
Brive, Tulle, Chanteix
vous trouverez une halle Georges Brassens
mais pas son esprit libertin
depuis que les gaillardes amaigries
ouvrent leurs cuisses ovales
à des hordes de mercenaires égrillards
et se marient avec les auteurs du pays.
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Tulle, long corridor glacé,
fondé par Saint Martial,
célèbre pour sa robe de mariée,
a dû importer du chanvre
un jour de juin 1944
les invités allemands
ne firent pas dans la dentelle
depuis, ils ignorent la cour
Martial
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S’il est un village de Corrèze qui nous invite à chanter
c’est Chanteix
S’il est un village de Corrèze où les clameurs rivalisent avec les slameurs
c’est Chanteix
S’il est un village de Corrèze où la farce dure sous les rires bon enfant
c’est Chanteix
S’il est un village de Corrèze où quelle que soit la météo le zinc est joyeux
c’est Chanteix
S’il est un village de Corrèze oublié de sa Seigneurie Ponts et Chaussées
c’est Chanteix
S’il est un village de Corrèze où chanter en chœur est un sacerdoce laïc
C’est Chanteix
César Cassarine
Spleen
Se blesser sur des éclats d’amour Volants dans les vents de l’angoisse Pleurer dans de vaines attentes au coin du jour Mourir de n’avoir su trouver une vie qui ne lasse Chercher un sourire apaisant Oh ! Juste un sourire apaisant Chercher quelque espoir dérisoire Englué sur le tapis gris de l’ennui. Chercher un regard dans le noir Un pétillement dans la nuit.
Désordre
Désordre dans nos cœurs et nos espoirs, la machine est en place pour racler le fond du puits. J’enrage à l’intérieur, je capitule à l’extérieur. Penser, imaginer, rêver encore encore encore
sentir le sang coulé chaud pour que les bâtiments gris s’éblouissent
Pas le temps de respirer ni de marcher, mais masturbons nous un bon coup c’est l’évasion du jour;
censurer au plus près et regarder la télé pour censurer nos pensées
censurer notre intelligence oubliée disparue TF1 est ma mère mon père mon idéal
connaître la routine qui balance et enivre à vin rouge avec les haricots de lundis pour repartir encore pour lundi
les années passent et lundi est toujours le même, TF1 berce toujours autant maman va au lit tôt car demain il est encore lundi
réfléchir pour rien dire face au mercure qui monte de la tête du voisin, transpirer pour aller acheter le poulet qui me fera marcher pour aller acheter des chaussures qui me feront marcher pour aller au travail qui me fera marcher jusqu’à chez moi qui me fera marcher jusqu’à demain qui me fera marcher jusqu’au poulet.
Encerclement médiatique de la cervelle moutonnière Téléguidage robotique de l’amour grésillant dans le pré Liberté s’exprime par l’expression de mon blouson dollars au dessus de toi
Rage rage rage rage rage rage rage rage contre contre contre contre pour la peau du sexe domiciliaire Etouffe.
johan
Triste sommeil
Corps écorchés, fatigués, las
Moment éloigné, proche, futile
Deux êtres endormis / Des yeux pour pleurer
Des rêves ironiques / Des gorges nouées
Des mots étouffés, salaces, nuls
Signal incertain, vague, lourd
Mais ne suis-je point là sur le lit d’un mort ?
Illusions
Vous aviez vu l’aurore, je n’étais qu’un enfant Vous parliez de musique, de monde et d’océan Je revois ces pensées, je revois ces chimères Il y a déjà longtemps, quelques temps en arrière
Vous aviez vu le jour, je n’étais pas très grand Gai, sombre et révolté, idiot d’adolescent Je me laissais souvent de ça de là rêver Que vous étiez l’ami de cette liberté
Vous aviez vu le soir et j’étais déjà vieux Inscrit dans un présent, attaché à des pieux Des pieux de société où les bons gens se pendent Plutôt que d’aventure attraper votre offrande
Vous aviez vu la nuit et j’étais déjà mort Ah vous, mes illusions, je vous ai tant crues ! Je vous ai tant chéries ! Serait-ce là le tort Ou est-il en ce monde d’illusions perdues ?




