C’est à la fin des années 1990 que l’État français a commencé à faire comme son voisin allemand, mais contrairement à ce dernier, contraint et forcé par une directive européenne. Au début, ça a donné un peu n’importe quoi, comme à Avignonet-Lauragais (Haute-Garonne) en 2003 : il y a bien eu dix machines de 750 kilowatts (kW) installées mais la commune limitrophe n’a jamais été consultée ni ne perçoit de taxe professionnelle alors qu’elle a les machines devant son nez. Bonjour la nouvelle ambiance entre voisins ! Alors pour faire en sorte qu’un projet résulte d’une concertation intercommunale, la circulaire du 19 juin 2006 (1) a inventé la ZDE : zone de développement de l’éolien. La ZDE était toujours rédigée par le préfet à partir du schéma régional éolien (SRE). Ce qui changeait, c’était que ce document était proposé par des établissements intercommunaux. Par exemple sur le canton de Mercœur il y avait trois ZDE rédigées à l’initiative de la communauté de communes, pour un total de trente éoliennes. Mais patatras, la loi du 15 avril 2013 a abrogé l’ordonnance créant les ZDE : ça freinait probablement trop l’atteinte des objectifs.
En février 2013, un nouveau SRE (2) pour le Limousin a été rédigé non pas par la préfecture, mais par le cabinet conseil Abies SARL. Cette entreprise basée en Haute-Garonne a réalisé un chiffre d’affaires de 1,34 million d’euros en 2015. Elle gagne cet argent en vendant des études d’impact pour les holdings promotrices des projets de grand éolien. Son dirigeant s’appelle Paul Neau, par ailleurs membre du conseil d’administration de l’association Negawatt (marque enregistrée à l’INPI). Le SRE nouveau de Neau en 2013 a notamment pour objectifs « l’intégration, le plus en amont possible, des éléments majeurs d’acceptabilité sociale » et surtout « un élargissement des zones favorables ». Bref : implanter coûte que coûte. Bon nombre d’assertions affirmées dans ce document sont contredites par les associations et les particuliers, nous les détaillerons ici.
Le 12 janvier 2017, après la plainte de plusieurs associations et particuliers, la cour administrative d’appel de Bordeaux a définitivement annulé le SRE de Paul Neau (3). La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de Nouvelle-Aquitaine le met toujours en avant dans sa présentation de l’éolien en Limousin (4) ; pourtant, en langage administratif, c’est comme s’il n’avait jamais existé !
Enfin, en Corrèze, nous sommes concernés par le développement de l’éolien dans les régions limitrophes : région Auvergne-Rhône-Alpes avec le Cantal à l’est et région Occitanie avec le Lot au sud.
1. Cette circulaire du 19 juin 2006 n’est pas publiée au « Journal officiel ». Une ordonnance datée du 9 mai 2011 a créé les ZDE :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do ; jsessionid=F9F3C94B40A554F1B6286455A5119F1D.tplgfr35s_3?cidTexte=LEGITEXT000023983208&idArticle=LEGIARTI000023986419&dateTexte=20180409&categorieLien=id#LEGIARTI000023986419
2. www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/SRE_Limousin_2013_versionfinale1.pdf
3. http://agirpourlaxaintrie.fr/spip.php?article107
La fiche technique d’une éolienne industrielle
Socle : 1 500 tonnes de béton et d’acier, qui resteront même après un « démantèlement »
Mât : 90 tonnes d’acier, 6 mètres de diamètre à la base
Pâle : 125 tonnes composite fibres de verre, fibres de carbone, résines ; non recyclable
Nacelle : 157 tonnes
Génératrice : jusqu’à 2 700 kilos de néodyme (parmi les fameuses « terres rares ») pour fabriquer une éolienne de 3 MégaWatt (MW).
Éoliennes, Terres rares et désastre environnemental : une vérité qui dérange (même les ONG)! : https://augustinmassin.blogspot.fr/2017/03/eoliennes-terres-rares-et-desastre.html)
Cuivre : 3,4 tonnes par MégaWatt
Raccordements THT (Trés Haute Tension), transformateurs : nécessité de construire de nouvelles lignes et de nouveaux transformateurs (voir le projet à Saint-Victor et Melvieux en Aveyron https://douze.noblogs.org/)
Démantèlement : voir le devis de la société CARDEM en 2014 pour une éolienne : 413 781,78 euros (http://agirpourlaxaintrie.fr/IMG/pdf/cardem.pdf), à comparer avec les 50 000 euros prévus par éolienne, par tous les promoteurs actuels en Corrèze…
Bilan carbone : l’empreinte carbone est essentiellement due aux fondations et à l’acier ; voir par exemple l’étude de BCO2 http://www.bco2.fr/en._eolienne_057.htm





