
Découverte de Fid et Horace de La Spirale à l’occasion du Tremplin Brive Festival. L’idée était de mettre trois artistes sélectionnés auparavant sur une petite scène du festival off devant un jury. Cette année se sont présentés Profilers, groupe de rock, Margual, jeune chanteuse aux influences très jazz – groove et La Spirale, groupe de rap corrézien. C’est Margual qui a remporté le tremplin (bravo a elle). La Spirale est néanmoins titrée comme le coup de cœur et aura l’opportunité de rejouer l’année prochaine.
Je les avais abordés à la fête de la musique, à Tulle, où ils avaient fait un petit concert. Ils m’avaient donné leur album, alors comme c’est local – et que j’aime le rap – je me suis dit : pourquoi pas partager cela avec mes amis troussistes, troussards, trousseux…
Ils sont amis depuis vingt ans, et aiment les mêmes sons. Ils ont commencé à rapper à 15 ans mais voilà, la vie de famille et les situations changent… Depuis quelques temps ils sont de retour, discrets, mais présents. Ils ont sorti un album en février 2016 : « Enfermés dehors ». C’est un peu l’album du changement, de la maturité.
Fid : « On a laissé un peu la musique de côté mais c’était pas voulu, et le projet d’album après, ça nous a pris trois ans, de tout faire nous-mêmes. »
Horace : « Avant on faisait plein de concerts mais on n’avait pas les chansons toutes préparées comme là, maintenant elles nous correspondraient plus trop, elles étaient trop énervées et on a changé. Maintenant, les gros mots, tu peux les compter sur les doigts d’une main, on peut plaire à plus de publics différents aussi… »
F : « On l’a vu ce soir, les gens qui viennent nous aborder à la fin ont tous les âges, ils nous disent avoir eu des frissons, un coup de cœur… »
– L’ambiance ce soir ?
F : « Tout était bien calé, équipe bien organisée, c’était super cool. »
– Comment vous avez eu cette opportunité du Tremplin ?
F : « En fait, j’ai vu l’annonce dans La Montagne , je crois que ça existe depuis quelques années mais je connaissais pas, du coup ça faisait un an qu’on avait pas fait trop de dates, on a un album à défendre, donc j’ai candidaté sans rien dire à personne. On a une asso et comme je gère le côté administratif, j’ai pris cette initiative. J’attendais rien et trois semaines après j’ai eu une réponse positive, on avait un mois pour se mettre au point. »
H : « Il me l’a dit quand on a été sélectionnés. »
– Est-ce que ça vous a mis la pression le concours ?
H : « Non, pas plus que ça, on a toujours une petite pression avant de monter sur scène, mais on était bien préparés, pas en mode compétition du tout. »
– Et dans la vie de tous les jours?
H : « On arrive à lier notre vie de famille et notre passion mais c’est aussi parce que ça a changé, avant on voulait percer, moi maintenant j’ai juste envie de transmettre, de partager, et de faire kiffer mes collègues. »
F : « On s’imaginait faire Urban Peace » ( rires )
– Comment vous en êtes arrivés au rap ?
F : « À la base, c’est nos influences, on se connaît depuis marmots, on écoutait les mêmes sons et on s’est dit, tiens pourquoi on ferait pas la même ! T’écris, et puis y’a eu plein d’événements marquants qui font que… et à quinze ans, t’as envie de t’exprimer encore plus. »
– Le rap en Corrèze ?
F : « C’est une région rurale, et on connaît pas d’autre groupe de rap à part nous, il doit y en avoir mais ils se font discrets ou sont plus jeunes… »
H : « T’en a qui font un son et puis plus rien… donc c’est rare. On a eu un ou deux featuring mais c’est tout. »
– C’était mieux avant ?
H : « Moi, je pensais ça avant, mais moins maintenant, c’est sur tu as un frisson en écoutant un son ancien mais c’est les souvenirs… alors que y’a des rappeurs qui sortent des putains de son ! »
F : « Sur la forme, ça a beaucoup évolué, mais c’est pas que c’était mieux avant. »
– Est ce que il y a des sujets tabous ?
F : « On peut parler de sentiments, de ressentis, de tout, moi je serais pas à l’aise avec la sexualité par exemple. C’est pareil, avant on parlait de politique dans nos sons, des sons entiers, maintenant on met des petites pics par-ci par-là, ça fait partie de nos vies de citoyens, mais on se concentre pas là-dessus. Même si je vote, comme mes parents, j’ai pas l’impression de voter pour quelqu’un mais contre quelqu’un. Comme disait Coluche ‘‘ si voter servait à quelque chose, ça fait longtemps que ça serait interdit ’’. »
H : « Avant je m’intéressais pas du tout à la politique, maintenant grave mais j’ai pas envie d’en parler, politique, religion, y’en a qui en parlent mieux que nous. »
– Et l’écriture à deux, vous vous organisez comment ?
( rires ) H : « La plupart du temps, c’est moi qui lance le truc, j’écris et après il écrit de son côté et on met en commun. Sur certains couplets, on travaille ensemble. »
– Des projets ?
F : « Non, on vit au jour le jour, on gratte pas des plans, des fois on aurait peut être dû le faire mais non… »
H : « Non, on a pas envie de se vendre, on va continuer à kiffer et voilà. »
Merci à eux de partager leurs émotions et vous pouvez acheter l’album …?
Album disponible sur internet en écoute et téléchargement libre ici : https://laspiraleacquis2conscience.bandcamp.com/album/enferm-dehors-2015
Sarah Alji-Magallanes





