
Amorce printanière. Les primevères sont sorties de terre Violettes et pâquerettes pointent la tête Annonçant un jardin bientôt en fête. Bienvenue, cher printemps. Les oies sauvages sont revenues dans les parages Pour nous donner du cœur à l’ouvrage…
Il est donc temps d’admirer, de renifler ce renouveau printanier, et se mettre à gratouiller. Même si l’hiver nous a fait une petite frayeur en nous envoyant de la neige début avril, la nature ne semble pas en avoir trop souffert. Les arbres sont en fleurs, en feuilles et prêts à tout donner. Le manque d’eau à venir semble plus inquiétant ; pourvu que toute cette nature en effervescence ne se retrouve pas bientôt à court. Malgré l’incertitude, l’énergie retrouvée donne envie de jardiner. Les semis fragiles patientent derrière la vitre, attendant le passage des coquins Saints de glace. Les plus robustes sont déjà en terre et les vivaces se réveillent à leur rythme. Il est temps pour moi de faire quelques découvertes. De gentils voisins m’ont offert des dahlias, plante que j’imaginais seulement ornementale. C’est avec surprise que j’apprends que ceux-ci sont comestibles, formidable ! C’est avec encore plus de joie que je m’applique à les installer dans mon jardin. La fleur mais aussi les bulbes, qui se consomment comme des pommes de terre, avec une saveur sucrée il paraît1. Je ne peux vous dire si c’est bon, on en reparlera en fin de saison. Mais il y a a priori autant de saveurs que de dahlias différents, il y a donc de quoi faire ! Cette plante est originaire du Mexique, elle est sensible au gel. Les jardiniers minutieux prennent le temps de les déterrer en fin de floraison pour les stocker en cave pendant l’hiver. Je compte pour ma part expérimenter sur un pied un épais paillage et croiser les doigts pour que les tiges florales ressortent au printemps suivant. J’avoue que planter des vivaces pour devoir les manipuler deux fois l’an ne m’emballe pas plus que ça ! Mais il faudra bien en sortir quelques-uns pour goûter les tubercules ! Concernant ses vertus médicinales, cette plante était déjà cultivée par les Aztèques, on imagine donc qu’elle en a ! Le blog de Kokopelli nous apprend qu’elle était « traditionnellement utilisée pour soigner la toux, les furoncles, les problèmes dermatologiques, les piqûres d’insectes,
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les coliques et pour ses propriètés diurétiques et diaphorétiques » (qui permet d’augmenter la sudation). Rien que ça ! Bref, encore une plante magique. Je commence à me demander si vraiment une plante existante peut ne pas avoir d’intérêt. J’en doute et crois que même les toxiques pour nous ont une mission.
Me voilà donc à observer mon jardin, essentiellement composé de plantes qui se mangent et/ou qui soignent, par exemple toutes celles citées en introduction sont comestibles. J’aperçois les pivoines, qui sont dans mon jardin car je trouve leurs fleurs ostentatoires magnifiques et leur parfum enivrant (en langage des fleurs les pivoines sont pourtant signe de modestie). Dans ma tête elles n’étaient donc là que pour le plaisir du nez et des yeux, sans penser un instant qu’elles pourraient aussi régaler le palais, et pourtant ! Après quelques recherches2, constat épatant, encore une ornementale qui se mange, génial ! Les pétales seraient fameux… oh comme j’ai hâte de goûter ! Les boutons floraux sont en
place, quelques jours à patienter. Sur le plan médicinal, c’est surtout la racine qui est utilisée, depuis l’époque d’Hippocrate semble-t-il, pour traiter « les affections nerveuses liées à l’appareil génital féminin » ou pour ses qualités antispasmodiques en cas d’épilepsie notamment. Je trouve les mêmes infos chez Valnet3, peut-être le journaliste du Monde a-t-il cherché dans ce même livre…
Je suis en tout cas très heureuse de ces découvertes. J’espère qu’il en sera de même pour vous. Régalez-vous bien cet été et n’oubliez pas que beaucoup des plantes à désherber sont bonnes à manger !
1 « Cuisiner le Dahlia », mon-jardin-a-vivre.com (https:// www.mon-jardin-a-vivre.com/post/cuisiner-le-dahlia). 2 https://jardinage.lemonde.fr. 3 Dr Jean Valnet, Phytothérapie – Traitement des maladies par les plantes, Maloine, 1972.
la trousse corrézienne n °43 – 21
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