Bienvenue en Pays de Loufoqueries !
Alors que le train du Temps des Secrets traverse les Champs Khronosiens, Ektos, sandwich Sans Nutriment Certifié Fameux en bouche, déchiffre une énigmatique lettre signée Lili (cf LTC 19). Le neurone en grève, il bute sur l’Ortograffe ensoleillée et glisse lentement vers une sieste de circonstance, un rêve verlainien suspendu à la clé d’Onirocriticon.
Dans une classe de souvenirs, des oiseaux-lyres composent des pages d’écriture, des chiffres s’envolent par la fenêtre. Starting-blocks aux pattes, des tortues s’engagent dans une folle course à l’échalote, avec un oryctolagus stressé qui court en tous sens, à la recherche d’un passe-temps, perdu chez un modiste accro du thé-madeleines. Entre chat endormi et mouette rieuse, un escogriffe somnole dans un hamac, un dodo dans les bras. « Minute Papillon ! » crie soudain un contrôleur-notaire, spécialisé dans les très riches heures d’une comtoise berrichonne, fan de lépidoptères. « Je vais te botter le train si tu persistes à rêver en retard ». Galopant en loco équine sur tapis roulant, soufflant dans un carnyx tintignacois, il entame alors la nécessaire leçon de choses : mettons à l’heure le cadran solaire. « Gare à toi » lance Micheline, une élève déjantée. « Tu vas tomber sous le coup de la LEM de Murphy si tu suis pas l’agent Da. Prends la draisine qui relie la voie de garage à la salle des pas perdus, par le rail dépressionnaire. Elle arrive sous l’horloge à voir le temps couler ». Sitôt averti, Ektos se précipite. Mais, aiguillages emmêlés, machine d’Anticythère en panne et celle à remonter le temps, démontée, voilà Ektos coincé dans un imbroglio fort bouchonné : pendules d’échecs pleines de coucous, horloges courant de Candil à Foliot en métronome, montres à tact et à toc flanquées de goussets, chronographes chronophages, gnomons grognons, petits astrolabes avec mamans arachnéennes, bougies à clochettes ou quadriennales, calendriers perpétuels voire discordiens, réveils du matin et du soir, almanachs ponctuels, journaux de bord de mer, éphémérides permanents et autres carillons périodiques s’entrechoquent à contretemps. Au milieu de cet embouteillage, qui enchanterait escargots québécois et chenilles accordéonistes, des bisons en déroute tuent le temps en jouant au tic-tac-toe avec Chip’n Dale, 2 fameux tamias ébénistes-effeuilleurs. Pressée, Mlle Fanzine Dépêche distribue le journal de 27h83 de la veille. Pas de temps mort par les temps qui courent ! Aujourd’hui, peut-être. Ou alors demain sera livré dans les temps, au pire, avant-hier. Spidating & Spimiting, 2 malotrus rendus fous d’autans perdants, cherchent noise à un adagio comptant la mesure de 17 temps. Illico presto, un rubato les suspend au temps granulaire avec un sextolet de doubles croches et un funambule de BBH 75 se met à chanter son emploi du temps en frappant la cadence.
Enfin, l’heure de la marée sonne ! Dans la cour de récré, impatiens glandulifera à la main, un pétrologue-homéopathe cherche une pierre de patience fugueuse. Plus loin, un malabar fait du chiqué en vendant du chiclé. Ektos lui achete du Tankilfodra, une variété de temps élastique, molle et sucrée. Heureux comme un pape, il s’envole dans une bubule-gomme remplie de joyeuses phylactères savonneuses.





