S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

Local, LTC 32 · 1 octobre 2020

Un train (à grande vitesse) de sénateur… resté en gare

Un train de sénateur… resté en gare

À peine les deux épisodes des municipales terminés, le turbulent nouveau maire du Chastang, commune de troiscent-soixante-cinq âmes nichée entre Sainte-Fortunade et Aubazine, s’est lancé dans une croisade bien républicaine, celle des sénatoriales. Bon, il ne s’agissait pas pour lui de défendre un tombeau sacré, mais de secouer un sacré tas de poussière sur les parquets cirés de la Chambre haute. Car il veut « exister politiquement ». Entendre par là : se faire, sous les ors de la République, le porte-voix des oubliés de l’Égalité1 – inquiets pour la Liberté et en mal de Fraternité –, des lanceurs d’alertes climatiques et de « la patronne » (c’est ainsi qu’il nomme la nature, la terre).

Florent Moussour : un chien plutôt foufou qui, pendant l’été, a déboulé dans un jeu de quilles. Dans le rôle des quilles, on retiendra surtout deux caciques locaux, à savoir la paire de sénateurs sortants, ré-ré-réélus – le Sénat garantirait-il une rente viagère à certains ?2 – j’ai nommé Claude Nougein et Daniel Chasseing, vieilles quilles de droite – quoi que le second se dise centriste – que ledit chien foufou aurait bien voulu voir éconduire.

Mais voilà, on ne sort pas si facilement, dans un département rural tel que la Corrèze, des élus aussi représentatifs de l’image qu’on colle souvent à la deuxième chambre du Parlement. Sénat rime en effet avec conservatisme et l’âge moyen de cette honorable assemblée, de soixante et un ans en 2017 (13 % des sénateurs ayant moins de cinquante ans), n’a guère diminué depuis cinq décennies.

Pourtant, le fougueux candidat en campagne n’avait pas ménagé sa peine : sans éléphant de la politique locale à ses côtés ni parti de pouvoir pour le soutenir, il a fait avec les moyens du bord, des affinités militantes plutôt écolo-gauchistes (son comité de soutien) et des idées qu’il a, avec sa suppléante, Sophie Marcucci, réunies sous forme de proposition, plus d’une vingtaine. À peu près tous les sujets de société sont abordés au fil des propositions diffusées parmi les maires et autres grands électeurs corréziens : de la retraite décente pour tous au moratoire sur la 5G en passant par la gestion durable de la forêt, la création d’un guichet unique pour les subventions associatives, les méthodes pédagogiques novatrices et coopératives à l’école publique, une place plus importante à la parole des habitants dans la démocratie locale, l’autonomie alimentaire des territoires et le développement du maraîchage sur sol vivant, des mesures pour une réelle égalité hommesfemmes ou encore la culture du chanvre pour tous usages (licites) dans la vie courante y compris l’alimentation (« Mangez des pommes », conseille-t-il en titre de sa proposition n° 18). Bref, un catalogue foisonnant d’idées et propositions somme toute pas vraiment nouvelles mais

qui balaient largement les thèmes chers à la galaxie des « alter » altruistes et des « anti » pas tous nantis. À noter toutefois que moins d’une semaine avant le scrutin ne figurait encore rien sur la politique migratoire.

Florent Moussour ne s’embarrasse pas d’éléments de langage. Dans ces propositions écrites comme à l’oral, on a pu percevoir une pensée un peu brouillonne, un argumentaire pas toujours bien étayé et, pour tout dire, derrière cette manière de bousculer les conventions, un soupçon d’ingénuité qui appartient aux gens ordinaires qui ne se la pètent pas, qui ne vous infligent pas de certitudes et qui ne vous assènent pas, du haut de leur suffisance, leurs réponses à tout en toutes circonstances.

L’aventure sénatoriale de Florent Moussour (mais qui l’attendait dans cette campagne ?) s’est donc arrêtée cette fois à l’heure du dépouillement. Mais heureusement, notre agitateur du local peut encore espérer donner un coup de pied dans la fourmilière du conseil départemental ou ébouriffer la crinière léonine du conseil régional en tentant sa chance en 2021.

Papa depuis peu, Florent Moussour patienterat-il jusqu’à l’âge d’être grand-père pour espérer pénétrer en sénateur dans l’hémicycle du palais du Luxembourg ?

1 L’usage de l’inclusif s’impose ici 2 L’indemnité de base brute mensuelle d’un sénateur est de 7 239,91 € au 1er janvier 2020. Un seul mandat de six ans assure une retraite mensuelle de plus de deuxmille euros euros.

Cap à gauche 19 : la vieille garde se déconfine par gm

On pouvait les croire confinés car faisant partie de la population à risque des militants seniors. Pourtant CAG 19 est de sortie en cette rentrée pas comme les autres. Coup sur coup, l’association corrézienne a rajeuni la maquette de sa lettre mensuelle, publie une brochure de vingt-deux pages, Cap vers une Ve République, pour « comprendre, analyser et proposer », entre laïcité, démocratie, services publics et contrat social revisité. Elle organise avec la CGT, Solidaires et la FSU une journée en défense de la sécurité sociale ; projection du film La Sociale, conférence et débat pour rappeler les circonstances et le contenu d’un de nos principaux conquis. Elle démarre un cycle annuel d’ateliers citoyens avec vingtcinq inscrits. Au premier atelier, conçu pour introduire les quatre séances consacrées au renouveau de la démocratie, croyez-moi si vous voulez, mais les deux animateurs avaient moins de cinquante ans et plusieurs participants n’étaient pas retraités. Mieux, entre un paysan écolo, des ex-PS et PC, des jamais inscrits nulle part, un trotskiste rescapé et même des non-originaires de Corrèze, le tout masqué et à bonne distance, on ne déplore ni morts ni blessés après trois heures de débats animés. Fidèle à ses valeurs, CAG 19 garde néanmoins son logo gouvernail en bon vieux bois. Comme quoi, tous les espoirs sont permis à gauche, comme l’a rappelé le président d’honneur, Jean Combasteil.

– la trousse corrézienne n °32 – 7

Blanche Neige

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

Photo de la ressourcerie M.A.M.O.U.T.H à Tullle

M.A.M.O.U.T.E ÉCRASE LES PRIX !

Non loin de Tulle, à Cerice (sur la route de Chameyrat), une friche industrielle en pleine rénovation renaît avec une ressourcerie et un espace de désirs et de rencontres. Un lieu dédié tout entier à l’échange, sous toutes ses formes. Magasin Autonome Multi-Outillage d’Utilité Thérapeutique…

27 octobre 2020

La jeunesse emmerde l’affront national

Et bien non. Au lieu de ça, on se méfie, on stigmatise, on pointe du doigt, on suspecte. Faute d’avoir trouvé une solution à cette crise sanitaire, il nous fallait un bouc émissaire : Le jeune. Le jeune qui ne porte pas le masque, le jeune…

1 octobre 2020

3 ? 3,50 ? 4 ? Le prix du journal

3 ? 3,50 ? 4 ?

Voilà ! Vous avez tout compris. La fabrication du journal a un coût ? On vous en fait payer le prix. Qu’on a donc augmenté. Et, aïe, aïe, aïe ! La fixation de ce prix de vente a exigé une lente, et donc longue, réflexion. Sans aucun jaillissement…

1 octobre 2020

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal