À la médiathèque de Tulle, depuis le 27 septembre, l’enregistrement des emprunts et des retours s’effectue avec des machines (abusivement nommées « automates ») situées à l’entrée. Durant ce processus, on s’en remet donc uniquement à la machine, sans interaction humaine. Il s’effectue dans l’anonymat, comme dans les hypermarchés, mais ici sans alternative.
Valider les emprunts et enregistrer les retours pouvait être fastidieux, et les compétences des employés peuvent être mieux utilisées ailleurs qu’à ces postes ; d’autant que, paraît-il, ce changement se fait à effectif constant (pour l’instant au moins). Les salariés seront, nous dit-on, plus disponibles pour leur mission de conseil. De fait, outre l’accueil, est maintenu un poste d’information au sein de chaque rayon, ce qui ouvre la possibilité d’échanges.
Toutefois, jusqu’à présent, les employés avaient une représentation de ce qui intéressait les emprunteurs réguliers ; existait de ce fait une dimension personnelle, voire un lien, même ténu. Cet aspect participait de l’attrait du lieu, et peut-être de l’intérêt du travail.
Malgré, semble-t-il, des intentions louables, demeure un fait : remplacer les humains par des machines n’est ni convivial ni écologique. Cette évolution semble difficilement compatible avec une mission de service public qui se doit, au contraire, de favoriser les échanges et les liens, et de ne pas nuire à l’humanité par défaut de prise en compte des considérations écologiques.
Christophe Gibiat




