
Cities : Skyline, du vieux avec du neuf
Intro, présentation du studio, date de sortie :
Nous poursuivons cette libre excursion dans le monde fascinant des constructions de ville avec cette fois-ci un jeu plus récent, “Cities : skyline”. Le jeu est sorti en 2015, soit vingt-deux ans après Simcity 2000, il est développé par colossal Order un studio finlandais. Et malgré le temps qui passe, un studio d’origine finlandaise, cities : Skyline semble reprendre les mêmes bases que simcity 2000.
Présentation
Le jeu fonctionne comme une plateforme où chacun peut le modifier avec des Mods, ce sont des petits programmes qui changent les textures pour avoir des villes avec un style européen, japonais ou qui améliore le système comme la gestion des routes, la création de pistes cyclables. Les Mods sont des contributions de la communauté des joueurs, qui façonnent et enrichissent le jeu en contenu, complexité et améliorent sa prise en main. Il y a une dimension collective qui en ressort, et le jeu doit une grande partie de son succès à cette ouverture auprès de la communauté des joueurs.
Il est possible d’avoir une ville avec une dimension écologique : des turbines éoliennes, du solaire et personne ne se demande comment ça pousse. C’est juste plus cher, et ça apparaît comme ça. Il manque aussi un autre aspect fondamental quand nous parlons de l’écologie, c’est la durabilité des sources d’énergie, à un moment, les machines s’usent et il faut les remplacer. Actuellement, aucune nouvelle source d’énergie ne peut remplacer l’efficacité du pétrole et du nucléaire. Et il n’y a aucune remise en question sur l’usage des énergies renouvelables, dans le jeu, notamment sur les métaux utilisés, ni de questions géopolitiques comme le gaz vendu en Russie. Dommage, cela aurait apporté un peu de piment dans le jeu. Et s’il y a un domaine où le jeu réussit à retranscrire une réalité, c’est que l’écologie est devenue une paroisse, une dictature verte : quand on installe une éolienne, un raz de marée de smiley vert et heureux apparaît.
La mécanique du jeu, la simulation, ne change pas. Comme Simcity, Cities : skyline utilise un zonage simplifié : espaces commerciaux, des lieux de résidence et des industries sans pouvoir les mélanger réellement. Ainsi, on reprend ce même schéma de circulation métro-boulot-dodo.
Dans cette économie globalisée, l’économie de la ville dépend énormément du trafic routier, à la fin le jeu devient même un excellent simulateur de trafic où les joueurs deviennent des plombiers et sont capables d’imaginer de magnifiques ronds-points qui desservent toute la ville avec la minutie d’une montre.
Le système dynamique
La ressemblance du jeu avec Simcity 2000 est en partie dû au système dynamique, plus précisément à ses règles qui régissent la simulation. Un système dynamique est un ensemble de processus dont l’évolution dans le temps est déterminé par une série de lois physiques déterministes. Il peut être aussi chaotique [1] c’est le modèle scientifique qui nous sert à modéliser météo et à la prédire, relativement.
Dans le jeu, en fonction des services mis en place comme les écoles, du travail disponible, nous aurons une évolution qui se traduira par un développement plus ou moins important de la ville. Le problème de cette modélisation est qu’il est impossible d’imaginer autre chose qu’une société de consommation pour faire tourner cette ville virtuelle, l’espace laissée à la biodiversité est nihiliste et anthropocentrique.
En effet, la ville telle qu’elle est modélisée apparaît ici comme une somme d’individualités humaines. Et c’est avec un certain cynisme qu’elle prend aussi en compte les différentes classes sociales de la population, en fonction du nombre d’écoles installées, pour les répartir dans les industries, dans des emplois plus ou moins valorisés. Autrement dit, le joueur doit limiter l’éducation et proposer un travail adéquat à ses habitants.
Le maire, le joueur, concentre toutes les décisions politiques, il est l’architecte de sa ville, et c’est super car il aura le plaisir de la voir grandir, se développer, de la décorer, de gérer un peu son économie. Cependant, un peu de frustration, d’ingérence de la population et de politique dans les décisions du joueur c’est bon aussi !
Antoine Retoré





