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La Trousse Corrézienne

LTC 50 · 1 avril 2024

Il était une fois l’OCCE

Il était une fois l’OCCE — La Trousse corrézienne n°50

J’ai personnellement découvert l’Office Central de la Coopération à l’École (OCCE) par le hasard de projets et d’amitiés. Pourtant j’ai été élève, je suis parent d’élève, déléguée, mais je n’avais pas du tout compris qu’un tel ovni protéiforme accompagnait ma scolarité ou celle de mes enfants. Maintenant je connais, et je dirais que l’OCCE c’est un peu comme le gentil monstre d’un conte de fées, unique en son genre, on ne le voit pas tout le temps, mais il est là, dans les écoles, il veille et gagne vraiment à être connu. Une fois qu’on le fréquente il nous met du baume au cœur, nous donne de la force, et on ne veut plus s’en passer.

Né en l’an de grâce 1928, de la rencontre entre des « membres de l’enseignement et de[s] militants de la coopération, adultes convaincus de la nécessité d’enseigner, dès l’école, les principes et les vertus de la coopération 1 ». L’OCCE est un mouvement d’éducation populaire et un mouvement pédagogique, complémentaire à l’Éducation nationale. Il a pour mission de promouvoir la coopération dans et surtout dès l’école. « Ce projet coopératif d’éducation se réfère fondamentalement à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, texte supra-constitutionnel qui affirme l’intérêt supérieur de l’enfant 1 ». Ce qui me met du baume au cœur c’est la compréhension que j’en ai : son existence est, pour moi, la reconnaissance d’un courant de pensée qui dit que l’école ce n’est pas simplement la passation de savoirs mais un lieu, espace, temps où l’on existe, où des choses importantes se passent. Dans cette vision, l’enfant n’est pas simplement objet apprenant, mais sujet capable de participer à son propre développement, et c’est ce que je souhaite pour mes enfants. Pour accomplir sa mission, l’OCCE passe par trois leviers : la formation de la communauté éducative (les enseignants, mais pas que), l’animation ou la coordination de projets pédagogiques et, le versant le plus connu : la gestion des coopératives scolaires.

Les coopératives scolaires En France, l’accès à l’école publique est gratuit mais, il a bien un coût. Les municipalités financent le fonctionnement et l’Éducation nationale finance l’enseignement. Entre les deux il peut y avoir un monde, des projets, des idées, des envies, des sorties, des besoins financiers… C’est cela qui est pris en charge par les coopératives scolaires, le montant varie d’une école à l’autre en fonction notamment de la vision et des capacités de la municipalité. L’OCCE travaille avec les écoles publiques en synergie avec l’Éducation nationale. Pour des raisons logistiques, l’OCCE est souvent présente dans les écoles maternelle et primaire 2 , car elles n’ont pas d’entité juridique propre et ont besoin d’une entité extérieure pour gérer leur coopérative scolaire. Lorsque ce n’est pas

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l’OCCE qui accomplit ce travail, c’est l’Usep 3 , Une boucle de rétroaction positive une association rattachée à la Ligue de Pour cet article, pour mieux comprendre, j’ai l’enseignement, mais c’est une autre histoire… interviewé Thierry. Je pose plein de questions mais ma grande interrogation est la suivante : L’OCCE recommande de mettre en place un est-ce que ça marche ? Ou au pire, comment conseil coopératif. « C’est un lieu de faire pour que ça marche ? propositions et d’écoute, de négociation et de prises de décisions, d’expression sur la vie en Sans remettre en question l’OCCE, mais communauté et de régulation. En d’autres sachant le contexte actuel, que l’école est dans termes, il permet l’initiation, par la pratique, au l’état dans lequel elle est, qu’elle manque de fonctionnement du débat démocratique et à tout, je sens que j’ai du mal à associer dans ma l’émancipation de l’élève. » Chaque école, tête les propositions de l’OCCE et l’école chaque classe, décide ou non de s’en saisir. publique. Voici sa réponse : L’enseignant est le garant du bon « Ça marche. Coopérer c’est vivre autrement, fonctionnement, mais les décisions sont ça peut passer par les arts, par la culture. Hier, collectives, c’est un pas de côté, un partage du j’étais dans une école et 48 enfants de pouvoir. maternelle ont pu faire de la philo, se sont posés les questions que tout le monde se pose. L’OCCE en Corrèze Ces temps existent grâce à la coopération. L’OCCE, et l’OCCE19 a fortiori, c’est un L’OCCE a deux jambes, il y a deux courants rassemblement d’enseignants et enseignantes, dans le mouvement. Il y a un côté légaliste, d’éducateurs au sens large, qui coopèrent. gestionnaire, d’accompagnement administratif C’est un lieu physique à Tulle, lieu où vous et un autre côté plus pédagogique sur les pouvez vous rendre et serez très bien reçus, mécanismes de coopération. Ces deux probablement par Thierry Titone, personnage branches sont incarnées au sein du conseil aux multiples casquettes, grand facilitateur d’administration national ce qui donne une local ou plus officiellement animateur grande cohérence. Ça fait presque cent ans que pédagogique. l’on propose une alternative économique avec Ce lieu abrite un vrai centre de documentation un projet de société coopératif et l’Éducation avec entre autres de nombreux ouvrages sur les nationale nous soutient, c’est un bon différentes pédagogies, la coopération. Il y a 150 compromis entre l’idéal autogestionnaire et le jeux que l’on peut emprunter, tout comme les principe de réalité. livres. Il y a aussi du café, du thé, c’est C’est engagé de porter un projet coopératif chaleureux, c’est respectueux. Les gens qui y dans le monde dans lequel on vit, un projet en sont et qui y passent, salariés, militants ou opposition au modèle compétitif. » bénévoles, sont débordés mais prennent le On en vient à la boucle de rétroaction, l’OCCE temps de s’écouter, de discuter. Il y a un confort est une proposition alternative concrète, mais à se retrouver entouré de personnes qui comme tout processus collectif, pour le faire s’intéressent à la coopération et qui ont choisi fonctionner, il faut s’en saisir et y participer. Elle de conspirer au bien des enfants. ne prend son ampleur que si l’on s’en sert. L’OCCE en Corrèze c’est aussi une somme de Thierry me rappelle que « les droits qu’on perd rendez-vous chaque année, beaucoup d’entre sont ceux qu’on n’utilise pas ». À nous tous, eux hors les murs. Des actions pédagogiques : enfants d’abord s’ils en ont connaissance, mais ateliers philo, poésie, radio, écologie, créations aussi parents, enseignants et proches de faire collectives, droits de l’enfant… Des formations : vivre l’Office Central de la Coopération à l’École. apprendre et enseigner dehors, coopération. Des débats, sur la question de l’autorité par 1 https://www2.occe.coop exemple. Et bien sûr des animations dans les 2 85 % des écoles en France et 55 % des écoles en écoles. Corrèze 3 Union sportive de l’enseignement du premier degré

APRIL O’NEIL

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