
L’incal ! C’est une Série cul produite entre 1981 et 1989. Scénarisée par Alexandro Jodorowsky et mis en bulle par Moebus qui en six tomes nous offrent davantage qu’une bd SF. Un roman comique, une anticipation tragique qui raille une civilisation décadente, une humanité toxique et camée. A gros traits, les humains que l’on y voit consomment du SPV (succédané de passion violente), des homéoputes, du cocalfolk et scrutent la réalité dans un état de conscience proche du vide. Une réalité qui ne leur parvient qu’au travers d’écrans présents partout, tout le temps. Une télévision organisée pour le pouvoir du « Prez », dirigeant la « Cité puits », stratifiée en castes, du haut vers le bas. Et que trouve t-on tout en bas. Un lac d’acide, produit ultime de cette civilisation miraculeusement vivante. Et qui se cache aux abords du lac, dans les brumes pestilentielles? Une armée secrète, aussi déglinguée que toute les couches de cette cité, les Anarco-psychotiques.
Le héros c’est John Difool, détective privé minable, fils caché d’une prostituée de l’anneau rouge. Bien Malgré lui, John se retrouve au cœur d’une aventure mystique et alchimique pour « sauver » le peu qu’il reste à sauver d’une humanité soumise, béate et suicidaire.
Quand j’ai lu ça la première fois, j’avais 12 ans. Une révélation pour moi, tout y était suggéré. Notre lâcheté, notre toxicomanie, notre incapacité à renoncer aux choses sans importance, notre soumission à un pouvoir qui nous écrase en utilisant nos faiblesses. L’incal n’a été écrit que pour rire de notre inexorable condition, des luttes qui s’exercent en nous mêmes et de notre incapacité à agir autrement que par pulsion. Et puis je l’ai relu à 15 ans, à 25, et l’an dernier et la fin est toujours la même, une chute interminable depuis « suicide allée ». Cette chute de John Difool, détective privé minable, clos le récit comme elle l’a ouvert. Comme si rien n’était arrivé et n’arriverait jamais… Waouaw !
Pascal.
Pascal Brette




