Maud Vinchon, de La vie et demie, répond à La Montagne, suite à un article paru dans ses colonnes le 19 mars dernier. Article rédigé après une courte apparition de la journaliste à de l’assemblée générale de l’association Tulliste.
Un peu pressée, une journaliste se glisse au fond de la salle 40 minutes après le début de l’AG, en pleine présentation du rapport financier. Ayant manqué le rapport moral présenté par les salariées, elle glane deux-trois informations, se tourne à droite, à gauche, se lève, interroge les sympathisants de l’association, demande aux intervenants de s’interrompre pour lui accorder un aparté, montre peu de respect pour les échanges qui continuent dans l’assemblée puis s’en va.
Un article à demi réussi nuit gravement à la santé d’une association
Le résultat : un article qui ne va nulle part décoré d’un titre à scandale peu révélateur de la réalité – pour ne pas dire mensonger.
Le bilan de La Vie et demie est loin d’être catastrophique !
Depuis 1 an et demi, deux petites poignées de bénévoles se démènent avec entrain pour collecter chez des particuliers ou en déchetterie des meubles et des objets variés, qu’ils nettoient, trient, réparent et rangent ensuite, dans leur maison de 300m2, à quelques pas de la médiathèque.
La vente de ces objets rapporte en 2014 24.819€ et couvre à elle seule toutes les charges d’exploitation de l’association : nouveaux salaires, charges d’énergies, matériel pédagogique, entretien et réparations. Reste à payer l’emprunt pour la maison, 820€/mois couverts par les bénéfices. Finalement tout cela est assez bien huilé!
Mais les bénévoles ne sont pas de petits lutins bricoleurs. Ce qui les anime le plus, c’est de prendre le temps qu’ils ont, pour échanger quelques mots, quelques idées ou quelques rires, et pour tisser des liens qui les rattachent à la vie, à l’autre, à eux-mêmes. Les objets dans tout ça, c’est juste un prétexte.
De là, ce que l’Assemblée Générale de la Transformerie a révélé, ce sont les aspirations collectives des bénévoles et des sympathisants pour ce lieu. Ce lieu qui est grand et bringue-ballant mais qui tient debout, un peu comme nous. Qui a des fuites d’air mais qui est ouvert à tous. Qui interroge et nous pousse à nous remettre en question. Ce lieu qui est là immobile et qui nous invite à l’action.
Si tu viens à vélo le premier mercredi du mois, Laurent pourra t’expliquer comment resserer tes freins, changer tes loupiotes ou passer tes vitesses pour faire un peu moins d’effort. Les filles te montreront comment transformer ta chambre à air en petits bijoux. Et si tu veux mettre un sous dans la caisse pour que la Transformerie puisse payer son emprunt, tu es libre de donner ce que tu veux. On te promet d’afficher nos charges pour que tu te fasses une idée ! Et on espère que d’ici quelques mois, on pourra te présenter de nouveaux colocataires, d’autres associations, d’autres humains pleins de talents, de sagesses et d’envies.
En tout cas, l’année 2014 pour La Vie et demie, c’est encore une réussite -aussi « catastrophique » que cela puisse paraître ! C’est la victoire du geste sur la parole à tout va, sur les idées pré-conçues, les cases, les boîtes, les peurs et les qu’en-dira-t-on. C’est la preuve qu’il y a bien plus au livre que sa couverture et que seuls ceux qui se risquent un peu trop loin savent jusqu’où il est possible d’aller.



