire, mais ça va encore mieux en le disant. Mounette, toujours réglo, a continué à donner un veau par an à Jean-Luc. Donc tout continuait à aller pour le mieux. Puis est arrivé Marco qui cherchait à s’installer comme paysan, ce qui n’est pas si facile. Paul et Jean-Luc l’ont accueilli et aidé. Aidé entre autres à trouver de la terre et des vaches. Alors Mounette est partie chez Marco puisque Jean-Luc la lui a donnée. Et Mounette a décidé de continuer à donner des veaux à Marco.

Histoire d’une vache… Histoire de paysans poètes…
Cette histoire est réelle. Elle m’a été contée tout dernièrement par Paul lors d’une petite fête au foyer rural de notre commune. Je n’ai changé que les noms des protagonistes.
En vrai, Mounette était mon amie, la grosse vache limousine qui me protégeait et m’offrait sa chaleur il y a soixante-dix ans de cela quand je me blotissais contre elle pendant que mes parents faisaient la traite.
Par PIERRE CHASTANG




