
« Oui ! se mettre en marche vers un monde meilleur », tourner son regard vers l’intérieur et contempler sa beauté. Écouter sa propre voix, faire résonner ses propres mots, enchanter le monde et faire taire les polémistes en tout genre. Le couchant le happe vers le bas. Il rêve de la paix intérieure comme un songe lointain, inaccessible. Il rêve sa vie au lieu de vivre une vie de rêve. Embourbé dans un tas d’idées , il erre de passage en passage vivant une vie parallèle pas bien réelle, se perdant dans le labyrinthe de ses pensées. Rien n’est aimanté en lui, l’attirant vers un nouvel ailleurs. Dans le ravin en dessous du fil tendu où il s’est perdu, pas d’horizon. Que les lignes escarpées d’une falaise aride et inhospitalière. Le rêve devient cauchemar, la succession de hauts et de bas s’est transformée en trou dans lequel il regarde le monde d’en-dessus comme une chimère. « Cette vie de courage ne sera jamais mienne », le désespoir l’envahit et la remontée devient impossible. Solitude extrême… Pourtant le désir de réalisation le pousse à essayer. Il sent ses pieds toucher la terre ferme. Sa respiration essoufflée lui rappelle son vivant. Sa transpiration évacue son stress. Il se sent tiraillé entre la dissonance et l’envie d’harmonie, le chaos et le désir d’ordre. La confusion et l’agitation sont remisées en arrière fond. Le calme et la clarté assainissent son équilibre. Il goûte au silence. Le brouhaha de la foule lui parvient. Il commence à se chuchoter à lui-même de n’y prêter guère attention. « Reste concentré, prépare-toi à faire ta grande traversée ». Une pause bien méritée lui permet de contempler derrière lui le chemin parcouru. Il s’assoit et ressent en lui un soupçon d’acceptation et de gratitude. Le sommeil le harponne en lui-même, la confiance s’enracine. Il commence à sentir la présence- intérieure d’une caverne paisible. La respiration agrandit cet espace, devient la terre d’accueil d’un monde meilleur.
Yoéva




