À cette même époque, le budget de la France était de 1 500 milliards de francs et dire que le déficit représentait 0,025 % du budget de l’état revenait à la même chose. « Françaises, Français, l’heure est grave. Le déficit de la sécurité sociale atteint atteint 0,025% de notre budget. » Ne suis pas sûr que l’effet produit aurait été le même… Pourtant pas de fake news, la vérité rien que la vérité, la déontologie avait été respectée. Aujourd’hui, la recrudescence de l’épidémie de Corona virus est présentée sous forme de nombre de cas détectés quotidiennement. Notez bien qu’il s’agit du résultat des tests pratiqués. En une semaine nous sommes passés de 5 000 à 10 000 cas. Les éditorialistes s’en-
18 – la trousse corrézienne n °32
ture intensive au point de zigouiller la biodiversité, favoriser le néocolonialisme, envoyer chaque année des millions de réfugiés par les routes et par les mers du globe. À se demander si depuis toutes ces années, le masque, tu ne le portes pas sur les yeux ! Non mais tu l’as vu ton bilan à toi en termes de responsabilité commune ? Alors avant de gueuler après ta jeunesse (au passage, il faut bien être mesquin et lâche pour pointer du doigt, dans l’adversité, ce que normalement tu devrais chérir le plus), balaie devant ta porte et de-
flamment : « La deuxième vague arrive ! »… Et ils arrivent à être crédibles. La peur s’installe, un esprit mal tourné pourrait en arriver à croire que c’est le but. Le même fait pourrait être décrit de manière tout aussi mathématiquement correcte de cette façon : « Nous notons une augmentation de nombre de cas de Corona virus. Le nombre de cas négatifs recule de 97 % à 96 %. Ben oui, 10 000 cas positifs représentent 4 % des tests effectués chaque jour. » On pourrait même aller plus loin et voir ce que ce nombre de nouveau cas quotidiens représente par rapport à la population française. Nous aurions alors un discours de ce type : « En une semaine, le nombre de nouveau cas est passé de 0,000076 % de la population par jour à ce chiff re effrayant de 0,00015 % ». Dans un f ilm comique ça peut passer, mais dans un f ilm d’horreur ça devient… une faute grave du dialoguiste. Depuis le début de l’épidémie nous sommes dans un film d’horreur, en guerre contre un ennemi invisible. Arrivé à ce stade, je voudrais qu’il
mande-toi plutôt quelle est ta part de responsabilité dans tout ce merdier, et oui, tiens : n’oublie pas de mettre un masque, qu’on ne voit pas ta gueule !
Le sous-commandant Jean Marcos, depuis la jungle des Agriers.
1 Je ne me rappelle plus du nom de la commune ; en tout cas c’est en Bretagne.
soit bien clair que je ne discute pas de la dangerosité du virus ou de l’efficacité des gestes barrières1 . Je ne suis ni virologue, ni épidémiologiste, ni même médecin ; et à vrai dire je suis à peine capable de me forger une opinion, alors ça n’est pas pour aller faire une chronique sur ce thème. Je me contente de vérifier une sorte de dicton qui dit : « Les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut. » C’est pas un scoop, c’est même un vieux rogaton de la com. Le chiffre donne un côté sérieux, scientifique et, si en plus il distille la peur, il peut devenir super vendeur. Les marchands d’info font leur beurre, les gouvernements en profitent pour asseoir leurs pouvoirs alors j’ai bien peur qu’on en bouffe jusqu’à la nausée, de ces présentations de suites chiffres anxiogènes. Alors pensez juste à regarder les chiffres sous plusieurs angles, c’est un geste de protection mentale.
1 Un drôle de nom pour des gestes qu’on aurait tout aussi bien pu baptiser « geste protecteurs ».
Brice Gauthier





