
Les 19, 20 et 21 juillet à l’initiative des Gilets Jaunes, de la 23 – Haute Corrèze, de la Montagne et du Syndicat de la Montagne Limousine, se sont retrouvées à Lacelle plus de cent personnes représentant plus d’une trentaine d’initiatives collectives sur le territoire du Limousin. Au cours des débats, des ateliers, des rencontres, il est paru évident que :
Contrairement à ce qui est dit dans les media et dans la bouche des porte-voix du gouvernement Macron, le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas mort. Un mouvement qui parvient au bout de huit mois de lutte à perturber visiblement un 14 juillet sur les Champs Élysées, qui tient sa troisième Assemblée des Assemblées en réunissant six-cent-cinquante personnes issues de trois-cents entités locales, et qui, sur notre territoire, continue à tenir des assemblées hebdomadaires, à se porter en soutien de salariés en lutte en plein Tour de France, voilà un cadavre bien remuant.
Le mouvement des Gilets Jaunes représente aujourd’hui bien plus que ce à quoi on a voulu le réduire, au fil de plusieurs mois de calomnies. A Lacelle s’est retrouvée, à la faveur des rencontres que ce mouvement a permis, une rare diversité de trajectoires et d’expériences qui trouvent un terrain commun dans la remise en cause de l’économie capitaliste. De Nuit Debout aux manifestations contre la Loi Travail, des luttes actuelles des postiers et des postières de Tulle à celle des cheminots pour la défense de la ligne SNCF Limoges-Ussel, des expériences locales de réappropriation de la production aux associations qui cherchent des réponses collectives aux besoins locaux, des révolutionnaires soudanais qui ont trouvé refuge sur la montagne limousine au personnel hospitalier en lutte contre la liquidation de l’hôpital public, des Gilets Jaunes d’ici ou d’ailleurs aux sans-gilets, c’est la volonté de décider, lutter et s’organiser depuis là où l’on vit qui s’est exprimée.
Les liens qui se sont créés ici durant ces trois jours, ou depuis des semaines, des mois ou des années, doivent être soignés, cultivés, enrichis, ce sont ces liens qui constituent notre richesse et notre force.
Nous sommes déterminés à nous organiser pour être présents partout où sévit l’entreprise de démolition dont Macron est passagèrement le chef de chantier… Par exemple pour la défense des services publics territoriaux, contre les plans com’ du capitalisme vert (à l’image du festival An Zéro), pour promouvoir une culture populaire de la forêt, contre les projets industriels qui prétendent au nom du développement poursuivre la destruction du vivant.
Nous avons pris la mesure de l’urgence qu’il y a à penser et à construire sur le temps long. Nourris des forces et des nombreuses réalisations déjà existantes, nous voulons prolonger dans le temps et dans le territoire le point de confluence dont ces trois jours ont été l’occasion. On est là, ensemble et pour longtemps !
L’assemblée finale du campement d’été « avec ou sans gilet » en Limousin, à Lacelle, Corrèze, en ce dimanche 21 juillet 2019.




