
La décision rendue par le tribunal administratif de Limoges le 2 décembre 2025 est une nouvelle victoire juridique portée par une mobilisation longue et sans relâche d’un collectif d’habitants, d’associations, d’élus, afin de stopper le chantier de destruction en zone Natura 2000 d’une forêt de feuillus de 6 hectares avec ses ruisseaux et toute la faune et la flore qui la peuplent (voir Trousses n° 50 et n° 52).
La condamnation des travaux de coupe rase décidée par le tribunal de Tulle en novembre 2023 n’avait pas été suivie par le préfet, qui n’a pas donné de réponse à la demande de mesures conservatoires qui s’imposaient afin de remettre en état le cours d’eau, de geler la coupe et d’interdire l’utilisation du chemin de débardage fait par Corrèze Environnement et Sources et Rivières du Limousin. L’Office français de la biodiversité (OFB), alerté, a constaté le franchissement sans autorisation d’un cours d’eau confirmant une infraction à la loi sur l’eau. Le tribunal de Tulle a ainsi été saisi à nouveau pour faire la même demande au préfet, restée sans réponse, elle aussi.
Le 15 mai 2024, Me Fauconnier, l’avocat des deux associations, dépose un mémoire auprès du tribunal administratif de Limoges afin que le préfet de Corrèze soit mis en demeure de faire appliquer la loi. Le jugement rendu le 18 novembre 2025 donne raison aux associations par une décision qu’il nomme « décision du mois de décembre 2025 » sur son site internet, qui fera date et jurisprudence dans les affaires de coupe rase.
Ces victoires juridiques emportées à la suite d’une longue bataille citoyenne et juridique pour préserver le bois du Chat à Tarnac, en Corrèze, contiennent une multitude d’éléments significatifs propices à l’évolution de la réglementation nationale afin de faire adopter des pratiques forestières respectueuses des humains et des milieux, comme c’est le cas chez nombre de nos voisins européens (Slovénie, Suisse, Autriche, Allemagne…). Elles témoignent de la justesse d’un combat où les irrégularités et illégalités sont à rechercher du côté des promoteurs d’un système forestier basé sur les monocultures et la rentabilité à court terme, où des engagements de l’État en matière de biodiversité ne peuvent être contournables.
C’est pourquoi, le comité de défense du bois du Chat souhaiterait voir se déclencher un débat public sur la nécessité d’en finir avec les coupes rases, notamment des feuillus, et que les nouvelles équipes municipales élues en mars 2026 sortent de leur passivité pour s’opposer à cette pratique destructrice avec les moyens que la loi permet. « La coupe rase ne devrait plus être la règle mais l’exception. »
Par ELSE




