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La Trousse Corrézienne

LTC 22 · 4 janvier 2019

Retour décalé sur notre actu 2018 (1)

2018 n’aura pas lieu

Bon résumons. Que s’est-il passé en Corrèze en 2018. Un génocide sylvestre intenté par Gros Minet, le taulier de l’ancien monde (qui nous a permis d’y voir un peu clair en pays vert), la descente du CAB en proD2 (je pouffe…), l’arrivée d’un nouveau Préfet (qui a permis de remplacer le précédent, parce qu’on l’avait fini), les Nuits de Nacre en juin (qui a permis d’éradiquer la mycose de l’accordéoniste), la fusion des théâtres de Tulle et de Brive (qui a permis de… de… de, on sait pas trop), la sortie du livre de François Hollande (qui nous a permis d’avoir un réel éclairage sur la politique internationale, et un réel embouteillage avenue Victor Hugo, démontrant ainsi la capacité qu’on les tullistes, du passé, de faire table rase), les gilets jaunes (un mouvement spontané de gens pas contents, qui se révoltent un peu contre tout ce qui est trop cher mais qui veulent pas être récupérés par les politiques), Colère 19 (un mouvement spontané de gens pas contents, qui se révoltent un peu contre tout ce qui est trop cher mais qui veulent pas être récupérés par les politiques), la tentative d’implantation à Tulle des DNR (Division Nationaliste Révolutionnaire, sorte d’oustachis bavarois pas contents, à forte revendications gauloises, et à fortes phéromones testiculaires), la tentative d’implantation à Bugeat d’une usine à ratatouille sylvestre (usine pour broyer les souches et les transformer en pellets torréfiés, initiative permettant de créer 20 emplois pendant trois ans, en faisant de la forêt, table rase), la tentative à Egletons d’implantation d’un hammam pour tomates (serres à tomates chauffées par nos déchets qu’on brûle en attendant de pas les produire) et un été très sec (qui a permis d’éradiquer la mycose chez l’adepte du tourisme vert, mais qui n’a pas encore permis d’éradiquer la pomme Golden).

Bon résumons. Que ne s’est-il pas passé en Corrèze en 2018 ? Le Tour de France tout d’abord, ce grand événement populo-pharmaceutique, qui n’a pas daigné mettre un coup de pédales en nos contrées (pourtant c’était bien déboisé), la coupe du monde de football, ce grand évènement international qui permet de réconcilier tous les peuples grâce à la grande gentillesse du Qatar, qui nous prête ses joueurs, la redynamisation de la rue Jean Jaurès de Tulle (malgré des efforts conséquents de la municipalité), le maintien du CAB en Top 14 (je repouffe !), une discorde entre le théâtre de Tulle et celui de Brive ( mais ça, c’est peut-être pour 2019), et un été pluvieux (qui nous aurait permis de trouver des champignons à l’automne, d’autant plus qu’on avait du temps, vu que les Nuits de Nacre étaient passées).

En résumé et au vu de tous ces évènements et de tous les éléments apportés à ma connaissance du dossier, je proclame donc le non lieu pour 2018 en Corrèze.

L’Empreinte…

Depuis 20 ans, le théâtre des 7 collines s’évertuait à un ouvrage de démocratisation culturelle et, il faut bien l’admettre, le bilan était assez mitigé. Et aux Treize Arches ? Pas mieux.

Certes, le théâtre ne désemplissait pas, mais seuls les instituteurs de la couronne Naves-Chanac à la retraite étaient réellement concernés. Il eut, bien sûr, été ambitieux de conquérir de nouveaux publics qui, d’ailleurs, dans cet automne jaunissant, montrent une bien meilleure volonté à faire les intéressants sur les ronds points, en attendant le Black Friday, que d’intérêt réel pour un art ou un autre. Alors les ceusses, qui ont en main les clés de nos théâtres, ont brainstormé (lors d’une réunion secrète Gare d’Aubazine) pour trouver cette idée de génie : ayant atteint les limites de leur stratégie culturelle et n’ayant ni l’envie ni l’intention de la questionner, nos éminents montreurs de beau ont imaginé mixer leur deux publics dans l’espoir de favoriser un brassage qui donnerait naissance à une sorte de spectateur génétiquement modifié parfait… Le projet était né !

Nulle question d’économie de près ou de loin, vous l’aurez compris, ainsi que Bernard Combes, Frédéric Soulier et leurs confrères (confrérie où seuls les hommes sont habilités à prendre la parole en public) se sont évertués à le rappeler lors de la soirée inaugurale, comme le fit en son temps si brillamment Jean Vilar, et où un certain nombre de tullistes s’étaient bêtement laissés embarquer contre leur gré.

Là, où on s’aperçoit que le projet concerne les seuls érudits, c’est lorsqu’on essaye de s’abonner à la nouvelle structure : en effet, le modus operandi de réservation de places, décliné en quatre pages, dans le support promotionnel, n’est pas sans rappeler les meilleures pages de la notice d’Ikea pour le montage de l’armoire Platsä. Cependant, une fois cette étape franchie, regardons de quoi il s’agit vraiment… Nous aurons donc des spectacles partagés, certains à Brive, d’autres à Tulle. Un peu comme avant, en fait, mais ce sera différent.

La question qui demeure est la suivante : nous avions confié à ces professionnels un objectif de démocratisation culturelle auquel ils ne sont pas parvenus et qui nous embarrasse tous. Alors pourquoi se sont-ils infligés ce nouveau challenge de rapprochement entre deux villes qui, reconnaissons-le, n’ont rien à voir ? En effet, le tulliste est par nature cultivé alors que le briviste est plutôt sportif (ce qui ne lui enlève rien). Oui, le briviste et son naturel commerçant est peu compatible avec la gaudriole tulliste. Oui, il a déjà bien assez à faire avec la responsabilité de l’organisation du salon de l’habitat, de la foire de l’élevage et de la foire du livre de terroir, dans lesquelles par ailleurs il excelle.

Peut-être tout ceci n’est que poudre aux yeux en attendant la vraie annonce coup de poing… Car, il se dit dans les milieux autorisés, et de source sûre, que le véritable rapprochement des deux villes se fera -dans un avenir proche- par la fusion des deux clubs de rugby ! Les lecteurs et les lectrices de la Trousse en seront bien sûr informés en priorité.

Belami

Temps de cochon sur la Corrèze

Bonjour, je m’appelle Babe. Enfin, non, je ne m’appelle pas Babe, mais c’est le nom que vous, les hommes, vous m’avez donné ! Je suis un cochon piétrain, une sorte d’étranger au pays du Cul Noir puisque ma famille est née en Belgique. Moi, je ne me souviens pas de ma naissance, mais je me souviens très bien du jour où je suis arrivé sur les bords de la Corrèze. Ce jour-là, deux petits d’homme ont voulu faire une blague ; ils m’ont capturé là où je vivais paisiblement avec maman et m’ont jeté à des kilomètres de là du haut d’un pont surplombant la rivière : #balancetonporc !

C’est le 18 aout que vous m’avez « découvert » et je dois bien dire que ce jour-là ma vie a été transformée. Je suis devenu une star, encore mieux que si j’avais gagné à l’émission du meilleur charcutier de France ! Pensez donc : 4 articles dans le canard le plus lu du coin et 16 publications sur le Facebook de ce même journal dont une pour démentir une fake news me concernant ; une star je vous dis ! En terme de notoriété ça me place très au-dessus de miss Corrèze, quelque part entre Line Renaud à la foire du livre de Brive et les Trois Café Gourmands ! Imaginez : avec plus de 23 000 vues et 350 partages la vidéo de ma découverte est arrivée directement sur le podium des vidéos les plus vues de la page. Si on y ajoute les 22 000 vues du jour de ma capture, on frise le record absolu…

Parce que oui, vous m’avez capturé… Le sympathique voisin qui vous a empêché d’utiliser sur moi un fusil hypodermique n’a rien pu y faire ; j’ai fini par accepter de me laisser enfermer dans la case devant laquelle je passais depuis des jours. Vous n’aviez quand même pas cru être plus malin que moi ? Pendant 25 jours je me suis promené sous votre né en plein centre-ville, mais quand j’ai vu comment le sujet vous passionnait je ne suis dit « pendant qu’ils regardent des vidéos de cochon, les hommes ne s’occupent plus de l’état dans lequel ils ont mis ma planète. Il faut que j’arrête de détourner leur attention ». Il était grand temps : des débats virulents commençaient à s’installer : « Faut-il capturer Babe ou le laisser libre ? » Les gens s’étripaient sur le sujet ! Alors je suis entré dans la cage. Maintenant, vous pouvez retourner vous occuper des affaires sérieuses !

Babe

La critique aux Trousses du genou

Du Genou

2018 fut une année où certains lecteurs ont exprimé leur mécontentement. Un mécontentement souvent lié au traitement qui ne leur sied pas d’une information toujours en lien avec des convictions sur lesquelles se sont construites leurs vies, des carrières professionnelles, des métiers passions, des implications sociales et politiques fortes. La critique de plume y est vue comme légère et injuste ; les mécontents renvoyant parfois l’auteur au rang de plumitif et le journal à celui de torche cul.

Les mécontents ? Mais de qui parle t-on ? L’auteur de l’article pense ici au courrier bien balancé d’une commerçante d’Ussel suite à un article trop complaisant sur Le Bar d’ânes voisin. Il se souvient aussi de l’indignation récente du directeur de La ressourcerie gaillarde suite à un tacle par derrière grossièrement troussé de sa petite entreprise. Mais qui est donc l’auteur de cet article ? Genou. Il est l’inexistence rotulienne, une espèce de con-promis bien articulé, enfant maudit d’Édith Or(i)ale, entre le « je » présomptueux pour un « nous » incernables et le « nous » impossible à l’endroit d’un « je » dans un monde d’irrécupérables paranoïaques. Genou est membre de La Trousse et lui donne un angle plus ou moins obtus. Il est membre d’un corps, qui fait corps, tout aussi flexible qu’inflexible, fonction du sens dans lequel vous le mouvez. Genou est donc un parfait con-sensus. Il parle du genou. Mais pourquoi pas « du Con », me diriez-vous ? C’eusse été peut-être trop tendre, moins impénétrable, et assurément trop genré. Puis c’est ainsi que va la ligne d’Édith Or(i)ale. Et c’est donc bien – certes avec une pointe de regret – du genou, cagneux, que nous philosopherons. Oui, pauvres cons…

Voltaire aurait dit mais nul n’en est moins sur : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire ». Et quand on est support d’expression populaire, cette maxime ne peut rendre indifférents. Elle interroge cette fameuse ligne de l’Édith Or(i)ale, qui à La Trousse corrézienne n’existe finalement qu’à travers les ébats du Genou. Autant dire le pouvoir du Genou. Celui d’infléchir ou de ne pas fléchir. Celui de propulser ou d’écraser. Le pouvoir de la frappe et de donner sens au shoot – ce qui n’est pas rien si tant est que la balle soit encore au centre de l’engagement et le genou charnière de ce qui relie la cuisse au mollet. N’est-ce pas ainsi que l’œuf est bon ? Mollet ! Le pouvoir du genou est considérable. Mais la tendinite guette parfois à cet endroit ; ou encore la simple douleur de croissance, celle de l’adolescent qui grandit trop vite. D’un flirt entre copains à un jeu de genoux citoyen, Genou fait corps à corps dans un coït incertain de frictions. Flexion, ré-flexion, flexion, ré-flexion, flexion, ré-flexion. Il supporte la charge des corps à corps et des à-coups charnels. Rebonds. En gym-tonique comme en amour, un angle en excite un autre. Genou revêt ses bas-résilles à l’assaut d’une expression locale peu désirée.

Paul Ricoeur aurait écrit : « Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage. » Il se peut fort que Genou participe à cela, pris dans l’articulation des différents organes de presse. Pour autant il n’est pas la rotule infatigable et non-directionnelle d’expressions foutraques. Genou épanche sa si-no-vie (where we go ?), articule des choix et fait un angle pour donner du pied. Il participe ainsi à la marche, impitoyables successions de déséquilibres. Et c’est à cet endroit qu’il se tord parfois, tendon d’Achille et ligaments croisés. La critique est un art qui s’articule subtilement : entre ne pas tomber et aller de l’avant. De fait, il est fort à parier que la plupart des coups de Genou n’en sont pas. Plutôt que des coups, il s’agit souvent de « faire du genou » pour exciter le cercle des conquis, jouir dans la plainte contre les puissants en s’échauffant sur la moquette abrasive de l’irrévérence. Trop point n’en faut de la brûlure qui nous condamne à n’être qu’à genou, bouffon en levrette du roi – qui lui se fiche bien du Con comme du Genou que « je/nous » sommes.

L’enjeu de la critique véritable invite à ne pas reproduire ici ce qui tue le journalisme ailleurs : l’instrumentalisation ; et ainsi rendre possible l’autocritique et la critique des proches. Une autre maxime, encore attribuée à Voltaire, vient éclairer ce désir d’indépendance et faire sourire Genou quand un ami, tout pétrit de bonnes intentions, vient « je »/« nous » dire que La Trousse aurait pu s’abstenir de porter la critique à l’égard d’un proche alors qu’il y a tellement de béquilles à faire à de véritables « méchants » : « Pour savoir qui vous dirige vraiment il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer ». Pourvu que le réflexe rotulien reste indomptable !

Temps de cochon sur la Corrèze

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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