
Difficile de lâcher prise quand les émotions s’emparent de notre corps. On est là submergé, retourné , déboussolé, bringuebalé, essoré, écrasé, déchiré … juste envie de crier … et là une amie arrive tout sourire et nous dit « lâche-prise ». Ben oui ! il faudrait que … mais là il ne s’agit pas de chasser une mouche, d’un grand revers de main. Elle garde le sourire en insistant « Respire un bon coup et ça ira mieux ! ». Oui, à ce moment là, on a envie de lui souffler avec un grand éclat de voix mais on se retient comme on fait tout le temps, on prend sur soi, on dit rien, on fait bonne figure, on encaisse … Mais là c’est peut-être l’occasion rêvée de tout faire exploser, de s’exprimer à bronches déployées. Enfin ! Dégoupiller ! Désoupaper ! Vidanger les vieux déchets ! Oui une solution qui ne manque pas de panache !! qui en jette aux yeux ! Au moins elle comprendra que son conseil à deux balles ne peut pas marcher dans un cas aussi désespéré. Et puis là en une fulgurante seconde, l’éclair d’un instant, l’esprit change de point de vue. Le revers de conscience qui pourrait toucher en masse et faire sortir de l’aveuglement la terre entière. Juste une brèche, un écart comme une fosse à recycler nos émotions. L’amie, la conscience qui a pointé le bout de son nez, a permis aux émotions de se composter. Elle a arrêté le cours du temps pour donner un répit et questionner. La conscience est devenue innovante. Elle a permis à l’esprit de germer de nouvelles perspectives, de sortir du mode réactionnaire pour ouvrir les portes du dialogue créatif.
Yoéva



