La poussière sied aux blasons ancestraux des communes de France et de Navarre. Les vieux symboles hérités d’un autre âge, non sans rappeler les armes des dynasties locales au nom desquelles ployait l’échine de générations de paysans, s’impriment encore, sans plus se lire, en tête des lettres des mairies. La République, conciliante, assimila ces signes dans son double triptyque emblématique.
L’héraldique moderne se nomme « logo », diminutif de logotype. Ces symboles graphiques produits par les professionnels de la communication ne sont, eux, pas pour durer. La ringardise les gagne en quelques années quand ce n’est pas l’effet de l’obsédant désir de marquer son territoire à la faveur d’une conquête victorieuse.
Justement, comme tous les Navarois, j’ai découvert avec l’intérêt d’une citoyenne attachée à sa commune le nouveau logo de Naves. Quelle synthèse entre la gueule menaçante et métallique de cet animal tout droit sorti de la mythologie celtique et l’allure élancée, même aérienne, du viaduc stylisé de l’A89. Entre notre déjà lointain passé (enfin, pour qui aurait encore un peu de sang gaulois dans les veines) et notre modernité.
Tout de même, c’est bien cet ornement de carnyx qui fige le regard, semblant mettre en garde quiconque défierait la communauté villageoise qu’il représente ! Chacun sait depuis une décennie, à cent lieues à la ronde de Naves, que dis-je, sur tout le vieux continent et au-delà des océans, qu’un carnyx était une trompe de guerre chez les Celtes. Uderzo l’avait moult fois représenté, sonnant des charges héroïques parfois loin du village gaulois. Cette trompe à la sonorité animale est désormais l’emblème de notre village à nous, et de notre chef Jerretix !
Mais au fait, quelle mouche l’a piqué, Christophe, avant de publier sa chronique maïorale dans le premier bulletin municipal de l’année (Naves infos de janvier 2016 – https://lc.cx/4MGX (mieux vaut utliser des raccourcisseurs d’url) ?
« L’homme est un animal politique », selon Aristote. Et Monsieur Jerretie, en bon disciple du philosophe grec, entend nous instruire sur « Le mot et la notion de politique » !
Autant le dire tout de suite, bien que je ne sois pas particulièrement sotte, je ne suis pas sûre d’avoir bien compris ni le sens, ni le but du propos : plus de vingt lignes pour nous rappeler (ou nous enseigner) l’étymologie grecque du vocable « politique », substantif et adjectif, pour nous guider dans l’histoire du mot de l’Antiquité grecque à nos jours en passant par le Moyen Âge. Pour nous rassurer enfin : l’équipe municipale et le maire lui-même comprennent la politique « au sens noble du terme ». Pourquoi ? Y aurait-il un autre sens ?
Après ce docte exposé qui pourrait introduire un cours de première année de Science Po, me permettez-vous, Monsieur le Maire, à moi, Blanche-Neige, de vous appeler « Prof » ?
Ah ! Une dernière requête tant que j’y suis : dans votre chronique du prochain bulletin municipal, n’oubliez pas de parler de notre attachante commune de Naves !
Blanche Neige




