
Aujourd’hui, dans « Parlons peu mais parlons bière », on déguste les bières de nos brasseurs artisanaux locaux et on vous donne notre avis (qui vaut ce qu’il vaut, pas plus, pas moins) !
J’entends d’ici les cris et les protestations des lecteurs assidus de « Parlons peu mais parlons bière » que vous êtes. Et vous avez raison de râler, je vous avais promis un dernier reportage en immersion à la Brasserie du Causse avant cette fameuse dégustation. Malheureusement, il se trouve que nous sommes en été, et c’est la pleine période de bourre pour les brasseurs puisqu’il se boit bien plus de bière par ces temps de canicule que par temps froid et pluvieux.
Vous l’avez compris, je n’ai pas réussi à obtenir de rendez-vous avec Arnaud Marchal, et pourtant j’ai essayé. Certes, je ne l’ai pas harcelé, mais on s’est eu au téléphone, il devait me rappeler, je l’ai relancé par sms plusieurs fois (deux fois en fait). Et puis c’était les vacances, il y a eu des fiestas, des pêches à l’écrevisse, des barbecues et puis, un beau jour un petit mail de relance de « la Trousse », la deadline est dans trois jours il nous faut un article… Aïe, la tuile.
N’écoutant que mon courage et après avoir vérifié les horaires d’ouverture sur FacedeBouc, je me dis que ça fera une bonne occasion de décrasser les soupapes de ma fidèle 4L et je décide de me pointer à l’improviste comme un client lambda (en plus ça faisait un nouveau concept d’article au top). Après trois quarts d’heure de route plutôt agréable, je trouve l’endroit en plein centre de Larche et là, grosse déception, la brasserie est fermée pour la semaine et rouvrira le 22 août. Donc une heure trente de route pour rien, même si j’ai rentabilisé en allant faire les courses, j’avais un peu les boules, comme on dit.
Mais le devoir passe avant tout, le délai est très court, il faut réagir vite. Ni une ni deux, j’envoie un appel au secours aux copains : « Vite, il faut qu’on boive plein de bières locales pour m’aider à écrire un article. » Et vous le savez bien, en Corrèze, on ne laisse pas un ami dans le besoin, donc j’ai vite trouvé une petite dizaine de volontaires pour donner de leur personne.
« Cela nous a une fois de plus démontré le potentiel infini de variations des arômes et textures que permet le brassage artisanal »
Nous nous retrouvâmes donc un lundi soir de cette fin de mois d’août sous la pergola de mon humble manoir du XVIIe siècle (c’est totalement faux), avec un panel de bières locales des 4 brasseurs que vous connaissez déjà : la Brasserie corrézienne, la Brasserie des Anges, la Brasserie de la Vézère et la Fabrique de bières Fonseca. Pour éponger un peu tout ça, on a prévu aussi du solide, des tourtous aux rillettes, du saint-nectaire et d’autres trucs à grignoter. Bref, on est dans de bonnes conditions pour se mettre au travail.
Nous sommes donc neuf ; 4 femmes et 5 hommes. La parité est respectée, il y a des amateurs de bières légères, d’autres de bières amères et il y en a même un qui n’aime pas trop la bière.
Comme nous ne sommes pas des professionnels de la zythologie (i.e. étude de la bière), j’ai un peu cherché sur la toile et j’ai dégotté une fiche de dégustation pour nous aider à évaluer ça et tenter d’être aussi impartiaux que possible.
Et comment vous dire… On avait douze bières à déguster, on a bien rempli les fiches sur les trois premières bières et on y a passé un temps fou. Donc, on a laissé tomber les fiches, qui nous ont cependant permis d’apprendre quelques clés de dégustation (couleur, transparence, sensation en bouche, saveur…), et on a tout simplement attribué chacun une note sur cinq à chaque bière en fonction de « est-ce qu’on l’aime ou pas » après une dégustation à l’aveugle. J’ai ensuite recueilli des avis à la volée sur ce qui plaît ou ne plaît pas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis ont été tranchés, voire très tranchés, en fonction des goûts de chacun. Cela nous a une fois de plus démontré le potentiel infini de variations des arômes et textures que permet le brassage artisanal et tout l’intérêt que l’on peut trouver dans cette recherche de saveurs.
Ci-dessous vous trouverez donc un petit classement avec la moyenne des notes pour chaque bière, la synthèse des avis ainsi que mon ressenti personnel. Ce classement n’engage que moi et n’est absolument pas une référence puisque, je vous le rappelle, je suis à des années-lumière d’être un professionnel de la bière et ne maîtrise ni les terminologies adéquates (les bons mots pour en parler) ni les clés de dégustation.
Barème de notation : 0 = Difficile à boire / 1 = Manque d’intérêt / 2 = Ça passe mais c’est pas génial / 3 = Une bonne bière / 4 = Ça c’est de la bière ! / 5 = Nectar des dieux
Les bières blanches
La blanche au blé noir de la Brasserie des Anges : 3,6/5
Une bière blanche très originale et aromatique qui a séduit l’ensemble des présents. Une belle couleur, une carbonatation (les bulles) maîtrisée et une amertume légère mais bien présente. Le coup de cœur de ce trio de blanches.
La blanche à la fleur de sureau de la Vézère : 3/5
Une blanche assez classique, assez présente en bouche et aux arômes prononcés, notamment grâce au sureau qui apporte une note fleurie sur les classiques arômes d’agrumes. Peu d’amertume mais de l’acidité, une blanche rafraîchissante.
La blanche de la Brasserie corrézienne : 2,7/5
Une blanche très légère, autant en saveur qu’en présence en bouche, des bulles fines qui s’échappent vite du verre. Elle conviendra aux amateurs de légèreté et se boit très facilement, mais ne laisse pas un souvenir impérissable.
Les bières blondes
Pils de la Monediera de la Brasserie des Anges : 1,6/5
Voilà la première bière qui n’a pas trop plu, même si certains l’ont notée à 3/5. Un certain manque de relief et de caractère a fait que plusieurs l’ont trouvée peu intéressante. Cela reste une bière accessible et rafraîchissante, bref une pils.
Blonde de la Vézère : 1,6/5
Là aussi, un manque d’arômes a fortement joué en la défaveur de cette blonde classique. Très pétillante, elle est cependant agréable à boire, simple et légère.
Les bières blondes spéciales
Eté indien de la Vézère : 2/5
Une bière que personnellement j’apprécie beaucoup mais qui a fortement divisé le collectif. L’amertume très présente de cette blonde houblonnée a rebuté les plus sensibles (qui l’on notée 0/5) alors que ceux qui préfèrent la bière amère lui ont mis 4/5. Donc une blonde spéciale, très rafraîchissante et légère, à réserver aux amateurs d’amertume.
Saison de la Brasserie corrézienne : 3,1/5
Une Farmhouse Pale Ale fruitée et légère qui a beaucoup plu à ceux qui n’ont pas aimé la précédente. Une amertume faible et une jolie couleur en font une bonne bière de découverte aromatique.
Blonde de printemps de la Fonseca : 1,2/5
Une bière à l’acidité prononcée qui a rebuté la moitié des buveurs présents. Elle récolte tout de même un 4/5, preuve qu’elle peut plaire et trouver un public. Pour ma part, la carbonatation très intense et l’acidité m’empêchent d’en percevoir les saveurs.
Les bières ambrées
Occitana Dobla de la Brasserie des Anges : 3,3/5
Une ambrée savoureuse et complexe, plutôt sucrée qui a rencontré un vif succès en décrochant un 5/5 de la part d’un des dégustateurs. Le seul bémol est sa carbonatation plutôt faible, mais la fabrication « à l’ancienne » de cette bière explique aussi des variations d’un brassin à l’autre. Une très bonne ambrée donc.
Bière ambrée « la 19 » de la Fonseca : 0,9/5
Une bière très pétillante et très acide avec peu d’arômes qui n’a pas su convaincre les dégustateurs.
Hophophop de la Brasserie corrézienne : 4/5
Le grand hit de la Brasserie corrézienne, pas vraiment à sa place puisque nous sommes ici sur une India Pale Ale et pas réellement sur une bière ambrée de type bitter. C’est une bière rafraîchissante, très florale et fruitée avec une amertume finale superbement dosée qui invite à la gorgée suivante. Elle ne plaît cependant pas à tout le monde puisqu’elle a tout de même récolté un 2/5.
Résultat des courses, on a passé une super soirée à découvrir et décortiquer ces bières. Il faut noter que, pour chaque bière dégustée, les avis étaient partagés et les discussions nombreuses. C’est tout cet échange et ce partage qui font que l’on aime la bière et surtout que l’on aime la boire avec une bande d’amis. Je remercie d’ailleurs tout particulièrement ceux qui se sont prêtés au jeu et m’ont aidé à faire cet article. Je vous invite à vous aussi faire l’expérience d’une dégustation de nos bières locales. Au vu de l’immense diversité qu’elles présentent, je suis sûr que vous en trouverez une à laquelle vous attribuerez une note de 5/5 (cela dit je vous suggère de vous limiter à quatre ou cinq bières différentes, parce que là, douze, c’était un peu trop).
En attendant le prochain numéro de « Parlons peu mais parlons bière », je vous souhaite une bonne rentrée. Soyez prudent, prévoyez un capitaine de soirée et restez en vie.
Olivier Garcin




