Le réseau revient à la raison
Cinq années après la crise ouverte dans le mouvement antinucléaire, l’AG du réseau « Sortir du nucléaire » qui s’est tenue à Dijon les 31 janvier et 1er février derniers 1, a enfin posé un acte fort pour tourner la page et s’inscrire dans une nouvelle perspective. On se souvient que cette crise, débutée fin 2009 par la signature contestée de la pétition pour « l’Ultimatum climatique » (qui visait à lutter contre le réchauffement climatique en faisait impasse sur le nucléaire), s’était exacerbée par la révocation des mandats du conseil d’administration et le licenciement de Stéphane Lhomme, son porte parole historique. Beaucoup de groupes avaient alors quitté le réseau, lassés par une guerre intestine qui a laissé de nombreuses séquelles dans le mouvement.
Le chantier de refondation, initié pour surmonter cette crise, s’est accéléré depuis l’AG de 2014 avec l’adoption d’une motion de réhabilitation des exclus de 2010, puis par l’investissement d’un certain nombre de groupes réunis dans la perspective d’un Congrès, seul à même de rebattre les cartes d’un mouvement par trop sclérosé. Une trentaine de groupes, réunis en pré-congrès en septembre 2014, ont ainsi travaillé sur trois motions qui ont été présentées à l’AG 2015 : réhabiliter les exclus de 2010 ; mettre en place un fonctionnement décentralisé et au plus près des groupes de terrain ; tenir en 2015 un congrès de toutes les organisations antinucléaires.
Pour un Congrès du renouveau
Cinq années ont été nécessaires pour que les groupes reprennent en main l’outil qu’ils avaient eux-mêmes créé. Les groupes adhérents ont assumé leurs responsabilités en soutenant largement les propositions des congressistes, qui portent l’ambition de réunir toutes les composantes du mouvement antinucléaire et de repenser le fonctionnement du réseau. Et ils ont confirmé cette orientation en donnant une majorité et un mandat clairs à cinq binômes administrateurs, élus pour appliquer ce programme – désavouant au passage le CA majoritaire sortant (le rapport moral 2014 a été rejeté).
Le groupe SDN Lot, qui appelait dès mai 2010 à la tenue d’un Congrès pour un renouveau du réseau 2, ne peut que se satisfaire de ce nouvel élan donné à la lutte, qu’il a initié, accompagné et appelé de ses vœux. Cette victoire est aussi celle, collective, de tous les groupes qui ont accompagné ce travail de refondation – et en particulier tous ceux qui se sont investis dans le pré-congrès. Elle est aussi celle de tous les groupes, y compris ceux qui se sont éloignés du réseau et que les congressistes espèrent y voir revenir.
La légitimation des groupes à travers cette AG ouvre toutes les possibilités et les moyens d’organiser et mettre en pratique les orientations qui sont désormais celles des groupes et du réseau Sortir du nucléaire. Elle signale un changement d’orientation du réseau, et un grand travail s’ouvre ainsi à tous les groupes pour penser la régionalisation et s’emparer de l’opportunité historique qui se présente de réunir toutes les composantes du mouvement antinucléaire au sein du futur Congrès, qui, comme une revanche, devrait se tenir en amont du nouveau sommet mondial contre le réchauffement climatique (COP 21).
- 1 cf. le compte-rendu de l’AG 2015 par SDN Lot : http://journeesdetudes.org/sdnlot/reseau/cr-ag2015.pdf
- 2 cf. la lettre aux groupes pour la refondation : http://journeesdetudes.org/sdnlot/reseau/contributionsdnlot.pdf
michel lablanquie, pour sdn lot





