« Éclat que cause une action honteuse ». Cette définition est loin d’être complète, elle ne couvre que son acception d’esclandre. Hors s’il est vrai que l’esclandre peut générer le scandale, elle n’en n’est pas une condition sine qua non. En fait elle n’est qu’une actrice potentielle dans le drame représenté qu’est le scandale. Car le scandale comprend l’intrigue, ses protagonistes et son public. Pour ce qui est de la trame, elle est le plus souvent, banale. Le scandale est rarement épique ou tragique. Car même s’il lui arrive de le devenir, il est au départ un fait habituel et commun à peine remarquable.
« Ce sont des habitudes devenues trop voyantes,[…] auxquelles un peu de modestie eût permis de se maintenir dans cette marge confortable, que l’hypocrisie du monde accorde aux habiles et aux audacieux » nous dit Marcel AYME. Prenons un exemple. Chaque jour en France une cinquantaine de réacteurs nucléaires relâchent dans l’eau, dans l’air et dans les sols, quantité de radionucléides potentiellement cancérogènes, sans compter les déchets dont on ne sais que faire. Tout ceci au vue et au sue des autorités qui en fixent elles même les limites acceptables. Pas même une mention sur le compteur « le nucléaire tue. » Que l’acceptabilité de ces normes ne soit que technique , c’est à dire lier non pas à la santé des riverains ou des ouvriers de ces installations, mais aux limites technologiques des brillants esprits de notre pauvre espèce, ne semble scandaliser personnes. Ainsi nous avons pu voir à Fukushima la norme passer de 1 à 10 ms/an. Ceci est valable pour l’ensemble des activités polluantes comme les incinérateurs de déchets et autres sites dit « seveso » du nom du village d’Italie du nord dans lequel est advenue une intoxication massive de la population à la dioxine, qui fît justement scandale en son temps. Avant de servir comme arme, puis phytosanitaire.
Ça y est, ils dorment. Le public est assoupi .
Marto




