
C’est le dernier film sorti au cinéma de la réalisatrice des Délices de Tokyo, Naomi Kawase.
Elle m’avait alors émerveillé par son sujet sensible et ses magnifiques plans de cerisiers. Cette fois, elle nous embarque dans la forêt de Nara, avec l’actrice Juliette Binoche qui endosse le rôle d’une femme revenant au Japon sur les traces de son amour perdu.
Les plans de la forêt de Nara sont superbes, parmi les plus beaux plans de forêt de l’histoire du cinéma. Elle nous magnétise par sa présence vivante, par ses jeux de lumière, son odeur et une forme d’intemporalité qui nous submerge. La quête de la plante médicinale rare qui renaît tous les neuf-cent quatre vingt dix-sept ans semble en revanche ridicule tant elle est empreinte de mysticisme.
Le film dresse néanmoins un portrait fidèle du souvenir. Le découpage temporel est comme une balance, un va-et-vient perpétuel entre le passé et le présent, jusqu’à nous perdre, qu’on ne sache plus vraiment de quoi le film parle.
C’est un film contemplatif, sur le temps qui passe.
Antoine Retoré



