
dans les Ehpad¹ privés : ah bon ?
NOUVEAUX par april o’neil L es langues évoluent, sont vivantes ; semons de nouvelles manières de penser.
Pénispliquer (adapté de l’anglais mansplaining) : 1. Une explication, donnée par un homme à une femme, qui ne prend pas en compte le fait que celle qui reçoit l’explication en sait plus que celui qui la donne (ex. : un homme expliquant à une femme un fait du domaine d’expertise de celle-ci). 2. Un homme expliquant à une femme ou une personne concernée, alors que lui-même n’est pas affecté par la question, ce qu’elle doit faire ou penser (ex. : règles vestimentaires, contraception, ce que doit être le féminisme, etc.). 3. Un homme qui répète les propos d’une femme en réunion, ou tout autre forme d’expression publique, comme si c’était les siens.
Origine : Le terme est apparu en anglais en 2008 aux États-Unis dans un article de Rebecca Solnit intitulé « Ces hommes qui m’expliquent ma vie ». L’article raconte comment un homme a voulu lui expliquer le sens d’un livre qu’elle avait elle-même écrit, sans l’écouter quand elle disait en être l’autrice. Elle analyse ce phénomène comme une combinaison d’excès de confiance et d’ignorance de la part de l’interlocuteur. En France il est d’abord apparu sous la forme mecspliquer, qui avait le défaut de ne pas être autonome à l’oral et de nécessiter une explication. Le 2 novembre 2016, la traductrice et chroniqueuse Audrey PM met en avant
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MOTS À RHIZOMER
NB
pas leurs finances. En effet, les cotisations salariales sont imputables au salaire brut, donc au montant perçu par le salarié qui les paie indirectement. Ainsi, seule la part patronale des cotisations est un coût pour les entreprises, l’autre part principale des charges de personnel étant le salaire brut, autrement plus conséquent. Aussi est-il trompeur de nommer charges une partie seulement des dépenses d’une entreprise. La volonté est clairement de délégitimer les cotisations et tout le système de protection sociale qu’elles financent. Donc de promouvoir un ordre social au détriment d’un autre. Et les promesses de réduction des cotisations pour accroître les salaires par certains candidats à l’élection prési-
Parce que dans les Ehpad publics la situation serait meilleure… Eh bien en Corrèze comme partout nous entendons des horreurs !
On entend autour de nous de plus en plus de personnel qui n’en peut plus, qui démissionne, qui se met en dispo, qui craque, qui fait un burn-out. Comment en effet travailler à deux infirmières et des aides-soignantes souvent mal, voire non formées, pour quarante patients en fin de vie et sans aucun médecin pendant des jours et des jours, quelquefois des semaines ? Comment travailler de nuit, de jour sans arrêt, sans congés, sans week-end de repos pendant des semaines entières en étant globalement souspayées ? Comment oublier les plateaux-repas laissés à midi aux personnes âgées et récupérés le soir sans avoir été touchés ? Comment oublier que l’on met des couches à tout le monde alors que certaines personnes âgées peuvent faire leurs besoins normale-
et défend pénispliquer dans l’émission québécoise On dira ce qu’on voudra (mais en français s’il vous plaît), sur Radio Canada (je vous recommande vivement l’épisode qui est court (huit minutes) et croustillant1). Pour mettre en avant la nécessité d’un tel mot, la chroniqueuse cite notamment un texte du 15 ème siècle de Christine de Pisan, suite à un commentaire sur sa critique du Roman de la Rose : « Comme je suis vraiment une femme, je puis mieux témoigner sur ce sujet que celui qui n’en a l’expérience. Que ne me soit imputé une folle arrogance ou présomption, d’oser, moi, femme, reprendre et critiquer auteur qui osa entreprendre de diffamer sans exception tout un sexe. »
Autre proposition, à bonifier, d’origine corrézienne cette fois, du philosophe égalitarien Kamal Robinson :
Capitalsplique : Quand une personne (en conscience de sa position politique ou pas) explique un fait, une action, un projet ou autre chose sous le prisme du capitalisme. Exemples : 1. Il est bon de détruire l’école publique car la compétition motive la créativité chez l’être humain ; 2. Il ne faut pas taxer les plus riches car sinon ils ne pourront plus entreprendre ; 3. Ce sont de très bonnes idées, mais comment allez-vous faire pour payer ?
1 http://urlr.me/JdpvD.
dentielle équivalaient à un appauvrissement des salariés. En effet, la baisse du montant des cotisations entraîne l’affaiblissement de la protection sociale par la Sécurité sociale au profit de la part des complémentaires, santé et retraite. La multiplication de ces organismes nuit à une gestion administrative optimale en multipliant les procédures, et la présence d’entreprises à but lucratif alourdit forcément la facture.
ment ? Résultat de ce traitement indigne : abattement, dégoût de vivre… Comment oublier l’impossibilité d’administrer pendant des jours et des jours des anti-douleurs à des gens qui souffrent, qui gémissent parce que seuls les médecins peuvent le faire (pas de médecin, voir ci-dessus !) ? Comment oublier l’interdiction faite au personnel non vacciné de travailler alors qu’on n’arrive plus à recruter (quelle surprise !) ? Comment oublier que l’on interdit ou limite les visites des familles (périodes Covid), ce qui permet automatiquement de laisser pourrir les conditions de vie et de travail ? Comment oublier que l’on demande aux membres du personnel de signer des documents stipulant qu’ils ne diront rien aux journalistes, ce qui est proprement illégal ? La liste n’étant pas close, à bientôt pour la suite…
1 Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.
la trousse corrézienne n °43 – 19
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mélanie tifage





