Issu de l’association de deux familles apostoliques romaines très catholiques, je pense pouvoir prétendre à une certaine expertise dans l’observation de fratries. Entre blancs et noirs, garçons et filles, nous étions sept enfants dans la maison familiale. Je ne vais pas présentement énumérer les oncles et tantes ni les neveux et nièces… Comme le disait pape François « …[reproduire comme des lapins] ».
L’observation de mes propres enfants confirme mes conclusions : même s’il n’y a pas d’affinités de caractère, de centres d’intérêts ou de convictions et parfois même des moqueries et des jalousies, toujours est-il que dans certaines situations exsude un grand respect, une admiration. Comme s’ils avaient chacun l’exclusivité de critiquer leurs frères et sœurs.
Mais pourquoi donc nos chers révoltés de 1789 ont-t-ils choisi le terme de« fraternité » ? Non pas que je le déplore, je suis heureux qu’il ait été préféré au terme de « propriété ». Larousse nous dit : « lien de solidarité et d’amitié entre les hommes, entre les membres d’une société ». Ce qui est cohérent avec l’esprit d’une assemblée constituante. Constitution : « loi fondamentale d’une nation, ensemble des règles juridiques qui régissent les rapports réciproques des gouvernants et des gouvernés et déterminent l’organisation des pouvoirs publics. » La Constitution serait donc théoriquement unanimement approuvée par les membres d’une société. Alors la question qui survient est : est-ce que les gilets jaunes sont membres de la même société qu’Alain Juppé ? Qui, lui, vient d’être nommé au Conseil Constitutionnel. Sont-ils seulement du même monde ? Les conseillers de cette noble institution sont renouvelés par tiers, pour neuf ans et sont nommés qui par le président de la République, qui par le Sénat et qui par l’Assemblée… Mr Juppé est justement le poulain du président de la République…
Y’a pas à dire, c’est beau deux familles qui fraternisent.
Marto




