
J e viens de créer une association : La SPBR, la Société de Protection des Bonnes Résolutions. Oui, car vous n’êtes pas sans savoir que chaque automne, ce sont des milliers de résolutions qui sont abandonnées au bord des routes. En effet, à la fin de l’été et des vacances bien méritées, nous décidons souvent de repartir du bon pied en adoptant de bonnes résolutions. Et nous rentrons à la maison, fermement décidés à les respecter. Malheureusement, nous n’avons souvent pas bien mesuré au moment de l’adoption ce qu’une bonne résolution peut prendre comme place dans nos vie. Et parfois, dans un T4 de la couronne sud de Paris, la bonne résolution a tendance à s’étioler… Alors lâchement, un soir de novembre sous le prétexte d’une promenade vespérale, nous abandonnons sournoisement nos résolutions au bord de la route. C’est ainsi qu’au gré d’un
allons tous nous faire foutre ! par l’inadapté
Une chronique est un moment étrange. Coincé entre une envie de gueuler quelque chose et celle de pleurer sur le sort qui est réservé aux plus lourds d’entre nous. C’est le moment de dire la façon dont le monde ne tourne plus vraiment rond. C’est possiblement le moment de raconter l’amour parfois. C’est le moment, potentiellement, de geindre sur la vie qui ne passe pas assez vite… ou trop vite pour d’autres. C’est, dans tous les cas, le moment de s’apercevoir que ce qui nous entoure n’est que le fruit de notre imagination…
Ces heures passées à remonter le moral des troupes, à délier les problématiques qui étouffent la création, à péter, de façon certaine, les codes de bonne conduite que l’on veut nous faire avaler. Ces heures ne servent à rien. Perdues
déplacement j’ai trouvé la résolution de faire une séance d’abdos tous les matins… Elle était là, toute triste. J’étais désemparé. Je ne savais qu’en faire, ayant déjà une musculature abdominale très développée. Une autre fois c’était, attachée à un réverbère, la résolution d’arrêter de fumer ; et là quand je l’ai vue, il m’a semblé reconnaître celle que j’avais prise il y a deux ans, ou celle que j’avais prise l’an passé… Alors j’ai craqué ; je l’ai emmenée chez moi et je fais comme ça depuis, avec toutes les bonnes résolutions que je trouve sur ma route. J’en prends soin mais n’en adopte aucune, au cas où son propriétaire viendrait la réclamer. J’ai ainsi chez moi la résolution de ne plus croire en Dieu, celle de ne plus regarder de films pornos, celle aussi de s’engager à s’intéresser à ce que dit mon beau-frère quand on va manger chez mamie dimanche, celle de plus jamais oublier ton anniversaire, j’ai même un lot
dans l’invraisemblance des sentiments brûlés sur l’autel de la réalité édictée, ces heures se confondent avec le soleil…
Des shorts interdits dans les collèges et lycées aux masques nauséeux dont l’obligation de port créer une vague anticipatrice d’un futur muet, en passant par les nouvelles normes trousseuses qui nous relient – comme pour mieux nous rassurer – au monde moderne, les éléments et les vents sont contraires à l’émancipation de l’humain.
Trop de chemins bordés par leurs névroses, trop de chemins parsemés de bouts de verre… Pas facile de marcher sur la mousse verte des mondes parallèles. Pas facile car arrachée (la mousse) et nos genoux se feront découper par la lame de l’ennui… Les sentiers de traverses n’existent plus que dans nos mémoires. Même chez nous,
de deux-cent-cinquante-milles résolutions de ne plus voter Macron au deuxième tour, celle de ne plus boire l’apéro tous les soirs ou bien un petit et après j’arrête, celle de ne manger que du bio, celle de plus manger de viande, celle de plus manger de gluten, celle de plus manger de produits animaux, celle de plus manger du tout, celle d’enfin dire à ma collègue qu’elle est belle quand elle pose ses lunettes pour en grignoter une branche pendant qu’elle réfléchit…
Enfin, tout ça pour vous dire que dorénavant, avant de prendre une bonne résolution, pensez à l’encombrement de mon appartement.
Le sous-commandant Jean Marcos, depuis les jungles du causse corrézien.
les cases sont à remplir, mais sans dépasser les bords ! Passons notre chemin et si l’incompréhensible n’a plus sa place ici, alors que crève l’ensemble de nos illusions !
Une pause est nécessaire pour ne pas ébruiter un peu plus la cacophonie ambiante. Les chiens n’aboient plus, les chats mangent des cailloux et les slips des garçons ne se voient plus car les tailles sont hautes… Sachons habiller nos filles qu’ils puissent continuer à étudier tranquillement. Ne pas prendre le risque de réveiller les gonades qui feront se lever les quelques bites non-maîtrisées (pensez-donc, ils sont trop jeunes, ils pourraient se déconcentrer !) Chaque homme est un violeur en puissance, alors éduquons nos filles !
Allez, allons tous nous faire foutre !
– la trousse corrézienne n °32 – 19






