S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

Local, LTC 19 · 6 juillet 2018

La Dordogne, de Villages en Barrages

La Dordogne, de villages en barrages

La Dordogne, des gorges et des forêts de pente sur la plus grande partie de son parcours corrézien qui débouche sur la vallée à Argentat-sur-Dordogne. J’imagine la vie tissée le long de la grosse rivière, les chemins de rives coupés par les abrupts, le sentiment d’appartenance, puis les barrages, les villages engloutis, les ruptures. Et maintenant, Confolent-port-Dieu, juste au-dessus de Bort-les-Orgues relié à Argentat-sur-Dordogne par 200 kilomètres de sentiers balisés : La Dordogne de Villages en Barrages. Waouh ! Annabelle, animatrice de l’association me raconte.

« Faites rêver les randonneurs »

L’initiateur, c’est Jean-Marc. Jean-Marc Chirier. Premier adjoint de la commune de Gros Chastang. Il a vécu longtemps à Bort-les-Orgues et connaît sa rivière, sur sa longueur. Et pour lui une évidence : Il faut faire un sentier, qui suive la Dordogne haute et passe par les bourgs. La vie des hauteurs à la vallée, reliée, de nouveau. La Dordogne a changé, mais il faut le refaire. Voilà.

2012, il va toquer aux portes des communes, dire l’idée: réaliser un sentier entre Bort-les-Orgues et Argentat-sur-Dordogne, faire découvrir les hautes gorges de la Dordogne, faire monter ceux, nombreux, qui découvrent le bas à Argentat-sur-Dordogne, commune très touristique, vers le haut plus sauvage. Il présente un projet collectif de territoire, le long de la Dordogne, machine à rêver des habitants d’ici. Seize communes rencontrées, aucune n’a tordu le nez, toutes, partantes.

Oui, mais 200 kilomètres, comme cela en continu, sur maintenant dix-neuf communes, j’imagine les réunions, le temps pour se mettre d’accord. Eh bien pas du tout : première réunion, quatorze communes présentes, une méthode : chacune propose son bout de chemin qui passerait là « où c’est le plus bel endroit », « faites rêver les gens qui traversent », et chacune se raccorde aux communes d’amont et d’aval. Les communes jouent le jeu, et travaillent avec leurs voisines. Certains anciens chemins sont réouverts, les conseils municipaux valident les passages. En moins d’un an le tracé est tracé (inscrit) sur la carte : 150 kilomètres dans un premier temps, 200 maintenant. Pour un public qui découvre une portion et une commune à la journée, ou pour les passionnés de l’itinérance.

« Les randonneurs au rendez vous » (guillemets ou en gras?)

Il faut penser au tracé, mais aussi aux possibilités d’hébergement, de restauration, et d’approvisionnement pour des randonneurs itinérants. Il faut marquer le sentier, le cartographier, le faire connaître avec un topoguide. La toute nouvelle association « La Dordogne de Villages en Barrages » née le 23 février 2013 réunit les communes, des hébergeurs et des particuliers. Les communes financent (trente centimes d’Euros/habitant) pour lancer le projet. Celui-ci séduit et fédère : le Département met à disposition un agent spécialisé qui fera les relevés nécessaires à la cartographie. Les caisses locales de Crédit Agricole financent les bornes marquant les limites et changements de communes. EDF soutient financièrement.

Annabelle est recrutée en 2014 et coordonne les actions. Des contacts sont noués avec les structures qui connaissent le patrimoine naturel et culturel. Trente cinq partenaires proposent des nuitées et des repas, et pour beaucoup découvrent le visiteur itinérant. Un transport de bagages est organisé « pas de sentier d’itinérance sans portage ! » précise Annabelle. Surtout que le sentier accumule les dénivelés : « ça monte et ça descend, c’est sûr ! »

Le sentier est ouvert au public en 2014. Il est inscrit au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée. Le topoguide est édité, et les randonneurs débarquent, avec en particulier les passionnés et les « collectionneurs » de randonnée. Mille trois cents passages au compteur entre avril et septembre 2016, quatre à cinq-cent randonneurs qui « feraient » l’intégralité. Et un nouveau topoguide prévu pour 2019.

À ma question, Annabelle répond qu’il y a peu de difficultés, le projet est fédérateur, les bénévoles sont engagés. Peu de difficultés, cela représente deux points en réflexion : le manque d’hébergements en période estivale, puisque sur cette période de nombreux hébergements sont loués à des vacanciers, et la recherche de moyens financiers permettant de pérenniser le poste.

« Une fierté collective » (guillemets ou en gras?)

Le projet fait vivre les lieux par sa volonté de privilégier le local, de faire travailler et participer tous les publics : chantiers d’insertion, Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique, Institut Médico Éducatif… « On s’essaye à l’inclusion sociale » dit Annabelle.

En mai, l’association a organisé une randonnée sur tout son parcours en partenariat avec une association de Limoges qui possède des joëlettes (fauteuils de randonnée pour personnes à mobilité réduite) : un an de travail pour préparer, douze personnes à mobilité réduite ont pu participer à une partie de la randonnée, cent à cent cinquante bénévoles au total sur les sept jours. Une réussite.

Alors il y a une fierté collective de voir le contentement de tous : celui des communes qui comme Spontour voit augmenter le nombre de visiteurs, des hébergeurs, des randonneurs même si certains trouvent le sentier difficile, et surtout des bénévoles et de la population locale.

Une fierté collective d’avoir construit quelque chose ici, sans attendre une opportunité éventuelle, venue d’ailleurs. De participer à autre chose qu’à un projet touristique : le sentier relie bien plus que des lieux. Il fédère des personnes qui ne se voyaient pas, et qui ont en commun une représentation des gorges et de la vallée. Une identité au fil de l’eau.

Une aventure à portée de main

A 4 km de ce fameux sentier, à Gumond, Laurent Maitre s’est installé en mai 2016 pour ouvrir des chambres d’hôte( laverenerie.com). Randonneur passionné, il a tout de suite rejoint l’association « de villages en barrages » et c’est tout naturellement qu’inspiré par l’organisation du chemin de Compostelle, il propose depuis un service tout inclus (hébergement, repas, transfert) pour ceux qui souhaitent parcourir des tronçons ou les 200 km du chemin de villages en barrage.

Ces premiers clients sont corréziens, bordelais : un groupe de retraités souhaitant parcourir le chemin sur 10 jours, un autre groupe visant un trail de 4 jours. Il souhaite permettre aux marcheurs débutants comme aux sportifs tout terrain d’accéder à la magie de la vallée de la Dordogne préservée car classée par l’Unesco comme réserve mondiale de biosphère (seulement 11 sites en France sont ainsi reconnus), classée… mais encore méconnue.

S’il y a une trentaine d’hébergeurs le long du sentier (camping, gite d’étape…), seul Laurent assure des séjours clé en main. « L’idéal serait que d’autres proposent ce service à la carte sur l’intégralité ou quelques étapes », me confie Laurent. Il y a une quinzaine d’étape proposées dans l’incontournable compagnon du chemin de randonnée, le topoguide https://ladordognedevillagesenbarrages.com/boutique/le-topoguide-lddveb/ . Pour ceux qui lisent le format gpx, le tracé est téléchargeable gratuitement sur le site de l’association https://ladordognedevillagesenbarrages.com/

Il reste à faire connaitre ce magnifique sentier et sans doute à le pratiquer soi-même pour en être les premiers ambassadeurs. Voici une bien belle aventure à portée de…nos pieds !

Marie-Laure Petit

Le sentier de la Dordogne
La Dordogne en Corrèze
La carte du sentier de la Dordogne

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

La une du n°19 : « Promenons-nous dans les bois… »

La tête se perd, les pieds sur terre

L’édito du n°19 : « Faut-il se résigner ou se battre ? »

6 juillet 2018

Les bricoles d’Anatole : soyons autonomes au pays des atomes

Les bricoles d’Anatole : installation solaire

Une rubrique qui se débrouille toute seule ! Ici nous parlons de ce qui nous permet d’être indépendant, que ce soit pour l’énergie, mais pas uniquement. Dans une société qui connecte et contrôle tout, nous cherchons notre indépendance…

6 juillet 2018

Histoire de la forêt sur Millevaches

Dans « Miette »¹ Pierre Bergougnioux trace la dureté des hautes terres et de la vie des hommes qui y sont accrochés, et sa fin commencée au début du vingtième siècle. C’est aux alentours de 1930 qu’il situe Baptiste, opiniâtre, rude, en lutte constante avec…

6 juillet 2018

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal