
Puisque le dossier du mois réunit un florilège de nouvelles sur le thème des histoires d’amour ratées, on m’a demandé si je voulais bien rédiger l’histoire de, sur ce thème.
Alors d’abord, dans ce cas, quand commence l’histoire ?
J’ai d’abord pensé à Adam et Eve, eh bien oui, quoi, l’origine de l’humanité ! Soit. Cette histoire, c’est déjà un non-choix. Dieu prend une côte à Adam, et en fait une femme. S’aimaient-ils vraiment ? On ne le saura pas. Puis Eve enfreint la loi divine en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance. Adam succombe également… et dénonce sa chère et tendre au Créateur qui les bannit du jardin d’Eden et les condamne à la mortalité, la souffrance et la concupiscence. Bref, l’histoire commence mal, et finit encore moins bien.
Cela dit, avant l’humanité, il y avait les dieux, ceux des mythologies. Peut-être l’amour aura-t-il eu ici plus de chance ? Prenons Apollon, dont Cupidon s’est vengé en le faisant tomber éperdument amoureux de Daphnée, alors qu’elle-même ne peut que fuir cet amour. Apollon la poursuivra jusqu’à ce qu’elle préfère renoncer à sa beauté… et se transformer en arbre. Raté.
Et Orphée, amoureux d’Eurydice ? Ah, enfin, ils s’aiment vraiment ces deux-là. Sauf qu’Eurydice se voit contrainte de fuir un berger fruste dont elle refuse les avances. Dans sa fuite, elle marche sur un serpent qui la mord. Elle succombe. Orphée ne lâche pas l’affaire et descend aux enfers pour chercher sa bien-aimée, qu’il finit par perdre à tout jamais. Encore pas de bol.
La littérature nous sortira-t-elle de ce triste destin ? Quand on pense amour en littérature, on pense par exemple à Tristan et Yseult. Tristan ramène Yseult à son roi pour qu’elle devienne reine. Par mégarde, ils boivent un filtre d’amour, et patatras. Les voilà dans de beaux draps (au sens figuré s’entend). Évidemment, ça finit très mal. Gardons en tête cette ronce qui unira leurs tombeaux… Chouette !
Bon, alors Roméo et Juliette ? Shakespeare, on compte sur toi ! Roméo et Juliette, enfants de deux clans que tout oppose, tombent amoureux. Le cousin de Juliette s’y oppose et provoque Roméo en duel. Un ami se substitue à lui et meurt. Fou de rage, Roméo tue le cousin. Il est alors condamné à l’exil. Le père de Juliette décide alors d’avancer le mariage de sa fille, prévu de longue date avec le comte de Paris. Pour y échapper, elle boit un filtre qui la fait passer pour morte. On l’enterre donc vivante. On envoie quelqu’un prévenir Roméo pour qu’il la sorte du tombeau, mais malheur, un autre lui annonce la mort de la belle. Il décide de s’empoisonner auprès de son aimée. Il la regarde et boit le poison. Juliette est sauvée in extremis, juste à temps pour voir Roméo mourir. Elle se donne alors la mort avec la dague de son amant. Pas mal, non ?
Paul et Virginie ? Deux enfants nés dans le péché de deux mères devenues amies dans leur exil à l’île Maurice. Les enfants sont élevés en frère et sœur, jusqu’à l’adolescence ou l’amour les surprend. Ah, c’est beau ! Mais c’est sans compter sur la tante super riche et aristo de Virginie qui la fait venir en métropole. Virginie est bien contrainte au mariage, et préfère renoncer à tout, sauf à Paul. Elle revient donc sur son île, le bonheur est presque là… mais le bateau fait naufrage. Elle pourrait être sauvée, mais pour cela il faudrait qu’elle se déshabille. Eh bien non, elle préfère se noyer habillée que vivre dénudée. La cruche. Paul meurt de chagrin, et les deux mères aussi.
Bon, alors, dans les chansons ? Vous savez ce qui est horrible, c’est que les deux chansons qui me viennent en tête, là, tout de suite, c’est « Le téléphone pleure » de Claude François (no comment), et « Un enfant de toi », de Phil Barney. Mais si, cette chanson atroce (sur tous les plans), où le gars parle de cet enfant qu’il voulait avec son amoureuse, et puis elle meurt pendant l’accouchement ! Voilà, eh bien comme moi, je vous souhaite de l’avoir en tête pendant les quelques jours à venir, et vous n’achèterez plus jamais « la Trousse corrézienne » !
Céline Perrin



