Quand on est journaliste en herbe à la Trousse, on est prêt à infiltrer tous les milieux pour faire ses preuves, du club d’amateurs de farcidure à la soirée sextoys. Page sexe, sport et rock’n’roll oblige, j’ai repoussé mes limites et choisi la seconde option. La soirée était organisée par une mère d’élève fortuitement croisée devant le portail de l’école où sont inscrits mes deux lardons, j’ai donc sauté sur l’occasion de découvrir des horizons que je n’avais encore point explorés.
J’avoue que je m’attendais à une soirée coquinette, à l’ambiance tamisée propice aux confidences durant laquelle nous, les mères modernes, à l’aise avec nos multiples casquettes mère-amante-super copine, nous dévoilerions nos petits fantasmes tout en pouffant le nez dans les chips, et en s’envoyant quelques téquila pafs au passage.
Mes attentes furent quelque peu revues à la baisse au vue du tas de breloques phalliques siliconées posées pêle-même sur la toile cirée à fleurs de la table de la salle à manger. Fine observatrice, j’ai tout de suite noté que la subtilité n’était pas à l’ordre du jour, mais prête à tout, j’en pris mon parti. Madame sex-tupperware avait décidé de la jouer franc-jeu et gros pénis fluo, pourquoi pas se passer de préliminaires après tout. Mon regard se porta alors sur mes congénères, elles aussi croisées au portail à l’ « heure des mamans », alors à l’aise dans leurs pompes. Pour le coup, là, elles les regardaient, leurs pompes, le rose aux joues et l’air d’avoir envie de partager leurs petits secrets comme d’ouvrir le gaz.
Madame sextoy, au scénario bien huilé, nous proposa d’abord un petit test, pour tenter de « mieux se connaître », et surtout de décongeler l’ambiance. Et elle y parvint assez bien, puisque nous abordâmes, au gré des questions posées et des gadgets présentés (ne perdons pas de vue le but commercial de la soirée), de vastes sujets tels que point G, stimulation clitoridienne et plaisir annal, le tout en continuant de faire bonne figure, et surtout de picoler un max, pour finir de faire fondre les résidus de gêne mal placée. Madame sextoy, pour qui ce métier du soir est un complèment de revenus, puisqu’elle nous confia travailler comme secrétaire pour une boîte de transport le reste du temps, madame sextoy donc, semblait avoir testé l’ensemble de ces produits, dont (croyez-moi) l’emploi n’était pas toujours déterminable par l’aspect ; elle passa donc son temps à répondre à nos interrogations en décrivant des détails insoupçonnés de son anatomie de manière incroyablement décontractée.
Évidemment, tout cela s’acheva par des chèques à l’ordre de Miss Toysy, une grosse boîte qui propose de la lingerie, et des accessoires et cosmétiques « intimes » (à l’issue d’une soirée comme celle-là, où même les pailles dans les verres sont en forme de bites, le concept d’intimité me laisse un peu pantoise), qui recrute des « ambassadrices » (des VRP, quoi) dans toute la France. Comme on a été accueillies par notre hôtesse maman d’élève qu’on risque fort de recroiser à la prochaine sortie des classes, on se sent un peu obligées d’acheter quelque chose, comme pour dire que c’était une soirée sympa, merci, et puis on sait jamais, ça peut servir… Du coup, madame la prétresse de la stimulation foufounienne repart avec un bon pactole. Quelle est sa rémunération à l’issue d’une soirée comme celle-là, je n’ai pas osé le lui demander. Ni si le jeu en valait la chandelle. En forme de zizi bien sûr.
Oloupe de Gymges




