Le 5 juin 2018, l’agglo et la ville de Tulle présentaient au public le projet de campus qui sera implanté sur le site de l’ancienne Manu. Ce projet, qui vise à créer un pôle identifié et à générer une dynamique, implique la réhabilitation d’un ancien bâtiment et la construction d’un restaurant, lesquels intègrent des places de parking en leur sous-sol. Cette optimisation de l’espace est bienvenue. Dans notre société, aussi regrettable que ce soit, il est en effet nécessaire de prévoir des places pour le stationnement automobile.
Le sous-sol du bâtiment d’étude sera réservé aux véhicules du personnel, ce qui n’incitera malheureusement pas ce dernier à se déplacer autrement, et celui du restaurant sera une partie du parking de l’IUT. Est également prévue la création d’environ 150 places sur l’ancienne voie du POC (train à vapeur dit « Paris-Orléans-Corrèze ») située au-dessus du site, auquel elles seraient reliées par un escalier. Lors de la présentation, rien n’a été dit au sujet de l’accès malaisé à ce lieu en voiture, notamment de la difficulté de croisement dans une rue courbe exposée à de réguliers éboulements (hors travaux d’envergure).
Si l’intention de développer l’usage de ses jambes (marche, vélo) ou de celui des transports en commun a été évoquée, aucune piste concrète pour parvenir à augmenter le recours à ces pratiques n’a été avancée. Et la création d’un grand parking discrédite par avance un tel objectif.
Alors qu’il faudrait tenter par tout moyen de réduire le nombre de voitures qui viennent sur le site, les élus semblent percevoir ce flux comme incompressible, voire inexorable, et il faut s’y adapter (ce qui correspond à la logique de l’époque). Apparemment, ils considèrent avoir une contrainte à gérer et non un problème à résoudre.
Par ailleurs, de larges espaces « naturels » sont envisagés au sein du campus afin d’en faire un lieu agréable. Cela semble justifier aux yeux des élus de reporter la nuisance que constitue la présence et la circulation des voitures des étudiants vers les promeneurs de la voie du POC. Cela questionne.
Peut-être la conjonction d’une idéologie du développement et d’une logique gestionnaire explique-t-elle en partie ce choix d’un immense parking. En effet, une telle création constitue une dépense d’investissement, alors que financer un transport public qui pourrait s’y substituer au moins partiellement est pour une large part une dépense de fonctionnement. La première est valorisée, comme porteuse d’avenir, à l’inverse de la seconde, généralement considérée comme une charge à réduire. Mais la création d’aménagements cyclables constitue(rait) un investissement…
Comme évoqué en introduction, quelques pas sont néanmoins effectués à Tulle, notamment pour faciliter la pratique du vélo ; marginaux, épars et fruits d’une ambition limitée, mais qui ont le mérite d’exister. En particulier, un garage à vélos clos a été mis en place au sein du parking Saint-Pierre lors de la restauration de celui-ci. Cela permet aux personnes venant de l’extérieur de la ville (du côté est, nord-est) de déposer leur voiture dans ce parking et de poursuivre librement leur trajet avec leur vélo, qu’elles laissent dans ce même parking hors ces temps de présence en ville.
Encart
Et pourquoi pas ?
Pour réduire le nombre de voitures dans la ville, donc changer les habitudes, je crois qu’il faudrait mettre en œuvre le triptyque alternative-contrainte-incitation. Il est alors impératif de lier les deux premiers points, le troisième étant optionnel.
Premièrement, l’alternative. Pour que puissent changer les comportements, au moins une solution alternative doit être possible, qu’il s’agisse du transport en commun (avec une fréquence et une tarification adaptées, le ticket à la journée par exemple), d’aménagements cyclables adéquats (pour la circulation et le stationnement) ou de parcours piétons agréables et sécurisés. L’information quant à l’existence des alternatives est impérative.
Deuxièmement, la contrainte. Celle-ci est légitime si l’alternative existe ; elle se justifie par l’intérêt général. Elle joue un rôle important pour influer sur les comportements. Il peut s’agir de la limitation du nombre de places de stationnement et de la fixation du coût de celui-ci.
Troisièmement, peut être envisagé un système d’incitation à définir selon le contexte.
Considérons également que la contrainte, si elle n’est pas absolue, constitue une incitation à faire autrement.
Et pourquoi pas ?
Pour réduire le nombre de voitures dans la ville, donc changer les habitudes, je crois qu’il faudrait mettre en œuvre le triptyque alternative-contrainte-incitation. Il est alors impératif de lier les deux premiers points, le troisième étant optionnel.
Premièrement, l’alternative. Pour que puissent changer les comportements, au moins une solution alternative doit être possible, qu’il s’agisse du transport en commun (avec une fréquence et une tarification adaptées, le ticket à la journée par exemple), d’aménagements cyclables adéquats (pour la circulation et le stationnement) ou de parcours piétons agréables et sécurisés. L’information quant à l’existence des alternatives est impérative.
Deuxièmement, la contrainte. Celle-ci est légitime si l’alternative existe ; elle se justifie par l’intérêt général. Elle joue un rôle important pour influer sur les comportements. Il peut s’agir de la limitation du nombre de places de stationnement et de la fixation du coût de celui-ci.
Troisièmement, peut être envisagé un système d’incitation à définir selon le contexte.
Considérons également que la contrainte, si elle n’est pas absolue, constitue une incitation à faire autrement.
Christophe Gibiat




