S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

LTC 46 · 1 avril 2023

Collectivités territoriales :

Collectivités territoriales : — La Trousse corrézienne n°46

Local Collectivités territoriales : une communication partiale Par A et ML L’avènement du numérique, en particulier des réseaux sociaux, accroît le nombre de supports de présentation de l’information, mais semble la rendre plus difficile. Est-ce l’unique cause de la coupure s’agissant d’information entre une collectivité et les habitants ? Un exemple ci-contre montre que la matière qui est communiquée a été tamisée selon des critères laissés à l’appréciation des élus. Ce traitement de l’information, conçu comme un entonnoir, engendre volontairement ou non un appauvrissement de celle-ci. Alors qu’aujourd’hui l’expression « démocratie participative » est sur toutes les bouches, bien communiquer et informer est essentiel.

Des attentes et des contraintes

D’après le rapport du Baromètre Epiceum & Harris Interactive de la communication locale 1 , à l’échelle nationale on note : « De manière générale l’information locale est jugée suffisante par une majorité de Français […], néanmoins ils ressentent un certain manque d’information sur la question des budgets des collectivités, les réformes territoriales et le prix des services publics », et, « si les répondants à notre enquête n’ont que peu entendu parler de dispositifs de participation citoyenne à l’échelle nationale, ils sont encore moins nombreux à se sentir bien informés sur les concertations citoyennes organisées près de chez eux. »

Si les habitants disposent souvent des informations pratiques collectivités communiquent leur budget de façon très simplifiée, diagrammes ne facilitant pas une analyse autre que celle proposée. Les supports les plus populaires et les plus consultés sont les journaux des collectivités. Mais il est fréquent que les décisions des conseils municipaux n’y soient pas listées. Il est vrai que certaines informations sont consultables sur le site Internet ou sur demande au siège des collectivités. Mais cette démarche n’est pas toujours connue des habitants et n’est pas forcément facilitée sur place. Quant aux concertations citoyennes, souvent organisées une fois le projet avancé, elles ne font généralement pas l’objet de compte rendu et influencent peu les décisions prises. Les

8 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 46

habitants ont donc l’impression de ne pas être entendus. Du côté des agents municipaux, on véhicule parfois un discours défaitiste attribuant le désintérêt des habitants à un manque de volonté de chercher l’information dans les canaux informatifs de leur ville. S’il peut en effet exister un désintérêt pour l’information locale, le manque de communication concrète provoque sans doute de la lassitude. Il est vrai que souvent, dans les petites collectivités, il n’y a pas le nombre d’agents suffisants – voire pas d’agent – dédiés à cette tâche chronophage qu’est la communication. Collecter, rendre digestes et hiérarchiser les informations, les mettre en forme puis en adapter le discours en fonction investissement nécessaires, les collectivités, particulièrement les petites et moyennes communes, ne peuvent ou ne sous forme de veulent pas engager. Surtout, le choix des informations mises en valeur par les édiles peut contrarier : celles attendues n’y sont pas ou sont tronquées ; le doute s’installe alors et, à la longue, contribue au désaveu électoral. Changer la vision du travail de communicant

Dans ce contexte, la position du communicant questionne : il jongle entre le devoir d’information dû aux citoyens, lié aux objectifs de transparence de la vie locale (art. L2141-1 du Code général des collectivités territoriales), et son travail de « valorisation » de l’action publique. Il doit à la fois favoriser l’adhésion de

des supports humain

l’habitant à un projet tout en essayant de rester factuel. Or, en ne présentant que les faits, il est parfois difficile d’emporter l’adhésion… Donc la balance penche d’un côté ou de l’autre en fonction des sujets. Peut-être faudrait-il sonder les habitants, pour connaître les points sur lesquels ils se sentent le moins renseignés et sur les moyens d’améliorer l’accès à l’information. Cela permettrait d’engager un dialogue de fond sur les sujets qui les intéressent vraiment et de connaître les outils les plus adaptés à leurs habitudes de consommation d’information. Le but n’est pas de couvrir tous les réseaux, mais de savoir lesquels proposent le plus de possibilités pour toucher le plus grand nombre et répondre aux demande un attentes. que certaines Malheureusement communes, par facilité, ont tendance à laisser en friche leur site, qui constitue pourtant leur principale vitrine sur le Net, au profit d’autres moyens censés être des outils de complément et non de substitution : un site Internet permet bien mieux d’informer et de répertorier les démarches administratives qu’une application téléphonique ou une page Facebook. Or, les pages Facebook de certaines communes corréziennes (pas nécessairement les plus petites) bénéficient d’une attention particulière alors que leur site officiel présente une maquette aux modules datés où l’information n’est pas mise en évidence. Peut-être privilégient-elles les réseaux sociaux plutôt que l’écriture d’articles plus détaillés par manque de temps. Mais l’outil informatif principal qu’est le site est alors délaissé au profit d’une plateforme privée plus « communicante » et surtout simple d’usage pour l’agent ou l’élu. D’autres communes utilisent en priorité leur site mais n’ont pas de protocole sécurisé https. Autrement dit, les données entrées par un internaute sur ce site ne sont pas chiffrées. Attention cependant, ce n’est pas parce qu’un site a mis en place un protocole de sécurité qu’il est forcément fiable.

Il est souhaitable que le service de la communication ne soit plus vu comme un service de contrôle de l’information mais bien comme un service d’information et un moyen de renforcer la politique participative. Ce basculement permettrait d’en finir avec la confusion entre service politique et service politicien. Dans ce but, il faudrait consulter les habitants pour savoir quels outils adopter, évaluer les changements à opérer… bref y consacrer du temps et des moyens humains. Car plus et mieux on est informés, mieux on est mobilisés pour travailler ensemble. Pour que les collectivités territoriales se fondent sur un vrai partage de valeurs et non seulement sur une adhésion lointaine, il leur faut s’emparer rapidement du sujet.

Baromètre 2022 de la communication locale, 1 consultable sur barometrecomlocale.fr.

beaucoup

de petites

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

coupe rase dans — La Trousse corrézienne n°46

coupe rase dans

Bois du Chat à Tarnac : le dialogue Par JÉRÉMY MONDON

1 avril 2023

Exercice d’institution collective — La Trousse corrézienne n°46

Exercice d’institution collective

société révolutionnaire Par MAUD BERNADET

1 avril 2023

L’État, le zèbre et le flamant rose, où on parle — La Trousse corrézienne n°46

L’État, le zèbre et le flamant rose, où on parle

Local n parle de bénévolat Par MARIE DA SILVEIRA

1 avril 2023

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal