
L’école française se place au dernier rang des pays de l’OCDE concernant l’égalité scolaire : l’école primaire ne résorbe pas les inégalités sociales et le collège les amplifie fortement.
L’une des premières causes de ce fléau est qu’il existe dans notre pays des écoles « ghettos de pauvres » et des écoles « ghettos de riches ». Cette ségrégation structurelle est avant tout appuyée sur une ségrégation résidentielle : l’école française est, schématiquement, organisée en cercles concentriques, du centre-ville où résident plutôt les classes aisées, jusqu’aux banlieues réservées aux citoyens pauvres.
Cette organisation scolaire correspond donc à une organisation de l’habitat dont la gentrification est le maître mot.
Dans des conditions similaires, les pays du Nord, et notamment la Finlande, ont pourtant réussi à organiser leur carte scolaire selon un découpage tout autre, sur le modèle schématique des parts d’un camembert. Ce choix déterminant leur permet de garantir une relative homogénéité des écoles sur tout le territoire, qui a pour conséquence directe une grande mixité sociale et par là même une meilleure réussite potentielle de tous les élèves (y compris les élèves issus de milieux favorisés, dont toutes les études montrent qu’ils apprennent mieux dans ces conditions, l’entre-soi n’étant pas porteur de réussite scolaire).
S’il paraît louable de revendiquer que chaque quartier puisse disposer de son école, voire de son collège public, il faut donc en conclure que la diminution des inégalités scolaires (et l’amplification des inégalités sociales qui en découle) passera forcément par une meilleure organisation de la mixité sociale dans les établissements scolaires ou, encore mieux, dans les quartiers.
Et ce d’autant plus que tous les dispositifs de zones ou de réseaux d’éducation prioritaire sont totalement contre-productifs, comme je le détaillerai dans un prochain épisode.
Stlaf





