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La Trousse Corrézienne

Ecophil, LTC 2 · 26 juin 2015

La permaculture, vous connaissez ?

Le jardin d’Andrew Williams, permaculteur

« A partir d’un jardin on peut faire pousser des solutions

à tous les problèmes du monde… »

La Permaculture vous connaissez ? Un groupe de novices – des passionnés en puissance – se rencontrent régulièrement pour en apprendre le B.A. BA et le mettre en pratique au fil des saisons. Cela se passe à la Porcherie (sud Haute-Vienne), sous la houlette d’Andrew Williams.

Si l’on cherche une définition du mot « Permaculture » sur Internet on trouve quelque chose comme cela : « Ensemble de pratiques et de modes de pensée visant à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques ». Andrew Williams – que tout le monde appelle Andy – organise et pilote le stage de Permaculture organisé à La Porcherie depuis décembre dernier. Rencontre.

On parle de « Design en Permaculture ». Pouvez-vous nous expliquer cette notion ?

Andrew William : Lorsque l’on met en place un Design en Permaculture, on cherche à augmenter la diversité, à réduire les interventions humaines et à éliminer les dépenses d’énergie répétitives. Cela en observant les besoins de chaque élément d’un écosystème (*) et en comblant ses besoins par les bénéfices rendus par d’autres éléments de ce même écosystème. De plus, la Permaculture est fondée sur 3 principes éthiques forts : 1 s’occuper de la terre. 2 s’occuper des humains. 3 l’abondance produite doit être partagée avec la terre et les autres humains.

(*) : cet écosystème peut être, par exemple, une ferme, un lieu de vie en recherche d’autonomie.

Qu’est ce qui vous a donné envie de mettre en place ce stage ?

A W : L’idée de ce stage est apparue lors de ma participation comme formateur à un perma-camp, dans les Pyrénées orientales, en août dernier… C’était aussi, il faut bien le dire, une façon de répondre à la curiosité des gens du coin qui ne comprenaient pas ce que nous faisions dans notre jardin, car je suis en train de réaliser un design complet, chez nous, à La Porcherie.

Plus sérieusement, l’objectif du stage est d’apporter à tous les savoirs et techniques qui leur permettront de produire leurs fruits et leurs légumes… Pour que chaque personne intéressée – même les plus occupées, celles qui n’ont pas le temps de travailler au jardin chaque jour comme c’est nécessaire avec un jardin conventionnel – puisse avoir un petit bout de jardin pour se relier à son environnement. A mon avis, à partir d’un jardin on peut faire pousser des solutions à tous les problèmes du monde…

En pratique, comment s’organise ce stage?

A W : Le stage se déroule sur 5 dimanches à des moments clefs de l’année, quand il faut travailler dans le jardin : en décembre, février, avril, juillet et octobre. Il y a une partie théorique le matin pendant environ deux heures. A midi nous faisons un repas partagé et tout le monde contribue à la remise en état de la salle de formation. La partie pratique se déroule l’après-midi, au jardin, sous forme d’un chantier participatif. Nous demandons une contribution de 20 € par dimanche. Par ailleurs, tout au long de l’année, je transmets aux stagiaires des informations par e-mail, en complément du stage. Enfin, je suis sur le champ tous les mardis, les stagiaires qui le souhaitent peuvent venir donner un coup de main et pendant que l’on travaille ensemble, je suis disponible pour répondre à toutes leurs questions….

Vous avez beaucoup de participants ? Qui sont-ils ?

A W : Sur les deux premiers rendez-vous (en décembre et février) 38 personnes différentes ont participé… nous avons eut quelques absents lors de la seconde session en raison de la grippe… mais 80 % des inscrits au premier rendez-vous on participé au second et nous avons reçu des « nouveaux » pour qui j’ai fait une petite séance de rattrapage des notions du 1er module.

Le public est varié… des hommes, des femmes, des jeunes (même des enfants) et des plus âgés. Ce sont en priorité des gens du coin mais pas forcement des gens qui jardinent déjà.

Est-ce que vous allez reconduire cette expérience l’an prochain ?

A W : Oui ! Le stage que je vais organiser le dimanche 5 juillet sera une journée « porte ouverte » gratuite et accessible à tous pour faire connaître notre action. Je compte sur mes stagiaires pour qu’ils diffusent cette information et qu’ils amènent le plus de copains possibles. Des gens qui pourraient être intéressés pour suivre la seconde session de stages à partir de décembre 2015.

Mon objectif est de faire connaître la Permaculture au plus de monde possible, partager ces informations le plus possible… au moyen des stages, mais aussi grâce à d’autres supports comme la vidéo ou un livre de type « manuel technique ». L’organisation des stages m’oblige déjà à formaliser, mettre en ordre toute l’information dont je dispose pour la rendre plus accessible, pour la transmettre… de la même façon, je commence déjà à réaliser des vidéos explicatives pour mes stagiaires.

Quel argument pourrait convaincre les habitués du jardinage « traditionnel » ?

A W : Avec les méthodes de la Permaculture, si l’on consacre un jour par semaine pour s’occuper de son jardin, de son alimentation … les bénéfices sont exponentiels. C’est-à-dire qu’au bout d’un an on a déjà réalisé une grosse économie dans son budget alimentaire (sans parler de la bien meilleure qualité des produits consommés !) et les années suivantes la productivité augmente alors que le travail à faire se réduit… Le temps consacré au jardin peut alors être utilisé pour réaliser des designs plus complexes et encore plus efficaces.

Andrew Williams, permaculteur

Andrew Williams est auto entrepreneur spécialisé en conseil, formation et aménagement intérieurs et extérieurs (on parle de « Design ») en Permaculture. Il fabrique et commercialise également des objets associés à la vie autonome (séchoirs, clayettes et silos pour la conservation des légumes, cuiseurs à bois autonomes, toilettes sèches, douches extérieures…). Originaire d’Angleterre, il est arrivé en Limousin il y a maintenant 10 ans. Pour le contacter : solutionssimples87@gmail.com

Le Champs des Arts

Les stages de Permaculture animés par Andrew Williams sont « portés » juridiquement parlant par l’association le Champs des Arts. Cette association à vocation culturelle est basée à La Porcherie et organise régulièrement des ateliers et spectacles : contes, concerts, ateliers d’apprentissage des danses traditionnelles… Coordonnées : lechampsdesarts@gmail.com

Cécile Laucournet (propos recueillis)

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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