
L’urinette portative ou pisse-debout (attention, marque française désormais déposée), petit objet de plastique, silicone ou carton, destiné à toute personne dépourvue de pénis, connaît une incroyable augmentation de ventes ces 3 dernières années en France. J’ai donc cherché à en savoir plus sur ce petit gadget « révolutionnaire » (paraît-il)…
Ça ressemble à quoi ?
En général, l’urinette est de forme cônique et ressemble à un mini bassin de lit d’hôpital, de forme plus allongée et ergonomique, se terminant par un court tuyau ouvert, ou encore à un entonnoir, selon les modèles. De nombreuses marques déposées ont vu le jour ces dix dernières années, et avec elles autant de formes, couleurs et packaging différents. Vous pouvez donc désormais vous soulager dans une urinette « durable », à nettoyer après usage, ou une jetable, moins onéreuse. Libre à vous de faire pipi dans du silicone rose fluo si vous êtes plutôt « teen », ou du carton recyclé plus sobre si vous êtes plutôt « green attitude ». Le panel de choix est conséquent, et le marketing est partout, jusqu’au bout de votre urètre.
De l’urinette made in France
On trouve actuellement des urinettes portatives venant de Grande-Bretagne, d’Allemagne, des EU ou encore de République Tchèque ou d’Argentine.
Au milieu de cette cohorte de tuyaux en tous genres, la France tire son épingle du jeu depuis 2014 ; désormais pionnière avec sa marque déposée du « pisse-debout », créée par l’Héraultaise Magalie Chailloleau, elle propose le seul modèle qui soit à la fois jetable, biodégradable, compostable et fabriqué entièrement à Montpellier (Cocorico). Sur son site internet malicieux et plein d’humour, vous saurez tout sur son utilisation et les joies qui peuvent en découler, comme « vivre une régression consciente vers votre petite enfance quand vous pouviez vous balader nue en couche-culotte et faire pipi en plein milieu du salon ou sur les genoux de mamie ».
La société Pissedebout a le vent en poupe, puisqu’elle a écoulé plus de 50 000 pièces en trois ans. On en trouve même dans quelques magasins Auchan à Marseille et Velizy, et face à une demande croissante, le « Pisse-debout » serait bientôt vendu dans de nombreux supermarchés français.
Du pratique…
L’urinette portative peut vous sauver la mise dans pas mal de cas ; à commencer par les sportives. Ainsi, au ski, plus besoin de se retenir jusqu’à la pause déjeuner et les toilettes du resto, alors que les hommes peuvent se soulager au bord de la piste. Même chose si vous participez à une sortie rando, VTT, raid ou trail en tout genre. En bateau aussi, pas facile de sortir les fesses par dessus bord sans basculer. Les fêtardes représentent également une part importante des utilisatrices ; en festival, dans les campings ou au bord de la fosse, les toilettes sont parfois loin ou la file d’attente trop longue. Ne reste plus qu’à dégainer son pisse-debout et retourner au pogo. D’ailleurs, aux Pays-Bas ou en Angleterre, des festivals proposent déjà des urinettes fixes spécialement conçues pour les femmes utilisatrices d’urinettes portatives.
… à l’indispensable
Outre le côté pratique du boycott des toilettes publiques et la fin des chaussures et des bas de pantalon éclaboussés, l’urinette a d’autres vertus.
Comme le dit subtilement Magalie Chailloleau sur son site, le pisse-debout est aussi « pour les personnes qui n’entrent pas dans les cases qui leur ont été assignées à la naissance ». Il leur « offre la possibilité de faire pipi comme elles en ont envie, plus facilement, plus librement ».
Certaines personnes en situation de handicap peuvent aussi y trouver leur compte, ou des femmes qui souffrent d’incontinence et peinent à se retenir.
Car statistiquement, les femmes se retiennent d’uriner bien plus souvent que les hommes, mais n’en ont souvent pas conscience, puisque c’est un réflexe quasi-quotidien, et ce depuis l’enfance. Il est, depuis longtemps, plus facile pour un garçon de faire pipi dehors que pour une demoiselle qui ne saurait montrer son blanc derrière en public.
Une question me vient tout de même. La vraie révolution des mœurs ne résiderait-elle pas dans l’affranchissement de toutes ces normes pudibondes, qui nous empêchent de sortir nos fesses lorsque l’envie nous saisit ?
Il semble que nous soyons encore à un jet de pipi de l’égalité…
Debout ou accroupis, tous unis !
Sousou




