S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

Ecophil, LTC 32 · 1 octobre 2020

Phyto-épuration (épisode 2) : faire soi-même ?

Phyto-épuration : faire soi-même ?

Le mois dernier, en contemplation devant un beau filtre planté de roseaux, supercherie contenue dans le mot « phyto-épuration » : dans la « phyto » ce ne sont pas les plantes qui nettoient les eaux domestiques. Ce sont des bactéries, des amibes, des microbes nichés entre leurs racines. Or donc, si ce ne sont en fait ces microbes qui nettoient, pas les plantes, il y a peutêtre encore d’autres façons de créer un milieu aéré convenant à leur activité ?

Depuis quelques années des mots comme « pédo-épuration » ou « tranchées filtrantes » ou encore « filtres à broyat » font leur apparition au banc d’essai des techniques d’assainissement écologique2. Étude après étude, elles font leurs preuves. Sont-elles pour autant légales ? Eh bien, non. Car l’assainissement autonome, comme son nom ne l’indique pas, obéit en France à des normes strictes…

L’agrément

Quand il n’est pas branché sur le réseau d’égout, l’assainissement individuel (jusqu’à 20 équivalents habitants) répond à une obligation de moyens. Qu’est-ce à dire ? Ici, c’est la nature du système qui prouve légalement son efficacité. Les services de l’État ne vérifient pas la qualité de l’eau à la sortie. La phyto-épuration répond ainsi depuis une dizaine d’années à une logique d’agrément, comme l’explique par

12 – la trousse corrézienne n °32

nous

découvrions

exemple le site du Low-tech Lab, auteur d’un tutoriel sur le sujet : « Si l’on souhaite passer en la filtres plantés chez soi il faut commander une étude et l’installation à une entreprise dont le système est protégé et a reçu un agrément ministériel. » Quatre entreprises en bénéficient : Aquatiris, Blueset, EpurNature et Jean Voisin, pour un total de neuf systèmes dont près de la moitié sont détenus par Aquatiris1. L’auto-construction ne reste donc possible qu’en demandant l’appui d’un accompagnateur agréé. Il ou elle « fera l’étude des sols, le dimensionnement, fournira les matériaux et les bons conseils nécessaires à une réalisation durable et performante ». Le recours aux entreprises ayant reçu des agréments fait finalement aujourd’hui partie de cette obligation de moyens. Crispant, pour ceusses qui cherchent la fameuse… autonomie !

Géométrie variable

L’agrément contient par ailleurs une anomalie : il ne tient pas compte de la nature des eaux traitées. Le Réseau de l’assainissement écologique plaide depuis plusieurs années auprès des services de l’État pour revoir les contraintes de dimensionnement des systèmes. En effet la taille des bassins d’assainissement est aujourd’hui définie légalement en fonction du nombre de pièces dans le bâtiment. On en déduit un nombre d’équivalents habitants, dits aussi EH. Or, cette règle ne tient pas compte du nombre réel d’habitants, ni de la consommation d’eau et pas non plus de la nature des rejets. Or

les toilettes sèches allègent fortement la charge, à la fois en matière organique, et en eau. Comme le rappelle le centre d’écologie pratique Terre vivante3 ou encore le pionnier Joseph Orzagh4, si vous optez pour des toilettes sèches, un filtre plus petit peut suffire. Débarrassées de la grosse commission et des petits papiers, les eaux usées sont alors réduites aux eaux ménagères, parfois mélangées aux urines. Elles sont beaucoup plus simples à traiter : il faut surtout s’assurer que l’azote et le phosphore vont nourrir des plantes et éviter de les laisser partir dans le ruisseau voisin.

Assainissement autonome ?

Comme l’explique Laurent, employé chez Aquatiris à Faux-la-Montagne, la phytoépuration est « vraiment » autonome par rapport aux systèmes avec fosses enterrées ou aux ministations d’épuration. Puisqu’elle ne consomme pas d’énergie, et que rien ne sort du terrain. Mais l’autonomie trouve ses limites dans le régime des agréments. Et puis il faut quand même importer des graviers, de la bâche étanche… Heureusement, des techniques encore plus vraiment autonomes arrivent avec la pédoépuration et les filtres à broyat de bois. On n’arrête pas le progrès !

1 https://bit.ly/3l8OgJs 2 fiches techniques à retrouver sur le site de l’Ecocentre Pierre et Terre : https://bit.ly/33uXYQk 3 https://bit.ly/34uUgWt

Marine Legrand

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

Brume à Camps-Saint-Mathurin-Léobazel

Brume à Camps-Saint-Mathurin-Léobazel

Comme, bien sûr, je ne vais pas tous les jours sur le site internet préfectoral, l’information m’est donnée par mes réseaux sur le territoire. Je lis donc sur ledit site : « Une concertation du public aura lieu du 17 août 2020 au 7 septembre 2020 sur…

1 octobre 2020

Le vit-tord de Lapeyronie

Le vit-tord de Lapeyronie

Je voulais faire une introduction. C’est mal à propos m’a t-on dit. L’introduction est désuète et très décriée de nos jours. Il y a d’autre façon de faire plaisir… Blablabla… Or je souhaite ardemment te faire plaisir cher public et instaurer ici la lubrique intimité…

1 octobre 2020

Dessin immobilier a vendre Tulle

Le secteur de l’immobilier s’embrase en Corrèze

Mais que se passe-t-il donc en Corrèze ces temps-ci ? A la recherche d’une jolie demeure en campagne, on entend dire ici ou là que, dans certains secteurs du département, les maisons se vendraient comme des petits pains (ce qui n’est pas peu dire !).…

3 novembre 2020

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal