Lors du conseil municipal de Tulle du 2 juillet 2019, une conseillère municipale a souhaité publiquement se féliciter de ma démarche dans le cadre de l’enquête publique concernant le déclassement d’une parcelle du domaine public en vue de la construction d’un bâtiment privé par Pitch promotion. Les élus regrettent en effet souvent le manque d’implication des habitants. Mon article dans La Trousse corrézienne n°24 révélant ce que le commissaire enquêteur avait jugé bon d’écarter a constitué l’élément déclencheur de cette intervention1.
À cette occasion, le maire m’a évoqué en tant qu’ « administré », avec le substantif : un administré2. Ce terme m’a paru méprisant, et particulièrement malvenu en cette situation dans laquelle j’ai activement fait preuve d’intérêt pour la ville. Le contraire de la passivité que sous-entend le terme employé.
Alors je m’interroge quant à ce que reflète l’usage d’un tel mot en cette circonstance. Cela manifeste-t-il la vision suivante : le maire, avec son équipe, administre, les autres habitants sont administrés ; les uns agissent, les autres sont – doivent être – passifs ? En extrapolant, cela signifie-t-il « reste à ta place d’administré », impliquant la nécessaire soumission des habitants ? Ce que pourrait laisser penser la teneur de la réponse qui a été faite à mon courrier (voir article p.XX).
Cela n’aurait d’ailleurs rien de surprenant lorsqu’on sait le respect que porte le maire aux électeurs depuis qu’il a présenté sa candidature à la députation en 2017, se mettant dans la situation de devoir, s’il était élu, abandonner un mandat qu’il s’était engagé à exercer.
Ces politiciens s’interrogent-ils sur le sens des mots qu’ils emploient ? Et quelle conception ont-ils de ce qu’ils nomment la démocratie ?
1 – Vive la presse libre !
2 – Selon Le petit Robert : « Personne soumise à une autorité administrative ».
Christophe Gibiat



