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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 26 · 6 septembre 2019

Le festival des partouzeurs de droite

(si t’as pas la réf tu peux regarder « La Classe américaine »)

Bon, c’est vrai qu’en juin, avec ma nièce, quand on a percuté qu’il y avait Aya Nakamura à Brive Festival, on s’est dit qu’on irait. On a dit ça en se marrant comme des baleines tellement ça nous semblait une idée à la con. Déjà, Aya Nakamura c’est pas facile à assumer, ni pour elle (17 piges, milieu de gaucho limite extrême), encore moins pour moi (38 piges, réputation d’écouter des trucks plutôt indé…) + Brive Festival, le festival des partouzeurs de droite sur lequel je crache chaque année. Se dire qu’on irait ça sonnait comme un défi débile. C’était vraiment une idée à la con !

Ah oui au fait, je te parle d’Aya Nakamura comme si tu savais ce que ça voulait dire.. Si tu lis LTC c’est une chanteuse que t’écouteras jamais parce que t’es pas très open à la culture de masse. Mais avec ma nièce et ma gamine, on kiffe Aya Nakamura ! C’est tout tu peux pas test !

Bref, quelques jours après je regarde le taro… et là, accroche-toi bien ! 54 balles ! 54 euros pour une soirée que je veux même pas faire en entier, parce que je veux juste voire Aya Nakamura et je m’en fous des autres blaireaux programmés ! 54 balles bordel ! Allez, pour les jeunes ça sera plus raisonnable. Bah non ! 49 € pour la nièce de 17 ans ! Et pour la gamine de 4 ans ? La même ! 49 !

Donc voilà, c’est réglé, ça sera sans nous ! Et tant mieux bandes de cons ! On ira boire un coup au bar d’en face et au mieux « on verra les cheveux d’Aya » comme dit la petite. Et avec ce que j’économise je pourrai me prendre une énorme caisse !

Nous voilà donc le jour J à nous installer en terrasse du café le plus proche de la sauterie. Et là, il s’est passé une chose que je ne peux pas trop te révéler (ouais je sais c’est mystérieux)… Sache juste qu’avec un gribouillis sur la main on rentre… donc on entre…

Mais bon, au compte-gouttes, après la fouille en mode bétail et deux fois s’il te plaît… normal quoi !

Donc là, t’as le « village » avec des stands qui brillent pour boire et manger, ou récupérer des goodies encore plus pourris que sur la caravane du Tour de France qui te transforment en homme/femme-sandwich.

On arrive ensuite sur le parterre de sable, la fosse, là où se trouve la fange (qui peut quand même payer 54€ pour un festival qui se déroule de 19h à minuit…). Mais là, le truc super choquant, c’est que tout autour de la fosse, il y a les cabanes VIP ! La crème du couj qui encercle, toise, surplombe, la fosse septique…

Et là, tu te rends compte que pour entrer et sortir de la fosse, tu as deux entrées minus, deux boyaux qui se resserrent. Et que les espaces VIP prennent TOUTE la place !

C’est flippant ! Parce que lorsque le concert se finit, tous ceux qui étaient sur le parterre se retrouvent TOUS ensemble dans ces deux passages de quelques mètres de large. Autant te dire que ça bouchonne grave ! Et quand t’es un gamin à hauteur de cul c’est pas un moment super agréable…

Mais surtout, c’est insultant !! Ce VIP qui prend toute la place ! Qui t’empêche de t’asseoir, de prendre un raccourci pour respirer deux secondes ou aller te servir une mousse sans faire de détour !

Dans cette ambiance, impossible de kiffer un concert !

Après le show d’Aya Nakamura, tout le public dans la fosse s’agglutine dans les boyaux de sortie pour tenter de s’échapper et aller becter dans le « village ». Et c’est le moment que choisit le directeur, ou le président, enfin le chef quoi de cette foire, pour présenter les bons chiffres de Brive Festival (le festivalier est un « collaborateur » comme un autre hein !). Et il exhibe ses invités : les mecs du CAB qui se retrouvent à parader devant un parterre quasi vide et qui s’en tamponne total !

Bref, on a dégagé vite fait ! On était mieux dehors que dedans !

Et on les a laissés entre partouzeurs de droite et populace qui paye pour se la faire mettre.

L’an prochain on écoutera Aya Nakamura dans le jardin en sirotant une mousse qu’on aura pas mis trois heures à acheter !

Célestine Chanta

Du papier, des crayons, pas de pubards.

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