
Euh oui, avec plaisir… mais je préviens ça va être léger, je suis en mode vacances là. Et le mode vacances, pour moi, c’est un peu comme le mode avion de l’acharnement militant. Je ne renie pas mes valeurs attention ! Je fais mes valises en pleine conscience et je mets juste ma colère en veille. Je l’oublie… D’un coup, face à l’artisan glacier, j’oublie de remarquer ironiquement que la pêche broyée-glacée n’est pas naturellement verte. Puis, pour éviter une longue suée à nos couvreurs, je m’autorise la clim et j’oublie de râler parce que Vinci passe aussi de bonnes vacances grâce à nous. Le dimanche soir affamée (oh putain c’est dimanche !) j’oublie, sourire aux lèvres, que le rayon bio du Leclerc ne m’offrira rien de bien frais, ni de bien local, ni même de vraiment bon pour Nous-Tous… Et au beau milieu du dîner de famille, je vois jusqu’à oublier de traiter mon oncle « qui a bien réussi » de suppôt de Satan ! Sans doute parce qu’au fond, je l’aime quand même. En somme, sans agenda, sans Facebook, sans GPS, j’accueille plus sereinement mes contradictions, j’arrête de culpabiliser pour un oui pour un non, je lâche la grappe des autres, j’essaie même d’oublier de juger ! C’est peut-être pour ça que les vacances devraient durer toute l’année ! Du soleil au cœur, du temps pour écouter, partager de la douceur… vivre en mode avion, comme un autre engagement qui me rend plus humaine que l’acharnement militant.
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