
Par JEAN PIRMOTUS Plus d’un an après, les interdits de travail pour cause de refus de vaccination Covid sont toujours ostracisés, méprisés, ignorés, invisibilisés. J’avais interviewé à l’époque sept personnes, aux profils et professions différents, et, parmi elles, certaines se sont « évaporées » dans la nature, ont changé de métier et toutes tirent le diable .
Dans tous les services publics, dont celui de la santé, le personnel manque, le personnel compétent et efficace : il n’est plus recruté, en nombre, et il n’est plus formé convenablement en raison des embauches de contractuels et autres intérimaires. De ce fait, depuis des décennies, on constate tout simplement dans tous les services publics une destruction de l’intérieur par ceux-là même, les gouvernements, qui devraient investir des milliards pour le bien public, pour le mieux-vivre des populations, pour l’égalité et la justice sociales. Que fait-on des gens compétents, formés, qui choisissent de n’être pas vaccinés ? Voici les retours de trois personnes qui avaient été contactées et s’étaient exprimées dans La Trousse il y a quinze mois (1) . Richard (2) , technicien J’ai quitté l’hôpital et je ne pense pas y retourner. Je suis dégoûté de la façon dont j’ai été traité, jeté comme un chien. C’est une honte ! Je ne suis toujours pas vacciné. Je n’ai pas l’intention de retourner à l’hosto, non. Je suis en intérim, à l’usine, ça me plaît moyennement, j’aimerais trouver un boulot plus stable, parce que des semaines reconductibles, bof… Marcel (2) , éducateur Je suis toujours suspendu, on me demande de me faire vacciner et il n’en est pas question. Je tombe dans la précarité : je ne trouve pas assez d’heures de travail, OK en usine mais [seul] avec deux enfants les 3/8 c’est impossible ! Dans ce secteur je trouve du dix heures et demie par semaine, ce n’est pas assez, je n’ai pas d’allocations chômage… Sur un an, par exemple en février j’ai travaillé onze heures ! Trouvées en réinsertion alors qu’avant j’avais des diplômes et un travail ! C’est de la folie… Donc toujours la précarité. Manutentionnaire, j’ai cherché, jusqu’à soixante kilomètres de chez moi… J’ai gagné quatre-vingt-quatre euros en septembre, deux-cent-quatrevingt-onze en octobre, l’allocation logement a un petit peu augmenté, mais la prime d’activité, je la touchais déjà avant quand je travaillais, et la Caf, je ne touche rien de plus. C’est très dur. Pour rechercher du boulot, faut scanner, faire des dossiers en ligne, et le niveau d’exigence et d’équipement, pour le peuple, faudrait un secrétariat à part entière. Un exemple, pour le service à la personne, en aide-ménagère, on doit télécharger une application pour la géolocalisation : faut un ordiphone ! Terminé la communication « humaine », c’est l’informatique et le numérique comme obstacle à la recherche d’emploi.
4 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 45
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