
La jolie langue des bois
Tout change ?
Vous avez remarqué comme on transitionne maintenant, on transitionne énergiquement à une transition écologique, sans bien savoir ce que dit l’un ou l’autre. Je pense qu’on s’est lassé de développer durablement au travers de nos nombreux Agendas 21 mis en place dans les collectivités, les lycées, les collèges, les villages. Même le ministère change de nom. Quand il déboule en 1971, c’est la grande période de la protection de l’environnement et de l’arrivée d’un candidat écolo (René Dumont) aux élections présidentielles de 1974. On l’appelle basiquement Ministère de l’environnement. De 1971 à 2002. Dix ans après le sommet de la terre à Rio qui médiatise l’expression et pose un plan d’actions pour le 21 ème siècle appelé « Agenda 21 », en 2002 donc, il prend le joli nom de Ministère de l’écologie et du développement durable. Depuis 2017, il s’appelle Ministère de la transition écologique et solidaire. Carrément. Plus sobrement Ministère de la transition écologique en 2020, soit… neuf ans après la sortie du livre de Rob Hopkings, qui médiatise le terme de transition dans son livre Manuel de la transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale. L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) change de nom aussi et s’appelle maintenant Agence de la transition écologique, et même dans nos petites communautés de communes, on trouve des vice-présidents délégués à la transition écologique. Je ne sais pas vous, mais moi, cet affichage me laisse dubitative, surtout quand je lis sur le site dudit ministère que l’État a mis en place une « stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable 2015-2020 ».
C’est quoi ?
La terre va mal. Ce n’est pas un scoop. Je ne suis pas certaine que ce genre de phrases qui introduit la stratégie nationale pour la période 2015-2020 « La loi de transition énergétique pour une croissance verte crée un élan d’écologie positive qui lève les freins, libère les initiatives et donne à chacun le pouvoir d’agir.
humeurs par yoéva
Y en a qui meurent, y en a qui s’entêtent, y en a qui s’en foutent, y en a qui surnagent. Y en a qui s’évitent, y en a qui protestent, y en a qui encaissent, y en a qui soupirent. Y en a qui complotent, y en a qui se testent, y en a qui s’enlacent, y en a qui s’embêtent. Y en a qui ont peur, y en a qui délirent, y en a qui s’engraissent, y en a qui militent. Y en a qui s’agacent, y en a qui s’arrêtent, y a en qui espèrent, y en a qui vivotent. Y en a qui s’enragent, y en a qui s’attendent au pire, y en a qui doutent, y en a qui perdent espoir. Y en a qui radotent, y en a qui rouspètent, y en a qui méditent, y en a qui pleurent. Y en qui égorgent, y en a qui se taisent,
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NB
Ce sont tous les acteurs qui feront progressivement émerger un nouveau modèle de société qui allie progrès économique, écologique et humain. »1 y change beaucoup de choses. J’ai plutôt eu l’impression que cela donne un élan aux énergies négatives, ce qui lève les freins et donne la capacité à une catégorie d’acteurs de nous réimposer, par exemple, des pesticides reconnus nocifs. En tous cas elle (la phrase) dit peu ce qu’est (peut être) la transition écologique. L’introduction au plan France relance, suite au covid, est un tout petit petit peu plus précise : « Le plan France Relance fait de la transition écologique un objectif stratégique en consacrant 30 milliards d’euros exclusivement aux investissements verts. Cela répond à deux objectifs : décarboner notre économie en réduisant nos émissions de carbone de 40 % d’ici 2030, par rapport à 1990 ; soutenir nos secteurs d’avenir en misant sur les technologies vertes (hydrogène, recyclage, biocarburants…) », on verdit, on verdit ! Quoique, c’était juste avant que les énergies négatives prennent la tête de nos betteraviers.
Transition écologique : très difficile à définir2. Si l’on s’attache aux mots, cela signifie normalement qu’on avance progressivement (très), et pas en ligne droite (il y a des obstacles) entre nos façons de produire et consommer d’aujourd’hui et celles de demain qui devraient être moins impactantes sur le climat et les équilibres écologiques. Cela sous-entend nécessairement qu’on doit engager des changements dans les façons de faire. Dur, vu que tout est dans tout et que… les profiteurs aiment bien profiter, que les blocages sont nombreux. C’est parce que c’est dur-dur, que lorsque le pragmatique Rob Hopkings parle de transition, il propose des principes et des pratiques aux citoyens locaux pour faciliter la mise en œuvre collective de projets permettant de nous adapter localement. Et donc renforçant notre autonomie. En clair ne plus dépendre par exemple de produits qui viennent de loin pour notre alimentation ou notre énergie. Attention, hein ! Ce n’est pas le colibri et la valorisation de l’action individuelle, non, on parle bien d’action collective. Ce n’est donc pas, non plus, seulement un ver-
y en a qui encouragent, y en a qui dépassent leur doute. Y en a qui se délestent, y en a qui s’embrassent, y en a qui croient. Y en a qui se détestent, y en a qui écoutent, y en a qui se prélassent, y en a qui sont sur la sellette. Y en a qui respirent, pendant que d’autres soupirent, et d’autres expirent… Y en a qui en ont ras le cul, y en a qui se cassent la tête, pendant que d’autres se mettent la tête… toute cette histoire nous fait bien tourner la tête… Mirage d’un virage vers un monde meilleur ! Le temps s’étire dans cette longue attente de jours sans masques… Dans mon cœur se joue le rêve de jours plus fastes, dans ma tête se chipotent des futilités et des
dissement, mot très couru à notre époque. Non, c’est un changement de système. Alors ?
Ben alors, me semble-t-il que l’on devrait largement encourager la mobilisation citoyenne, ce que préconise par exemple notre chère Agence de la transition écologique dans son document conseil aux élus « Aujourd’hui mon territoire ». C’est pour cela qu’on essaie de concerter. Mais en même temps, concerter, c’est freiner, et donc c’est bien ennuyeux, donc on allège. On allège la participation citoyenne. Bref, on transitionne en concertant, mais pas trop. Je me demande d’ailleurs si en faisant ainsi, on ne stagne pas un peu ? Une transition disons lente, avec du surplace sur la marche de départ, enfin un peu plus loin, parce qu’il faut bien constater que, si on mange toujours aussi gras, si les usages de trucs en -cide ne diminuent pas, si les voitures sont toujours aussi grosses et vont toujours plus vite que la vitesse réglementaire, il se fait aussi des pistes cyclables. Enfin, quand même !
Tant que le ministère de l’environnement ‒ englobé maintenant dans son gros Ministère de la transition écologique qui comprend l’énergie, le climat, les infrastructures, les transports et la mer, l’aménagement, le logement et la nature, la prévention des risques et l’aviation civile, et ce de façon transversale comme on dit ‒ ne s’appelle pas Ministère de l’effondrement, ça va.
Je vous laisse. Je vais transitionner. Avec des copains. Dans notre coin.
1 https://bit.ly/3mZl6ha 2 https://bit.ly/3ovDVsQ
agonies de l’ancien, dans mes mains s’écoulent le rien, dans ma plume se trace l’infime de ce qui peut être dit, dans mon corps se tripaille ce qui ne peut pas se digérer… l’intolérable, l’immonde, l’odieux, l’insoutenable… je blackboule, l’exaltation des malhonnêtes, l’inertie des fidèles, l’empoisonnement du gâchis, l’étonnement de l’innocent, le rien du mendiant, le sommeil des chants alors je dis oui et j’invente de nouveaux rites : Yenaki , Yenaki, Yenaki, formule magique ! Observation du monde sans jugement, pour sacraliser l’histoire d’un futur monde meilleur.
– la trousse corrézienne n °34 – 17
11/12/2020 16:08
mamielala





