Le 3 novembre dernier, le Syndicat de la Montagne Limousine a été créé à Peyrelevade. Quel est donc cet ovni politique et associatif ? Qu’a donc encore trouvé Le Plateau pour se faire remarquer ?
Le Syndicat était en gestation depuis des années et a pris forme en quelques mois. Pas de cadre juridique figé, mais des sujets-objets, comme la coordination, les mobilisations des campagnes ou encore le vaste monde, les moyens aussi, communication, matériel et finances.
Le syndicat a ses repères historiques : 2014, propositions pour une plateforme commune de la Montagne Limousine, 2014 – 2016, Comité Montagne se réunissant tous les trois mois, 2015, première Fête de La Montagne, 2018, voyage d’étude à Barcelone.
Fin janvier 2019, une vingtaine de personnes se réunit avec l’idée de créer un syndicat, parce que ce terme symbolise, encore, un collectif qui lutte pour autre chose que le monde actuel. Avril, quelles actions et comment mieux se connaître, juillet, camp d’été avec les Gilets Jaunes, septembre réflexion sur la structuration, 27-29 septembre, présentation du syndicat à la Fête de la Montagne devant près de 200 personnes.
Nous connaissons la vitalité historique de ce territoire, au confluent des trois départements de l’ex Région Limousin. Nous connaissons son histoire faite de résistances, d’émigrations, sa vie associative, ses réalisations comme l’épicerie de Tarnac, son engagement pour l’accueil des migrants ou la forêt.
Pourquoi ici ? C’est le secret du Plateau. Pourquoi maintenant ? Le mouvement des Gilets Jaunes est certainement passé par là, aussi le sentiment de devoir lutter contre une certaine dispersion, l’urgence de donner asile aux plus démunis, le logement, l’accès à la terre ou les expériences internationales qui se multiplient comme en Catalogne.
Les groupes de travail ont déjà commencé à défricher l’aide juridique, la récupération des logements et terres inoccupés, la défense du vivant, l’organisation. Car, contrairement aux idées reçues, sur Le Plateau, l’organisation n’est pas un tabou, bien au contraire. Ce sont les formes traditionnelles qui sont mises en débat. Qui pourrait s’en étonner à l’époque des crises ouvertes de la forme parti et de l’effondrement des effectifs syndicaux.
Curieusement, la crise en question ne semblait pas toucher les centaines de participants à la fête de la Montagne. Ils débattent, cherchent des solutions, achètent des livres politiques et historiques par dizaines. De quoi peut-être donner des idées sur d’autres territoires ?
GM


