
Ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. Dans le service de réanimation d’un hôpital de ville moyenne. Pas du covid. Elle est morte d’un mélange explosif fait de cancer, de septicémie soudaine et d’abandon d’elle-même. Elle l’a cherché, c’est sûr ! Tabac intensif et alcool – longtemps – à outrance. Elle s’en donnait à cœur joie la Roro ! Mais, ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. Et ça, ça reste un problème. Cancer ou pas. Septicémie ou pas. Vie de patachon ou pas ! Mais la lente particule virale et étouffante est passée par là. Venant marmonner son venin mondialiste au creux d’oreilles préparées aux vagues successives ; plissant de ses doigts crochus les succédanés de grippe martelés . La covidesque plaisanterie a fini de plier les hôpitaux aux abois ! Mais, ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. De par la politique unique de cet hôpital de ville moyenne. Quand ceux du voisinage autorisaient les visites (dans le cadre strict du protocole blablabla…), ces dernières étaient interdites ici. Comme ça. Sans explication. Par fainéantise intellectuelle. Plus simple. Pas de protocole, personne ne vient, tu peux crever tout seul, mais sans covid ! Même le personnel soignant ne comprend pas. Ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. Alors j’ai écrit, ses frères et sœurs ont écrit, la famille a écrit. Pour rappeler la nécessité de ne pas combattre la maladie seule. Pour leur rappeler que les autres hôpitaux prévoyaient la possibilité des visites. Ils ont triché. Ils ont signifié aux personnels soignants nos critiques à leur égard. Du faux ! Du tout faux ! Alors ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. Même le téléphone lui avait été retiré. Puis remis. Trop faible pour parler. Puis je découvre qu’une agence immobilière a visité les enfants malades de ce même hôpital afin d’y distribuer des calendriers de l’avent. Les familles, non ! Les boites privées, oui ! De la com. C’est un post Facebook qui nous apprend ça. On commente. On s’étonne. On le dit. Nos commentaires sont supprimés immédiatement ! Ma tante de soixante-dix ans est morte. Seule. Nos demandes incessantes aboutissent. Un peu. Grâce aux soignants. Son fils peut enfin la visiter. Unique accession d’un quart d’heure sous une pluie de refus. Disgrâce de la filiation. Il y aura peut-être d’autres privilèges accordés la semaine prochaine. Trop tard.
16 – la trousse corrézienne n °34
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les médiatiques diatribes





